Un alpiniste népalais de 57 ans, Dawa Sherpa, a été retrouvé vivant six jours après avoir été porté disparu sur les pentes de l'Everest, selon Le Figaro. Secouru le 4 juin près du camp de base de la montagne la plus haute du monde, il a raconté avoir survécu en rongeant de la glace et en se nourrissant de quelques chocolats trouvés dans ses poches. Son compagnon de cordée, l'alpiniste britannique Chris Thrall, l'a perdu de vue lors de la descente le 30 mai, après avoir atteint ensemble le sommet le 29 mai.

Ce qu'il faut retenir

  • Dawa Sherpa, 57 ans, a survécu six jours seul sur l'Everest après avoir été séparé de son compagnon de cordée le 30 mai 2026
  • Il a été secouru le 4 juin près du camp de base, à plus de 8 000 mètres d'altitude, après avoir marché plusieurs jours sans nourriture ni eau
  • Il a survécu en rongeant de la glace et en mangeant des chocolats trempés dans l'eau, tout en souffrant de gelures et d'une jambe fracturée
  • Son compagnon britannique a été critiqué par la communauté des alpinistes pour ne pas l'avoir attendu ou secouru plus tôt
  • Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les responsabilités dans cet incident

Une séparation fatale lors de la descente

Dawa Sherpa, surnommé « Hillary » en référence à l'alpiniste légendaire, avait atteint le sommet de l'Everest le 29 mai 2026 en compagnie de l'alpiniste britannique Chris Thrall. Les deux hommes avaient entamé leur descente ensemble, mais Dawa Sherpa a fait une pause pour se reposer. C'est à ce moment-là que leurs routes se sont séparées, selon le récit de Chris Thrall rapporté par Le Figaro. Le guide népalais, porté disparu à près de 8 000 mètres d'altitude, a rapidement été considéré comme perdu par sa famille et ses proches.

Six jours de survie dans la « zone de la mort »

Retrouvé exténué et déshydraté près du camp de base le 4 juin, Dawa Sherpa a été évacué par hélicoptère vers un hôpital de Katmandou. Dans un entretien accordé à la version népalaise de la BBC, il a confié : « Je ne pensais pas m'en sortir vivant ». Il a détaillé les conditions extrêmes dans lesquelles il a survécu : « Je ne me suis pas perdu. À mesure que l'oxygène s'épuisait, j'ai pris du retard. Une fois l'oxygène terminé, je ne pouvais plus marcher ». Affaibli par le manque d'oxygène et les températures glaciales de la « zone de la mort » — où le taux d'oxygène est extrêmement faible — il a survécu plusieurs jours avec presque aucune nourriture ni eau.

Dawa Sherpa a expliqué avoir commencé à ronger de la glace pour apaiser sa soif, un geste qui lui a causé des douleurs aux dents. Il a également survécu grâce à quelques chocolats et encas trouvés dans ses poches : « Je les trempais dans l'eau et les mangeais ». Après être tombé dans une crevasse, il a réussi à s'en extraire en agrippant une corde, puis a marché de jour comme de nuit vers le camp de base avant d'être retrouvé par une équipe népalaise en train de ramper.

Des conditions physiques dramatiques et une survie inespérée

À son arrivée à l'hôpital de Katmandou, Dawa Sherpa présentait des signes de gravité : doigts gelés, déshydratation avancée et une jambe fracturée. Sa fille, Mendo Lhamu Sherpa, a confirmé à l'AFP que son père « va bien » après avoir discuté avec lui. La nouvelle de sa survie a suscité un soulagement dans la communauté des alpinistes, mais aussi une colère légitime de sa famille, qui accuse les équipes de secours de ne pas l'avoir retrouvé plus tôt.

Le président de l'Association des alpinistes du Népal, Fur Gelje Sherpa, a vivement dénoncé le comportement de Chris Thrall. Dans une déclaration à l'AFP, il a jugé « irresponsable et inhumain » de laisser un compagnon de cordée seul dans une telle situation. « En montagne, on se fait confiance et on s'aide. Sa survie est miraculeuse et il faut qu'elle serve de leçon », a-t-il ajouté, appelant à une enquête pour déterminer les responsabilités.

Un alpiniste expérimenté, chanceux mais critiqué

Originaire du même village que Dawa Sherpa, l'alpiniste Rinji Sherpa a décrit ce dernier comme un professionnel d'expérience, conscient des risques de la montagne. « Il a eu beaucoup de chance. Il s'est déjà retrouvé dans des situations difficiles et il a survécu », a-t-il souligné. Cette survie exceptionnelle rappelle les dangers constants de l'Everest, où les conditions météorologiques et l'altitude rendent chaque expédition périlleuse, même pour les grimpeurs les plus aguerris.

Et maintenant ?

Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la séparation entre Dawa Sherpa et Chris Thrall, ainsi que les raisons d'un sauvetage aussi tardif. Les autorités népalaises pourraient également renforcer les protocoles de sécurité pour les expéditions sur l'Everest, où les cas de disparitions ou d'accidents sont malheureusement fréquents. La communauté des alpinistes, elle, devrait tirer les leçons de cet incident pour rappeler l'importance de la solidarité en haute montagne.

Reste à voir si Chris Thrall, dont le comportement est déjà critiqué, fera l'objet de sanctions ou de mesures disciplinaires. De son côté, Dawa Sherpa devrait bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée pour soigner ses gelures et sa fracture, avant de pouvoir rentrer dans son village.

Dawa Sherpa a été retrouvé par le Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), une équipe népalaise chargée de tracer les itinéraires et de nettoyer les déchets sur l'Everest. Les secours ont été alertés après qu'il ait été aperçu en train de ramper vers le camp de base. Sa famille et les autorités accusent un retard dans les opérations de recherche, mais les causes exactes restent à éclaircir dans le cadre de l'enquête en cours.