Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche des millions de femmes en âge de procréer en France, mais reste encore méconnu. Selon Ouest France, une session de questions-réponses en direct avec la docteure Manon Mercier, gynécologue au CHU de Nantes (Loire-Atlantique), s’est tenue mardi 19 mai 2026. L’occasion pour la spécialiste d’éclairer les patientes et le grand public sur cette maladie hormonale chronique qui affecte le système reproducteur. Voici dix réponses clés apportées lors de cet échange.
Ce qu'il faut retenir
- Le SOPK est une maladie hormonale chronique touchant 5 à 10 % des femmes en âge de procréer en France.
- Les symptômes incluent des cycles menstruels irréguliers, une hyperandrogénie (pilosité excessive, acné) et des ovaires augmentés de volume.
- Le diagnostic repose sur des critères précis, dont un bilan hormonal et une échographie pelvienne.
- Le traitement associe souvent des modifications du mode de vie (alimentation, activité physique) et des médicaments.
- Le SOPK peut impacter la fertilité, mais des solutions existent pour permettre une grossesse.
- Un suivi médical régulier est essentiel pour prévenir les complications métaboliques (diabète, maladies cardiovasculaires).
Qu’est-ce que le SOPK et comment se manifeste-t-il ?
Le syndrome des ovaires polykystiques est une pathologie endocrinienne fréquente, comme l’a rappelé la docteure Mercier lors de l’échange avec Ouest France. Il se caractérise par un déséquilibre hormonal entraînant des ovaires de taille augmentée, contenant parfois de petits kystes. Les symptômes les plus courants incluent des règles irrégulières ou absentes, une pilosité excessive (hirsutisme), une prise de poids ou encore de l’acné. « Le SOPK est souvent associé à une résistance à l’insuline, ce qui peut aggraver les troubles métaboliques », a précisé la gynécologue.
Comment établir un diagnostic fiable ?
Pour confirmer un SOPK, un examen clinique approfondi est nécessaire, complété par des analyses biologiques. La docteure Mercier a indiqué que le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam, reconnus internationalement. Ceux-ci exigent au moins deux des trois éléments suivants : des cycles menstruels anormaux, une hyperandrogénie clinique ou biologique, et la présence de kystes ovariens visibles à l’échographie. « Un dosage hormonal (FSH, LH, testostérone, AMH) est indispensable pour écarter d’autres causes », a-t-elle souligné. Le bilan doit également inclure un examen pelvien et, si nécessaire, une évaluation de la glycémie à jeun.
Quelles sont les options de traitement disponibles ?
Le traitement du SOPK est personnalisé et dépend des symptômes présentés par chaque patiente. D’après la spécialiste, il combine généralement des mesures hygiéno-diététiques et des médicaments. Pour les femmes souhaitant un enfant, des inducteurs d’ovulation (comme le citrate de clomifène) peuvent être prescrits. En cas de pilosité excessive, des anti-androgènes ou des contraceptifs oraux combinés sont souvent recommandés. « La perte de poids, même modérée, améliore significativement la régularité des cycles et la sensibilité à l’insuline », a expliqué la docteure Mercier. Un suivi endocrinien régulier est par ailleurs conseillé pour prévenir les complications à long terme.
Le SOPK a-t-il un impact sur la fertilité ?
Oui, le SOPK est l’une des principales causes d’infertilité féminine, en raison de l’absence d’ovulation régulière. Pourtant, comme l’a rappelé la gynécologue lors de l’échange avec Ouest France, des solutions existent. « Environ 70 % des femmes atteintes de SOPK parviennent à concevoir après un traitement adapté », a-t-elle indiqué. Les méthodes les plus courantes incluent la stimulation ovarienne, la fécondation in vitro (FIV) ou encore l’insémination artificielle. Une prise en charge précoce et multidisciplinaire (gynécologue, endocrinologue, diététicien) maximise les chances de grossesse.
Le SOPK reste une maladie complexe, mais une prise en charge adaptée permet d’en limiter les conséquences. Si les symptômes persistent, il est crucial de consulter un spécialiste pour un bilan personnalisé. Une meilleure information des patientes et des professionnels de santé pourrait, à terme, réduire les délais de diagnostic et améliorer la qualité de vie des femmes concernées.
Non, le SOPK persiste après la ménopause, mais ses symptômes évoluent. Les troubles du cycle disparaissent généralement, mais les risques métaboliques (diabète, maladies cardiovasculaires) et la pilosité peuvent persister. Un suivi médical reste donc nécessaire, comme l’a précisé la docteure Mercier.
On ne peut pas prévenir l’apparition du SOPK, mais on peut limiter ses complications en adoptant un mode de vie sain. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un poids stable aident à réduire la résistance à l’insuline, un facteur clé dans l’évolution de la maladie. Le dépistage précoce reste cependant essentiel.