La récente nomination de l’ancien président tanzanien Jakaya Kikwete au poste de Haut représentant de l’Union africaine (UA) pour la Corne de l’Afrique et la mer Rouge suscite une vive polémique en Tanzanie. Selon RFI, le principal parti d’opposition, le Chadema, a saisi l’organisation panafricaine pour demander une révision de ce choix, estimant que la crédibilité démocratique de l’ex-chef de l’État est entachée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Chadema, principal parti d’opposition en Tanzanie, conteste la nomination de Jakaya Kikwete au poste de Haut représentant de l’UA pour la Corne de l’Afrique et la mer Rouge.
  • Selon le parti, la crédibilité démocratique de l’ex-président tanzanien serait compromise.
  • Cette nomination a été officialisée par l’UA une semaine avant la contestation portée par le Chadema.
  • Le parti demande une révision de cette décision, sans préciser les motifs détaillés de son opposition.

L’ancien président Jakaya Kikwete, au pouvoir entre 2005 et 2015, a été désigné par l’Union africaine pour jouer un rôle clé dans la stabilisation d’une région stratégique, marquée par des tensions géopolitiques et des conflits persistants. Sa nomination, annoncée il y a sept jours, intervient alors que la Tanzanie traverse une période de tensions politiques, notamment entre le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), et l’opposition, dominée par le Chadema.

Dans un communiqué transmis à l’UA, le Chadema a mis en avant les « défauts de légitimité démocratique » de l’ancien président, sans pour autant préciser les éléments concrets sur lesquels se fonde cette critique. Le parti, qui représente l’essentiel de l’opposition parlementaire, n’a pas détaillé ses attentes concernant une éventuelle révision de la nomination. Interrogé par RFI, un porte-parole du Chadema a simplement indiqué que « la crédibilité de Kikwete en matière de gouvernance démocratique est un sujet de préoccupation pour nous ».

Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de défiance entre le pouvoir et l’opposition en Tanzanie. Depuis plusieurs années, le Chadema dénonce des restrictions croissantes des libertés politiques, des allégations de fraudes électorales et une instrumentalisation de l’administration à des fins partisanes. La nomination de Kikwete, perçue comme un symbole de continuité du système politique tanzanien, est donc perçue comme une provocation par une partie de la classe politique locale.

« La crédibilité de Kikwete en matière de gouvernance démocratique est un sujet de préoccupation pour nous. »
— Un porte-parole du Chadema, cité par RFI

De son côté, l’Union africaine n’a pas encore réagi publiquement à la demande de révision formulée par le Chadema. Pour l’instant, la nomination de Kikwete reste en vigueur, et aucune date n’a été avancée pour un éventuel arbitrage. La question pourrait cependant être examinée lors de la prochaine session du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, prévue dans les prochaines semaines.

Et maintenant ?

La polémique pourrait s’étendre dans les prochains jours, notamment si d’autres acteurs politiques ou de la société civile se joignent à la contestation. Une éventuelle décision de l’UA dépendra de la solidité des arguments avancés par le Chadema. En attendant, la nomination de Kikwete reste effective, à moins qu’un revirement ne soit acté lors des prochaines réunions du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation.

Reste à voir si cette affaire aura des répercussions sur les relations entre la Tanzanie et l’Union africaine, ou si elle sera rapidement éclipsée par d’autres priorités régionales. Pour l’heure, le Chadema maintient sa pression, sans pour autant menacer de mesures plus radicales.

L’Union africaine a désigné l’ancien président tanzanien Jakaya Kikwete au poste de Haut représentant pour la Corne de l’Afrique et la mer Rouge. Ce rôle consiste principalement à œuvrer en faveur de la stabilisation politique et sécuritaire dans cette région, marquée par des conflits et des tensions persistantes.

Le parti d’opposition a saisi l’Union africaine pour demander une révision de la nomination. Aucune autre mesure n’a été annoncée pour l’instant, mais le Chadema pourrait intensifier sa pression si aucune réponse favorable n’est apportée dans les prochaines semaines.