Le gouvernement thaïlandais a annoncé mardi 19 mai 2026 une réduction significative de la durée des séjours sans visa pour les touristes originaires de plus de 90 pays. Selon Le Figaro, cette mesure vise à endiguer les dérives liées à des affaires impliquant des étrangers ces derniers mois, entre criminalité transnationale et abus du système de séjour. Autant dire que Bangkok change de braquet en matière de contrôle des flux touristiques, alors que le secteur représente plus de 10 % du PIB du pays.
Ce qu'il faut retenir
- La durée des séjours sans visa passe de 60 à 30 jours pour la majorité des pays concernés, et à 15 jours pour d’autres, selon des critères à définir.
- Les touristes pourront renouveler une fois leur visa, sous réserve d’une justification auprès des services de l’immigration.
- Cette décision intervient après une série d’affaires médiatiques impliquant des étrangers, entre criminalité et abus du système de séjour.
- Le secteur du tourisme, en lente reprise depuis la pandémie, table sur 33,5 millions de visiteurs étrangers en 2026, soit trois millions de moins que prévu initialement.
- Le gouvernement thaïlandais précise que cette mesure ne cible aucun pays en particulier, mais des individus abusant du système.
Une mesure ciblant les abus du système de séjour
À compter de cette semaine, les touristes en provenance de plus de 90 pays – dont ceux de l’espace Schengen, des États-Unis, d’Israël ou encore de la Russie – ne pourront plus séjourner jusqu’à 60 jours sans visa. Cette durée, étendue en juillet 2024 pour relancer le tourisme post-Covid, sera désormais limitée à 30 jours pour la plupart des pays. Pour d’autres, une durée encore plus courte de 15 jours pourrait être appliquée, mais uniquement au cas par cas, en concertation avec les ambassades concernées. « Le dispositif actuel a des avantages, notamment pour l’économie, mais il a permis à certaines personnes d’en abuser », a déclaré lors d’une conférence de presse la porte-parole du gouvernement, Rachada Dhnadirek, comme le rapporte Le Figaro.
Un renouvellement possible sous conditions
Les autorités thaïlandaises ont précisé que les touristes pourront, s’ils le souhaitent, demander une prorogation de leur séjour auprès des services de l’immigration. Cependant, cette extension ne sera accordée qu’une seule fois, et uniquement si le demandeur parvient à justifier sa demande. « Le renouvellement sera décidé par l’officier des services de l’immigration, et les touristes devront expliquer pourquoi ils veulent rester plus longtemps », a indiqué Rachada Dhnadirek. Le ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, avait par ailleurs souligné la semaine dernière que cette mesure s’inscrivait dans une stratégie globale de lutte contre la criminalité transnationale.
Contexte : des affaires médiatisées poussent à l’action
Cette décision intervient après plusieurs affaires impliquant des étrangers qui ont connu un large écho médiatique en Thaïlande ces derniers mois. Parmi elles, des débordements liés à l’alcool ou à la drogue, des frasques sexuelles en public, ou encore l’exploitation d’entreprises – hôtels, écoles privées – sans permis approprié. Autant de cas qui ont alimenté les débats sur la nécessité de mieux encadrer les séjours des touristes, alors que le pays mise sur ce secteur pour soutenir sa croissance économique. Pourtant, malgré ces ajustements, le nombre d’arrivées de visiteurs n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie de Covid-19.
Selon les projections du gouvernement, la Thaïlande devrait accueillir cette année environ 33,5 millions de touristes étrangers. Ce chiffre reste en deçà des 36,5 millions initialement escomptés, en raison notamment de la guerre au Moyen-Orient, qui a perturbé les flux de voyageurs en provenance d’Europe et d’Asie. Face à cette situation, les autorités espèrent que la réduction de la durée des séjours sans visa permettra de limiter les dérives tout en maintenant l’attractivité du pays auprès des visiteurs.
Une cible claire : les individus, pas les pays
Intervenant dans la presse internationale, Sihasak Phuangketkeow a tenu à préciser que cette réforme ne visait aucun pays en particulier. « Nous ne ciblons pas un État, mais des individus qui abusent du système de visa en se livrant à des activités illégales pendant leur séjour », a-t-il expliqué. Cette nuance est importante : elle montre que la Thaïlande entend éviter toute mesure perçue comme discriminatoire, alors que le tourisme représente un pilier de son économie. En 2019, avant la crise sanitaire, le royaume avait accueilli près de 40 millions de visiteurs étrangers, un record qui illustre l’importance de ce secteur pour le pays.
Pour rappel, la Thaïlande avait temporairement assoupli les règles d’entrée en juillet 2024, prolongeant la durée des séjours sans visa de 30 à 60 jours. Cette décision avait pour objectif de relancer un secteur durement touché par les restrictions sanitaires. Trois ans plus tard, alors que la situation sanitaire est revenue à la normale, les autorités semblent désormais privilégier un équilibre entre ouverture et contrôle.
Pour l’heure, les acteurs du secteur touristique thaïlandais, comme les voyagistes ou les hôteliers, devront s’adapter à cette nouvelle donne. Certains pourraient craindre un ralentissement des réservations, surtout pour les longs séjours. D’autres, en revanche, espèrent que cette décision renforcera la sécurité et la stabilité du pays, deux critères de plus en plus pris en compte par les voyageurs avant de choisir une destination.
Les touristes originaires de plus de 90 pays sont concernés, dont ceux de l’espace Schengen, des États-Unis, d’Israël et de la Russie. La liste complète des pays et des nouvelles durées applicables sera précisée dans les prochains textes réglementaires.
Oui, mais sous conditions strictes. Les touristes pourront demander une prorogation, mais celle-ci ne sera accordée qu’une seule fois et uniquement si l’officier de l’immigration estime que la justification est valable. Aucune automaticité n’est prévue.