La promesse des taxis autonomes de Tesla prend l’eau. Selon Numerama, la flotte de robotaxis d’Elon Musk, déjà en difficulté, a vu son nombre de véhicules actifs chuter à moins d’une vingtaine aux États-Unis. Une situation d’autant plus préoccupante que le constructeur a récemment étendu son service à deux nouvelles villes, où les effectifs étaient pourtant symboliques dès le départ.

Ce qu'il faut retenir

  • 21 véhicules actifs en service aux États-Unis, contre 33 précédemment, selon les dernières données compilées par Robotaxi Tracker.
  • La flotte a été déployée dans quatre villes : Austin, Dallas, Houston et San Francisco, mais avec une présence quasi nulle dans la baie californienne.
  • Tesla a réduit drastiquement ses effectifs pour se concentrer sur le développement de son modèle Cybercab, en pleine phase de tests sur le terrain.
  • Entre juillet 2025 et mars 2026, 17 incidents impliquant les robotaxis ont été recensés, malgré les restrictions d’exploitation imposées.
  • Waymo, principal concurrent, reste en tête avec un réseau de taxis autonomes bien plus étoffé.

Lancé dans un contexte de forte médiatisation, le service de taxis autonomes de Tesla peine à convaincre. Comme le rapporte Numerama, la flotte active de robotaxis — définis comme des véhicules totalement autonomes, sans superviseur à bord — s’élève désormais à seulement 21 unités. Un chiffre en net recul par rapport aux 33 véhicules dénombrés début mai 2026, et bien loin des ambitions initiales du groupe.

Cette baisse intervient alors que Tesla a officiellement déployé son service dans deux nouvelles métropoles américaines en avril 2026 : Houston et Dallas. Pourtant, le déploiement s’est fait dans des conditions minimalistes. À l’époque, chaque ville ne comptait qu’un seul robotaxi en service. La situation s’est légèrement améliorée par la suite, avec 24 véhicules à Austin, 5 à Dallas et 6 à Houston, portant le total à 33 unités le 6 mai. Depuis, le déclin s’est accéléré, réduisant la flotte à 21 taxis autonomes.

Cette chute s’explique en grande partie par une stratégie de recentrage de Tesla. Dans la baie de San Francisco, où le constructeur disposait autrefois d’une centaine de véhicules supervisés, l’entreprise a drastiquement réduit ses effectifs. Résultat : seuls 8 taxis supervisés restent en service, et plus aucun robotaxi n’opère de manière autonome dans la région. Au total, Tesla est passé de 178 robotaxis (supervisés et autonomes confondus) à une trentaine seulement, selon les données compilées par Robotaxi Tracker.

« Le nombre actuel de vrais taxis autonomes Tesla s’élève à 21. »
— Robotaxi Tracker

Les difficultés rencontrées par Tesla ne sont pas uniquement liées à la taille de sa flotte. Le constructeur doit aussi faire face à des enjeux de sécurité persistants. Depuis juillet 2025, pas moins de 17 incidents impliquant ses robotaxis ont été signalés jusqu’en mars 2026. Ces problèmes ont contraint Tesla à limiter drastiquement les zones d’exploitation de ses véhicules, en quadrillant précisément les territoires autorisés. Malgré ces précautions, les incidents continuent de survenir, soulignant les limites actuelles de la technologie.

Un déploiement en demi-teinte malgré l’expansion géographique

L’extension du service à Houston et Dallas en avril 2026 devait marquer un tournant. Pourtant, le lancement s’est fait dans des conditions précaires. Chacune de ces villes ne comptait qu’un seul robotaxi à ses débuts, avant que la flotte ne s’étoffe légèrement. Aujourd’hui, avec seulement 21 véhicules actifs répartis dans quatre villes, le réseau peine à démontrer sa viabilité économique ou opérationnelle. Austin reste le principal pôle d’activité, abritant à elle seule près des trois quarts de la flotte.

Cette situation contraste avec les ambitions affichées par Tesla. Elon Musk, patron du groupe, avait initialement promis une révolution dans le secteur des transports avec ses robotaxis. Pourtant, les retards et les difficultés techniques semblent avoir raison des promesses les plus optimistes. Pendant ce temps, le concurrent direct Waymo, filiale d’Alphabet, continue de dominer le marché avec un réseau bien plus étendu et une technologie perçue comme plus mature.

Les critiques ne manquent pas non plus du côté des régulateurs. Les autorités américaines, notamment en Californie, ont multiplié les mises en garde face aux risques liés à l’autonomie partielle ou totale des véhicules. Tesla, qui mise sur son système FSD (Full Self-Driving), doit encore prouver que sa technologie est fiable en conditions réelles, sans intervention humaine systématique.

Un recentrage stratégique sur le Cybercab

Face à ces difficultés, Tesla semble avoir choisi une stratégie de repli. Plutôt que de maintenir un réseau de taxis autonomes opérationnel à grande échelle, le constructeur préfère se concentrer sur le développement de son futur modèle, le Cybercab. Ce véhicule, conçu spécifiquement pour le transport autonome, est actuellement en phase de tests intensifs sur le terrain. L’objectif affiché est de parfaire la technologie avant un éventuel déploiement commercial à plus grande échelle.

Cette approche explique en partie la réduction drastique des effectifs. En supprimant une partie de sa flotte de robotaxis, Tesla peut rediriger ses ressources vers la recherche et le développement, tout en limitant les risques financiers liés à un service encore peu rentable. Pourtant, cette stratégie comporte des risques : un retard supplémentaire dans la mise au point du Cybercab pourrait prolonger l’attente des consommateurs et des investisseurs.

Pour l’heure, Tesla n’a pas communiqué officiellement sur les raisons précises de la baisse de sa flotte. Les déclarations du groupe se concentrent davantage sur les avancées technologiques que sur les difficultés opérationnelles. Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Tesla a simplement indiqué que l’entreprise « ajustait ses effectifs pour refléter les priorités actuelles », sans préciser de calendrier pour une éventuelle reprise du déploiement.

Et maintenant ?

La situation des taxis autonomes de Tesla devrait rester en suspens dans les mois à venir. Le constructeur a clairement indiqué que son attention se portait désormais sur le Cybercab, laissant présager une réduction continue du réseau actuel. Les prochaines étapes clés pourraient être la présentation officielle du Cybercab, prévue pour fin 2026, ainsi que les résultats des tests réglementaires en Californie. En parallèle, les concurrents comme Waymo ou Cruise continueront de grignoter des parts de marché, rendant la tâche encore plus ardue pour Tesla. Reste à voir si le groupe parviendra à concilier innovation technologique et viabilité économique d’ici là.

Avec seulement 21 robotaxis actifs, Tesla n’a d’autre choix que de revoir sa stratégie. Le pari de l’autonomie intégrale se heurte encore à des réalités techniques et réglementaires. Pour les utilisateurs, cela signifie une offre toujours plus limitée, tandis que les concurrents, mieux établis, pourraient bien confirmer leur avance dans les années à venir.