Selon BFM Business, le taux d’emploi des 55-64 ans en France a atteint un nouveau record en 2025, s’établissant à 61,7 %. Cette progression de 1,3 point par rapport à 2024 marque une accélération de la tendance observée depuis le début des années 2000, mais place toujours l’Hexagone en dessous de la moyenne européenne.
Ce qu'il faut retenir
- 61,7 % des 55-64 ans occupaient un emploi en France en 2025, un taux en hausse de 1,3 point par rapport à 2024 (60,4 %), selon les chiffres de la Dares.
- Cette progression s’explique notamment par les réformes successives des retraites (2003, 2010, 2014, 2023), qui ont allongé les durées de cotisation et reculé l’âge légal de départ.
- Le taux d’emploi des 60-64 ans a bondi de 8,2 points en trois ans, porté par la réforme de 2023, mais reste bien inférieur à la moyenne européenne (66,4 %).
- En Europe, la France se classe sixième en partant de la fin pour le taux d’emploi des 60-64 ans (44,4 %), loin derrière des pays comme l’Estonie (71,7 %) ou l’Allemagne (67,6 %).
- Le chômage des seniors (5,2 %) reste inférieur à la moyenne nationale, mais leur taux d’emploi diminue fortement avec l’âge, passant sous les 25 % à 64 ans.
Une hausse continue portée par les réformes des retraites
D’après le service statistique du ministère du Travail, la progression quasi continue du taux d’emploi des seniors depuis 2000 est directement liée aux différentes réformes des retraites. Ces mesures, comme celles de Fillon (2003), Woerth (2010), Touraine (2014) ou encore Borne (2023), ont systématiquement allongé les durées de cotisation et repoussé l’âge légal de départ.
« Entre 2000 et 2025, les taux d’emploi et d’activité des seniors ont progressé respectivement de 30,7 et 32,3 points, soit un peu plus d’1 point par an en moyenne », précise la Dares. Depuis trois ans, cette tendance s’est même accentuée : le taux d’emploi global en France (66,7 %) est désormais « porté par les plus âgés ».
Les 60-64 ans, première cible des réformes, voient leur taux d’emploi bondir
La réforme de 2023, qui a progressivement repoussé le départ des personnes nées après le 1er septembre 1961, a eu un impact immédiat sur l’emploi des seniors. Les chiffres de la Dares montrent une nette différence entre les générations concernées et celles qui ne l’étaient pas ou partiellement.
À titre d’exemple, le taux d’emploi à 60 ans des personnes nées en 1963 est supérieur de 8 points à celui de la génération 1961, et même de 14 points à 62 ans. « Cela s’explique en partie par la réforme des retraites de 2023, suspendue depuis, mais dont les effets se font encore sentir », analyse la Dares.
Un taux d’emploi qui chute avec l’âge, malgré les progrès
Malgré ces avancées, le taux d’emploi des seniors reste très inégal selon l’âge. Il atteint 83 % chez les 25-54 ans, puis 78,8 % pour les 55-59 ans. Chez les 60-64 ans, il tombe à 44,4 %, et chute encore plus fortement après 61 ans : sous la barre des 60 % à 61 ans, et sous les 25 % à 64 ans.
Cette baisse s’explique par les transitions progressives vers la retraite. Les données de la Dares révèlent que moins de 3 % des personnes sont à la retraite à 59 ans, contre un senior sur sept à 61 ans, et sept sur dix à 64 ans.
Une part de « ni en emploi ni en retraite » stable, puis en baisse
Autre indicateur clé : la proportion de personnes ni en emploi ni en retraite (NER) reste stable entre 50 et 64 ans (16 %). Elle augmente ensuite jusqu’à 60 ans (25 %), avant de diminuer à nouveau : 21 % à 62 ans, 10 % à 63 ans, et moins de 5 % à 67 ans. En dix ans, la part de NER a reculé chez les 55-59 ans, mais légèrement augmenté chez les 60-64 ans et les 65-69 ans.
« La réforme de 2023 a probablement accéléré le passage vers la retraite pour certains, mais d’autres restent dans une situation intermédiaire, ni en emploi ni à la retraite », souligne la Dares.
Un chômage des seniors inférieur à la moyenne nationale
Le taux de chômage des 55-64 ans (5,2 %) reste bien en dessous de la moyenne nationale, qui s’établissait à 7,5 % en 2025. Pourtant, malgré cette dynamique positive, la France conserve un retard marqué par rapport à ses voisins européens.
Avec un taux d’emploi de 66,4 % pour les seniors, l’Union européenne devance largement l’Hexagone. La France se classe sixième en partant de la fin pour les 60-64 ans (44,4 %), derrière des pays comme l’Estonie (71,7 %), la Suède (71,1 %), les Pays-Bas (69,5 %) ou encore l’Allemagne (67,6 %).
Avec un taux d’emploi qui progresse, mais des inégalités persistantes selon l’âge et une comparaison européenne défavorable, la question de l’emploi des seniors en France reste un enjeu majeur pour les années à venir.
Cette progression est principalement liée aux réformes successives des retraites (2003, 2010, 2014, 2023), qui ont allongé les durées de cotisation et reculé l’âge légal de départ. Selon la Dares, ces mesures ont permis une hausse de 30,7 points du taux d’emploi des seniors entre 2000 et 2025.
En 2025, le taux d’emploi des 60-64 ans en France s’élève à 44,4 %, contre une moyenne européenne de 66,4 %. La France se classe sixième en partant de la fin dans l’UE, très loin derrière des pays comme l’Estonie (71,7 %) ou l’Allemagne (67,6 %).