Ce jeudi 28 mai 2026, l’émission BFM Bourse a mis en lumière plusieurs indicateurs clés du marché financier, dont le taux monétaire Euro anticipé à 2,55 % pour les douze prochains mois. Une prévision partagée par Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, lors de son intervention dans l’émission présentée par Antoine Larigaudrie.

Selon BFM Business, ce chiffre s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue des investisseurs face aux évolutions des politiques monétaires des grandes banques centrales. BFM Bourse, diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business, propose chaque jour une analyse des tendances boursières et des seuils techniques à surveiller.

Ce qu'il faut retenir

  • Un taux monétaire Euro anticipé à 2,55 % pour les douze prochains mois, selon les projections de Yannick Lopez (OFI Invest), présentées dans l’émission BFM Bourse.
  • Romain Daubry (Bourse Direct) a évoqué un niveau d’exposition « à peu près confortable » sur le CAC 40, tout en identifiant les seuils techniques à surveiller sur les indices.
  • Vincent Le Sann (Portzamparc) a souligné le regain d’intérêt pour les small et midcaps sur le marché, un an après leur sous-performance.
  • Les smallcaps européennes pourraient bénéficier du « bazooka fiscal allemand », selon Thomas Zlowodzki (Oddo BHF), qui prône une exposition ciblée à ce segment.
  • Soitec, malgré une perte nette de 220 millions d’euros, a vu son action flamber, reflétant l’engouement pour les valeurs technologiques en Europe.
  • Gilles Moëc (AXA) a analysé la hausse des prix à la consommation aux États-Unis (+3,8 % sur un an en avril) et ses implications pour les taux obligataires.

Un taux monétaire Euro sous surveillance

Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, a détaillé dans BFM Bourse les anticipations concernant le taux monétaire Euro. Ce dernier, actuellement suivi de près par les investisseurs, est projeté à 2,55 % pour les douze prochains mois. Une estimation qui reflète à la fois les attentes en matière de politique monétaire et les incertitudes persistantes sur les marchés.

Cette projection s’inscrit dans un environnement où les banques centrales, notamment la Banque centrale européenne (BCE), peinent à concilier lutte contre l’inflation et soutien à la croissance. Les marchés restent donc attentifs aux signaux envoyés par les institutions monétaires, alors que les tensions géopolitiques et les déséquilibres économiques pèsent sur les décisions.

Les small et midcaps européennes en pleine lumière

Autre sujet abordé ce 28 mai dans BFM Bourse : le retour en grâce des small et midcaps européennes. Vincent Le Sann, directeur général adjoint de Portzamparc, a expliqué que ces entreprises, souvent perçues comme plus vulnérables aux chocs économiques, connaissent depuis un an une dynamique positive sur les marchés. Une évolution qui s’explique en partie par leur capacité à s’adapter rapidement aux nouvelles technologies, notamment dans les secteurs de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs.

Cette tendance coïncide avec l’annonce par l’Allemagne d’un plan de relance massif, baptisé « bazooka fiscal », destiné à soutenir les entreprises innovantes. Thomas Zlowodzki, responsable de la stratégie Actions chez Oddo BHF, a d’ailleurs recommandé aux investisseurs de se positionner sur les sociétés susceptibles de bénéficier de ce dispositif. Pour lui, « il faut s’exposer aux sociétés qui vont profiter du bazooka fiscal allemand ». Une stratégie qui pourrait offrir une surperformance aux investisseurs par rapport aux valeurs américaines équivalentes.

Soitec, une exception dans un marché contrasté

Malgré des résultats financiers en demi-teinte, avec une perte nette de 220 millions d’euros pour l’exercice 2025, l’action Soitec a enregistré une hausse spectaculaire. Cette performance a été analysée par Thomas Zlowodzki dans BFM Bourse, qui y voit le signe d’un engouement croissant pour les valeurs technologiques européennes, en particulier celles impliquées dans la production de semi-conducteurs.

Cette dynamique contraste avec le ralentissement observé dans le secteur de la défense, où les investisseurs semblent moins enthousiastes. Soitec, spécialisée dans les matériaux semi-conducteurs, illustre ainsi la polarisation du marché entre les secteurs porteurs et ceux en perte de vitesse. Pour les analystes, cette divergence reflète les priorités changeantes des investisseurs, qui privilégient désormais les technologies liées à l’IA et à la transition numérique.

Inflation américaine et volatilité obligataire : les défis des marchés

Dans son analyse pour BFM Bourse, Gilles Moëc, chef économiste du groupe AXA, a passé en revue plusieurs indicateurs économiques majeurs. Il a notamment pointé la hausse des prix à la consommation aux États-Unis (+3,8 % sur un an en avril), un chiffre qui dépasse les attentes des marchés et qui pourrait contraindre la Réserve fédérale (Fed) à maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps que prévu.

Parallèlement, Moëc a souligné la baisse de volatilité sur le marché obligataire, un phénomène qui pourrait s’expliquer par une meilleure anticipation des mouvements de taux par les investisseurs. Enfin, il a évoqué l’impact potentiel de l’adoption massive du calcul quantique sur la croissance française, un sujet encore peu exploré mais qui pourrait, à terme, redéfinir la compétitivité des entreprises européennes.

Les niveaux techniques du CAC 40 sous la loupe

Romain Daubry, consultant pour Bourse Direct, a détaillé dans BFM Bourse les seuils techniques à surveiller sur les indices, en particulier le CAC 40. Selon lui, l’exposition des investisseurs à la hausse sur cet indice reste « à peu près confortable », malgré les incertitudes persistantes. Plusieurs niveaux clés, tels que les supports et résistances, ont été identifiés comme des indicateurs à suivre de près dans les prochaines semaines.

Ces seuils techniques, souvent utilisés par les traders pour définir leurs stratégies d’investissement, permettent d’anticiper les mouvements de marché et d’ajuster les positions en conséquence. Pour Daubry, « les investisseurs doivent rester prudents, mais l’environnement actuel offre des opportunités ciblées, notamment sur les valeurs technologiques ».

Et maintenant ?

Dans les prochaines semaines, les marchés devraient rester attentifs aux décisions des banques centrales, en particulier celle de la BCE, dont la prochaine réunion est prévue pour le 12 juin 2026. Les investisseurs scruteront également les publications de résultats des entreprises technologiques, dont dépend en grande partie la dynamique des indices européens. Enfin, l’évolution des tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourrait influencer les prix des matières premières et, par ricochet, les anticipations inflationnistes.

Pour les small et midcaps, l’enjeu sera de confirmer leur rebond face à la concurrence des grandes valeurs, tandis que les semi-conducteurs européens pourraient bénéficier d’un effet d’entraînement lié aux plans de relance nationaux. Autant dire que les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les investisseurs.

Le taux monétaire Euro est un indicateur clé de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Il influence directement le coût du crédit pour les entreprises et les ménages, et sert de référence pour de nombreux produits financiers. Les investisseurs l’utilisent pour anticiper les mouvements des taux d’intérêt et ajuster leurs stratégies d’investissement en conséquence.