Les principales organisations syndicales et patronales de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) ont adopté, lundi 9 août 2026, une position commune pour alerter sur les risques liés au projet de redressement du régime porté par l’exécutif. Selon Le Monde, cette mobilisation unanime vise à peser sur les arbitrages futurs et à défendre la préservation des mécanismes de prévention et de protection des salariés.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement examine un plan d’économies structurelles pour équilibrer les comptes de la branche AT/MP, dont le déficit s’est creusé ces dernières années sous l’effet conjugué de la hausse des sinistres et de la baisse des recettes. Les organisations signataires — parmi lesquelles figurent la CFDT, la CGT, la FO, la CFTC, la CGC, le Medef, la CPME et l’U2P — ont souligné, dans un communiqué commun, « l’impérieuse nécessité de concilier rigueur budgétaire et maintien des standards de sécurité et de prévention ».
Ce qu'il faut retenir
- Les syndicats et le patronat ont adopté une position commune le lundi 9 août 2026, selon Le Monde.
- Cette mobilisation intervient dans le cadre d’un projet de redressement du régime des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP).
- Les organisations signataires incluent la CFDT, la CGT, la FO, la CFTC, la CGC, le Medef, la CPME et l’U2P.
- L’appel vise à préserver les mécanismes de prévention et de protection des salariés.
- Le déficit de la branche AT/MP s’est creusé ces dernières années, en raison de la hausse des sinistres et de la baisse des recettes.
Un consensus rare pour alerter sur les risques budgétaires
L’unanimité affichée par les organisations, qualifiée de « quasi-totale » par Le Monde, marque une rareté dans un paysage social souvent fragmenté. « Nous partageons les mêmes inquiétudes quant à l’impact des économies envisagées sur la santé et la sécurité au travail », a déclaré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, cité par le quotidien. Du côté patronal, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, a rappelé que « la prévention des risques professionnels doit rester une priorité absolue, même en période de contraintes budgétaires ».
Les partenaires sociaux redoutent en effet que les mesures de réduction des dépenses, si elles sont appliquées sans discernement, ne se traduisent par un affaiblissement des contrôles et des actions de prévention. Selon leurs estimations, la branche AT/MP pourrait enregistrer un déficit de l’ordre de 1,2 milliard d’euros en 2026, un chiffre qui s’ajoute à un endettement déjà significatif. « On ne peut pas sacrifier la santé des salariés sur l’autel des économies », a insisté Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors d’une conférence de presse conjointe.
Les mesures envisagées par l’exécutif sous surveillance
Bien que les détails précis du plan gouvernemental n’aient pas encore été rendus publics, plusieurs pistes circulent dans les couloirs de Bercy et des ministères concernés. Parmi elles, la possibilité de réduire les taux de cotisations pour certaines entreprises — une mesure qui, selon les syndicats, risquerait de fragiliser encore davantage le financement du régime. D’autres hypothèses évoquent un durcissement des critères d’indemnisation ou une baisse des dépenses liées à la prévention, notamment dans les secteurs les plus exposés comme le BTP ou la santé.
Pour Le Monde, cette mobilisation des partenaires sociaux intervient à un moment charnière, alors que le gouvernement finalise ses arbitrages sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. « Nous espérons que nos remarques seront prises en compte avant que des décisions irréversibles ne soient prises », a souligné Marie-Alix Miquel, secrétaire générale de la CFTC, dans un entretien avec le quotidien. Les organisations appellent ainsi à une concertation renforcée avant toute réforme structurelle.
Reste à savoir dans quelle mesure les craintes des partenaires sociaux seront entendues par les décideurs politiques. Une chose est sûre : le débat sur l’équilibre entre rigueur budgétaire et protection sociale s’annonce intense.