Une douleur aiguë, comparée à un coup de couteau, localisée sur le côté externe du genou après quelques kilomètres de course ou de pédalage. Selon Ouest France, le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (SBIT), plus connu sous le nom de syndrome de l’essuie-glace, constitue la deuxième lésion la plus fréquente chez les coureurs à pied. Chez les cyclistes, cette pathologie représente environ 15 % des blessures recensées. Une affection qui, bien que banale, peut contraindre les athlètes à interrompre leur pratique pendant plusieurs semaines, voire mois.

Ce qu'il faut retenir

  • Le syndrome de l’essuie-glace (ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale) est la deuxième lésion la plus fréquente chez les coureurs, juste derrière les fractures de fatigue.
  • Il touche environ 15 % des cyclistes victimes de blessures, selon les données disponibles.
  • La douleur se manifeste typiquement sur le côté externe du genou après quelques kilomètres d’effort.
  • Cette pathologie est souvent liée à des mouvements répétitifs, notamment en course à pied ou en cyclisme.

Une douleur localisée et handicapante

Le syndrome de l’essuie-glace se caractérise par une douleur vive, localisée sur la face externe du genou. Celle-ci apparaît généralement après plusieurs kilomètres de course ou de pédalage, et s’aggrave progressivement. « On a l’impression qu’un couteau s’enfonce dans le genou », explique un kinésithérapeute interrogé par Ouest France. Cette gêne, souvent décrite comme une brûlure ou une irritation, peut persister même après l’arrêt de l’effort et perturber les activités quotidiennes.

Les sportifs touchés rapportent souvent une sensation de « frottement » ou de « grincement » au niveau de l’articulation. Ces symptômes sont particulièrement fréquents chez les coureurs de fond et les cyclistes, dont les mouvements sollicitent intensément cette zone. Le nom même de ce syndrome – « essuie-glace » – fait référence au mouvement de va-et-vient de la bandelette ilio-tibiale sur le condyle fémoral externe, une zone particulièrement sensible.

Des causes multifactorielles

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition de ce syndrome. Parmi les plus fréquents, on retrouve une mauvaise technique de course ou de pédalage, une augmentation brutale du volume ou de l’intensité de l’entraînement, ou encore un déséquilibre musculaire au niveau des membres inférieurs. « Une raideur des muscles fessiers ou un genou en valgus – c’est-à-dire qui rentre vers l’intérieur – peut aussi jouer un rôle », précise un spécialiste cité par Ouest France.

Les chaussures inadaptées, notamment celles qui manquent de stabilité, sont également pointées du doigt. De même, la course ou le cyclisme sur des surfaces dures ou en pente accentue les risques. Les coureurs en surpoids ou ceux qui présentent une pronation excessive des pieds (pied qui s’affaisse vers l’intérieur) sont particulièrement exposés.

Des solutions existent, mais la prévention reste clé

Pour prévenir ce syndrome, les professionnels recommandent avant tout de privilégier une progression raisonnée dans l’entraînement. « Il est conseillé de ne pas augmenter son volume de course de plus de 10 % par semaine », indique un médecin du sport. Un échauffement adapté et des étirements ciblés des muscles de la hanche et de la cuisse sont également recommandés avant chaque séance.

En cas de douleur persistante, il est impératif de consulter un professionnel de santé. Le traitement repose généralement sur le repos, la glace, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (si prescrits) et une rééducation adaptée. Des exercices de renforcement musculaire, notamment pour les muscles abducteurs de la hanche, peuvent aider à stabiliser l’articulation et réduire les risques de récidive. Dans les cas les plus sévères, une infiltration de corticoïdes peut être envisagée.

Et maintenant ?

Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre les mécanismes de ce syndrome et affiner les protocoles de prévention. Une étude en cours, menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), devrait livrer ses premiers résultats d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, de plus en plus de clubs sportifs intègrent des bilans biomécaniques pour leurs athlètes, une pratique qui pourrait se généraliser dans les années à venir.

Une chose est sûre : une prise de conscience collective de cette pathologie permettrait d’éviter bien des désagréments pour les sportifs amateurs comme professionnels. Car si le syndrome de l’essuie-glace n’est pas une fatalité, il impose souvent une pause douloureuse dans la pratique sportive.

La reprise du sport est possible, mais elle doit être progressive et encadrée par un professionnel de santé. Il est essentiel de corriger les facteurs de risque identifiés (technique, matériel, déséquilibres musculaires) et de suivre un programme de rééducation adapté pour éviter une rechute. Selon les experts, une reprise trop précoce ou mal gérée augmente significativement le risque de récidive.