Une intervention technique russe sur le module Zvezda de la Station spatiale internationale (ISS), programmée le 5 juin 2026, a failli déclencher une crise diplomatique entre la NASA et Roscosmos, selon Numerama. L’agence spatiale américaine a alors menacé d’évacuer la station, révélant un désaccord profond sur la gestion d’une fuite d’air chronique.
Ce qu'il faut retenir
- Le 5 juin 2026, la NASA a ordonné un confinement d’urgence sur l’ISS après avoir appris que Roscosmos prévoyait une intervention technique non coordonnée près du module Zvezda, touché par une fuite d’air depuis 2019.
- Les cosmonautes russes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev devaient scier une structure porteuse pour inspecter la fuite, une opération jugée « à haut risque » par la NASA.
- La NASA a exigé l’annulation immédiate des travaux, mais Roscosmos a ignoré ses alertes jusqu’à ce que l’agence menace d’évacuer la station en activant les capsules Crew Dragon.
- Face à la pression, Roscosmos a finalement accepté de condamner définitivement le tunnel PrK, un compartiment défaillant du module Zvezda, au prix d’une perte logistique pour l’ISS.
- La fuite, identifiée depuis 2019, s’est aggravée en mai et juin 2026, rendant cette décision nécessaire pour éviter un risque de dépressurisation catastrophique.
Une opération technique non autorisée met le feu aux poudres
Le 5 juin 2026, la NASA a ordonné un confinement d’urgence à bord de l’ISS, contraignant les sept astronautes présents — dont la Française Sophie Adenot — à s’enfermer dans leurs capsules de secours. Officiellement, cette mesure visait à parer à un incident technique imprévu. Mais selon Numerama, la réalité était bien plus tendue : Roscosmos avait planifié une intervention sur le module russe Zvezda, sans en informer préalablement son partenaire américain.
Les cosmonautes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev devaient procéder à des travaux de réparation dans une zone déjà fragilisée par une fuite d’air chronique, identifiée depuis 2019. Leur méthode ? Découper un support structurel porteur à l’aide d’une scie, une opération qualifiée de « bricolage » par les ingénieurs américains. Le protocole, non validé par la NASA, était considéré comme un danger majeur : une erreur aurait pu entraîner une dépressurisation soudaine et catastrophique de la station.
La NASA impose un ultimatum sous haute tension
Dès le 6 juin, les détails de l’opération russe ont commencé à filtrer. Numerama rapporte que les responsables de la NASA ont tenté à plusieurs reprises de contacter Roscosmos pour obtenir des analyses de risques, en vain. « Ils s’en moquaient », a déclaré un responsable de la NASA sous couvert d’anonymat à Numerama. « Nous avons menacé de mettre les astronautes en combinaison dans la capsule Crew Dragon pour envoyer un message au monde entier et montrer notre désaccord. »
Face au silence persistant de Roscosmos, la NASA a décidé de passer à l’action. Les quatre astronautes de la mission Crew-12 — Jessica Meir, Jack Hathaway, Chris Williams (arrivé avec un vaisseau Soyouz) et Sophie Adenot — ainsi que le Russe Andreï Fediaïev, ont été sommés de se préparer à une évacuation immédiate. Cette décision, présentée comme une mesure de précaution, a servi de levier de pression : en communiquant publiquement sur l’urgence, la NASA a forcé Roscosmos à reculer.
« Nous avons menacé de mettre les astronautes en combinaison dans la capsule Crew Dragon pour envoyer un message au monde entier afin de montrer notre désaccord. Ils s’en moquaient. »
Un responsable de la NASA, cité par Numerama
Roscosmos cède, mais au prix d’une perte stratégique
Sous la menace d’un scandale international et d’une responsabilité assumée en cas d’accident, Roscosmos a finalement cédé. L’agence russe a accepté de condamner définitivement le tunnel PrK, un compartiment du module Zvezda où se situe la fuite. Ce tunnel, qui relie Zvezda au reste de la station, ne sera plus pressurisé et sera interdit d’accès aux astronautes. Une solution radicale, mais nécessaire pour écarter tout risque de dépressurisation.
Cette décision, bien qu’efficace sur le plan sécuritaire, complique la logistique de l’ISS. Les vaisseaux de ravitaillement russes Progress, qui s’amarraient traditionnellement au tunnel PrK pour transférer carburants et fluides, devront désormais utiliser l’un des trois autres ports d’amarrage disponibles. Le déchargement manuel du fret ne sera plus possible, contraignant Roscosmos à adapter ses méthodes de ravitaillement.
Un aveu d’échec pour Roscosmos, une victoire pour la coopération spatiale
Pour la NASA, cette crise illustre les limites d’une collaboration spatiale devenue de plus en plus fragile. Depuis 2019, plusieurs tentatives de colmatage de la fuite sur Zvezda avaient échoué, mais aucune n’avait suscité une telle opposition. Numerama souligne que Roscosmos a finalement reconnu, indirectement, l’échec de ses efforts passés en acceptant cette solution radicale. « C’est un aveu d’échec, mais aussi la seule façon de garantir la sécurité de la station », explique un expert en aérospatial interrogé par Numerama.
Cette affaire survient à un moment où les tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Russie se répercutent jusque dans l’espace. Alors que la durée de vie de l’ISS est prolongée jusqu’en 2030, les incidents techniques et les désaccords entre agences spatiales risquent de se multiplier. La question de la pérennité de la station, déjà fragilisée par les retards du programme américain Artemis et les ambitions chinoises, reste plus que jamais posée.
En attendant, l’ISS continue de fonctionner, mais avec une pièce en moins. Une perte symbolique, qui rappelle que même à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, les rivalités terrestres ne s’arrêtent pas à la porte de l’espace.
Le module Zvezda est un élément vital de l’ISS, servant de point central pour les systèmes de vie et de propulsion. La fuite, localisée dans le tunnel PrK, risque de provoquer une dépressurisation catastrophique si la structure est endommagée lors d’une intervention non maîtrisée. Depuis 2019, plusieurs tentatives de réparation ont échoué, aggravant le problème.
La condamnation du tunnel PrK limite les possibilités d’amarrage pour les vaisseaux russes Progress, contraignant Roscosmos à utiliser d’autres ports. Cela pourrait ralentir les rotations d’équipages et les missions de ravitaillement, tout en compliquant les opérations de maintenance à long terme.