La Chine a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux récentes restrictions commerciales imposées par Washington, selon BFM Business. Lors d’un entretien en visioconférence jeudi, le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a alerté ses homologues américains sur les risques de déstabilisation des échanges économiques entre les deux premières puissances mondiales.

Ce qu'il faut retenir

  • Pékin condamne les nouveaux droits de douane américains, appliqués la semaine dernière à la Chine et à 59 autres pays, en invoquant des préoccupations liées au travail forcé.
  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a qualifié les mesures de Washington de « récentes restrictions économiques et commerciales » lors d’un échange avec le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et le représentant au commerce Jamieson Greer.
  • La Chine dénonce une volonté de « réprimer » ses entreprises, après l’interdiction par les États-Unis des importations de robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers.
  • Les tensions commerciales entre Pékin et Washington avaient connu une trêve en octobre 2025, lors d’un sommet entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump.
  • Un voyage de Donald Trump à Pékin en mai 2026 a permis d’évoquer une possible visite de Xi Jinping aux États-Unis en septembre 2026, mais cette rencontre reste incertaine.

Les nouveaux droits de douane américains, officiellement justifiés par des « préoccupations liées au travail forcé », ont été instaurés la semaine dernière. Ils ciblent la Chine mais également 59 autres pays, selon BFM Business. Dès mercredi, Pékin a réagi en accusant Washington de chercher à « réprimer » les entreprises chinoises, après l’annonce d’une interdiction sur les importations de robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l’étranger. Une décision perçue comme une nouvelle escalade dans la guerre commerciale larvée entre les deux géants économiques.

L’entretien en visioconférence de jeudi entre les négociateurs chinois et américains a été qualifié de « franc, approfondi et constructif » par l’agence de presse officielle chinoise Xinhua. Lors de cet échange, He Lifeng a souligné la nécessité de « maintenir des liens économiques et commerciaux stables » et de « traiter adéquatement les préoccupations mutuelles dans la prochaine phase ». Une formulation qui suggère une volonté de dialogue, malgré les tensions persistantes.

Cette crise intervient après une période de relative détente entre les deux pays. En octobre 2025, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping s’étaient rencontrés et avaient convenu d’une trêve commerciale. Une avancée qui avait permis d’apaiser temporairement les relations économiques entre Pékin et Washington. Cependant, les mesures récentes menacent de relancer les hostilités.

La Chine n’a pas hésité à mettre en garde les États-Unis contre le risque de déclencher une guerre commerciale. Une menace qui rappelle les tensions de 2018-2019, lorsque les deux pays avaient imposé des droits de douane réciproques, affectant des centaines de milliards de dollars d’échanges. Aujourd’hui, Pékin semble déterminé à ne pas laisser Washington imposer unilatéralement des restrictions commerciales sans réagir.

Les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalité technologique et économique. Les États-Unis ont récemment durci leurs règles sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine, tandis que Pékin a multiplié les mesures protectionnistes pour soutenir ses industries locales. Les robots humanoïdes et quadrupèdes, objets de la dernière dispute, symbolisent cette course à l’innovation où chaque camp cherche à prendre l’avantage.

Lors d’une visite à Pékin en mai 2026, Donald Trump avait invité Xi Jinping à se rendre aux États-Unis en septembre 2026. Une rencontre qui, si elle avait lieu, pourrait offrir une nouvelle opportunité de désamorcer la crise. Mais pour l’instant, aucune confirmation officielle n’a été donnée, laissant planer le doute sur la tenue de ce sommet.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’évolution des relations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Si aucune nouvelle mesure n’est annoncée d’ici la fin août 2026, la trêve de 2025 pourrait être prolongée de facto. En revanche, une escalade des droits de douane ou des contre-mesures chinoises risquerait d’aggraver les tensions et de fragiliser davantage l’économie mondiale, déjà sous pression.

Une rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump en septembre 2026, si elle se concrétise, pourrait permettre de réengager des négociations plus larges. Mais pour l’heure, les positions restent éloignées, et le risque d’une guerre commerciale ouverte n’est pas écarté.

Ces développements surviennent alors que les économies mondiales peinent à se relever des crises successives. Les droits de douane supplémentaires imposés par les États-Unis pourraient avoir des répercussions sur les prix des produits importés, affectant à la fois les consommateurs et les entreprises des deux côtés du Pacifique. Autant dire que la situation mérite une attention particulière dans les mois à venir.

Selon BFM Business, Washington justifie ces mesures par des « préoccupations liées au travail forcé ». Ces restrictions s’appliquent non seulement à la Chine, mais également à 59 autres pays, suggérant une politique commerciale plus large ciblant les pratiques jugées contraires aux droits humains dans l’industrie mondiale.

Les États-Unis ont interdit l’importation de robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l’étranger, une mesure qui vise directement les technologies chinoises dans ce secteur. Cette décision a été perçue par Pékin comme une tentative de « réprimer » ses entreprises, selon un communiqué officiel chinois rapporté par BFM Business.