Le dixième rapport annuel de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) révèle que 25 332 personnes ont fait l’objet d’une demande de surveillance technique en France en 2025. Ce chiffre, rendu public ce jeudi 9 juillet 2026 par le Figaro, correspond à une hausse « modérée » de 4 % par rapport à 2024, après correction d’une « erreur de comptage » ayant affecté les précédents dénombrements.

Selon le document de 150 pages, adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu et présenté à la délégation parlementaire au renseignement, cette augmentation reflète un contexte international « de plus en plus hostile » et des menaces persistantes sur le territoire national. La CNCTR souligne cependant que ces chiffres attestent « de la maturité et de la proportionnalité des dispositifs de surveillance » mis en œuvre par les services de renseignement.

Ce qu'il faut retenir

  • 25 332 personnes ont été ciblées par une demande de surveillance en 2025, soit une hausse de 4 % par rapport à 2024.
  • Parmi elles, 30 % sont soupçonnées de liens avec la criminalité organisée, notamment le narcotrafic.
  • La CNCTR qualifie cette progression de « très modérée » et souligne la légalité des dispositifs utilisés.
  • Le rapport a été remis au Premier ministre Sébastien Lecornu et présenté à la délégation parlementaire au renseignement.
  • En 2025, la France comptait 66,7 millions d’habitants, ce qui représente un taux de surveillance inférieur à 0,04 %.

Un contrôle renforcé, mais ciblé

Contrairement à certaines perceptions, la France n’est pas engagée dans une « surveillance généralisée », comme le rappelle le Figaro. Le rapport de la CNCTR insiste sur le caractère encadré et justifié des mesures, dans un contexte où les services de renseignement font face à des menaces accrues. « La maturité du système est réelle », a indiqué un membre de la commission, citant des exemples de surveillance liés à des enquêtes sur des réseaux criminels ou des ingérences étrangères.

Les techniques utilisées incluent des écoutes téléphoniques, des interceptions de communications électroniques ou encore des géolocalisations, toujours dans le strict respect du cadre légal. La commission rappelle que chaque demande doit être validée par un juge avant d’être mise en œuvre, garantissant ainsi un contrôle démocratique sur ces pratiques.

La criminalité organisée en première ligne

Parmi les 25 332 cibles, près d’un tiers — soit 30 % — sont soupçonnées d’être liées à des réseaux de criminalité organisée. Cette proportion confirme la priorité accordée par les autorités aux enquêtes sur le narcotrafic, qui représente l’une des menaces les plus persistantes en France. Les services de renseignement et les forces de l’ordre concentrent leurs efforts sur les trafics de stupéfiants, dont les méthodes évoluent avec l’utilisation croissante de drones pour les livraisons en prison ou les surveillances de points de deal.

Le rapport ne détaille pas la répartition géographique de ces surveillances, mais les régions frontalières, comme la Nouvelle-Aquitaine ou les Hauts-de-France, restent des zones particulièrement surveillées en raison de leur proximité avec des axes majeurs du trafic européen.

Une hausse modérée, mais un contexte international tendu

L’augmentation de 4 % du nombre de cibles en 2025 est qualifiée de « modérée » par la CNCTR, qui note une stabilisation des demandes après plusieurs années de forte croissance. Cette tendance s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une augmentation des tentatives d’ingérences étrangères en Europe. « Le monde est de plus en plus hostile, et la France n’est pas épargnée », a souligné un haut responsable des services de renseignement, cité par le Figaro.

Les menaces incluent notamment des cyberattaques, des campagnes de désinformation et des tentatives d’espionnage économique, qui justifient le maintien d’un niveau élevé de vigilance. La CNCTR insiste cependant sur la nécessité de garantir l’équilibre entre sécurité nationale et respect des libertés individuelles, un principe rappelé dans chaque rapport annuel.

Et maintenant ?

Le prochain rapport de la CNCTR, attendu pour le printemps 2027, devrait apporter des éclairages supplémentaires sur l’évolution des menaces et l’adaptation des dispositifs de surveillance. D’ici là, les services de renseignement devraient poursuivre leurs efforts pour contrer les réseaux criminels, notamment en renforçant les collaborations internationales. La publication de ces chiffres intervient alors que le Parlement examine un projet de loi visant à moderniser les outils de renseignement, un texte qui pourrait être adopté d’ici la fin de l’année.

Cette hausse modérée du nombre de cibles surveillées reflète une réponse mesurée à un contexte international complexe, où la sécurité nationale reste une priorité absolue pour les autorités.

Selon la CNCTR, une personne ne peut être ciblée par une surveillance technique que si elle est soupçonnée de commettre ou de préparer une infraction grave, comme un acte de terrorisme, un trafic de stupéfiants ou une ingérence étrangère. Chaque demande doit être justifiée, validée par un juge et proportionnée aux enjeux. Les motifs incluent également la prévention d’atteintes à la sécurité nationale ou à l’ordre public.