La numéro 1 mondiale du tennis féminin, Aryna Sabalenka, a menacé ce mardi de boycotter les tournois du Grand Chelem si aucune amélioration significative n’est apportée à la rémunération des joueurs, après que les organisateurs de Roland-Garros ont annoncé une hausse de 5,4 % de la dotation pour l’édition 2026. Selon RMC Sport, la Bélarusse a vivement critiqué la répartition actuelle des revenus, jugée insuffisante au regard des recettes colossales générées par ces compétitions.
Ce qu'il faut retenir
- La dotation globale de Roland-Garros 2026 s’élève à 56,4 millions d’euros, soit une progression de 5,4 % par rapport à 2024, selon les organisateurs.
- Les joueurs réclament une part minimale de 22 % des revenus des Grands Chelems, contre environ 15 % actuellement, et la création d’un fonds de prévoyance pour les retraites et la santé.
- Aryna Sabalenka a déclaré : « Nous méritons d’être mieux payés. Sans nous, il n’y aurait pas de tournois. À un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution. »
- Un collectif de joueurs, dont Sabalenka, Coco Gauff et Iga Swiatek, a signé une lettre critiquant l’absence de dialogue avec les organisateurs et l’absence de mesures concrètes sur les droits des athlètes.
- Les dotations des qualifications à Roland-Garros 2026 ont été augmentées de 11,6 % à 14,3 % selon le tour, mais les joueurs jugent ces ajustements insuffisants.
- Les vainqueurs en simple repartiront avec 2,8 millions d’euros chacun, tandis que les éliminés au premier tour recevront 24 000 euros, contre 87 000 euros avant Roland-Garros 2024.
Une mobilisation historique des joueurs pour plus de justice
Tout a commencé en avril 2025, lorsque les principaux joueurs des circuits ATP et WTA ont co-signé une lettre adressée aux organisateurs des quatre Grands Chelems (Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open). Leur demande ? Une meilleure répartition des revenus, avec une part minimale de 22 % pour les athlètes, contre environ 15 % aujourd’hui. Ils réclamaient également la création d’un fonds de prévoyance pour financer les retraites, les soins de santé et les congés maternité, ainsi qu’une implication directe dans les décisions qui les concernent.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où les recettes des Grands Chelems dépassent désormais les 400 millions d’euros par an. Pourtant, les joueurs estiment que les augmentations de dotations annoncées restent symboliques et ne répondent pas aux revendications structurelles. « Cette annonce ne fait rien pour résoudre les problèmes que nous soulevons depuis un an », ont-ils dénoncé dans une nouvelle lettre publiée lundi, soulignant l’absence d’avancées sur le bien-être des joueurs ou la mise en place d’un mécanisme de consultation.
Roland-Garros 2026 : des augmentations saluées, mais jugées insuffisantes
Pourtant, Roland-Garros 2026 a revu à la hausse les dotations des qualifications, avec des progressions comprises entre 11,6 % et 14,3 % selon le tour. Les éliminés au premier tour recevront désormais 24 000 euros, contre 21 000 euros en 2024, tandis que ceux du deuxième tour toucheront 33 000 euros (+3 500 euros). La directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, a salué un « effort conséquent » sur les trois premiers tours, mais les joueurs restent sceptiques.
Les vainqueurs en simple repartiront avec 2,8 millions d’euros chacun, un montant identique pour les hommes et les femmes, une particularité unique aux quatre Grands Chelems. Les éliminés au troisième tour toucheront 187 000 euros, contre 130 000 euros au deuxième tour et 87 000 euros au premier. Ces chiffres restent très éloignés des revendications des joueurs, qui estiment que leur part dans les revenus globaux des tournois est bien en deçà de ce qu’elle devrait être.
« Nous faisons le show. Sans nous, il n’y aurait pas de tournois, sans nous, il n’y aurait pas de divertissement. Je pense que nous méritons d’être mieux payés. À un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits. »
Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale et numéro 2 mondiale en 2026
Un boycott des Grands Chelems envisagé comme ultime recours
Face à l’absence de réponse concrète, Sabalenka n’exclut pas de franchir le pas du boycott. « S’il faut en arriver au boycott, je pense que nous, les joueuses, nous pouvons nous unir, car certaines choses en Grand Chelem sont vraiment injustes pour nous », a-t-elle déclaré en marge du tournoi WTA 1000 de Rome. Une position radicale, mais qui reflète la frustration croissante des athlètes face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de considération de la part des organisateurs.
Cette menace a été relayée par d’autres figures du tennis féminin, comme Coco Gauff ou Iga Swiatek, bien que cette dernière ait tempéré en qualifiant le boycott d’« extrême ». « Le plus important est de communiquer et de discuter avec les organisateurs, de négocier. Espérons qu’avant Roland-Garros il y aura la possibilité d’avoir une réunion de ce type », a-t-elle souligné. Les joueurs restent donc divisés sur la stratégie à adopter, mais unis sur la nécessité d’obtenir des avancées rapides.
Pour l’instant, les joueurs restent dans l’expectative, espérant que le dialogue finira par s’engager. Mais une chose est sûre : l’équilibre des forces entre organisateurs et athlètes est en train de basculer, et les prochains mois pourraient redéfinir les règles d’un sport où le talent ne suffit plus à garantir une rémunération équitable.
Selon les joueurs, la part des revenus allouée aux athlètes est actuellement inférieure à 15 %, alors qu’ils réclament un minimum de 22 %, aligné sur les tournois combinés ATP et WTA 1000 comme celui de Rome.
Les joueurs demandent une meilleure répartition des revenus des Grands Chelems, la création d’un fonds de prévoyance pour les retraites et la santé, ainsi qu’une implication directe dans les décisions concernant l’organisation des tournois.