Cotée sur Euronext Amsterdam et le New York Stock Exchange, The Magnum Ice Cream Company — qui détient des marques emblématiques comme Magnum, Ben & Jerry’s, Cornetto ou Wall’s (Miko en France) — affiche un chiffre d’affaires de 7,9 milliards d’euros en 2025, selon Capital. L’entreprise, issue d’une scission du géant Unilever en 2025, bénéficie d’un potentiel de croissance et de rentabilité largement sous-estimé par les marchés, comme l’analyse Olivier Mariscal, directeur général de BDL Club Invest.
Ce qu'il faut retenir
- Un géant du marché : 7,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, issu de marques iconiques comme Magnum (créée en 1989), Ben & Jerry’s (1978) ou Wall’s (1922).
- Une position dominante : contrôle d’environ 3 millions de bacs à glaces dans le monde et une logistique optimisée grâce à la chaîne du froid.
- Des marges en progression : 16 % d’EBITDA en 2026, avec un objectif de 21 % à terme, contre 21,6 % pour le numéro deux, Froneri.
- Une croissance organique soutenue : +4,5 % au premier trimestre 2026, soit bien au-dessus des attentes (+2,6 %).
- Une valorisation attractive : 17 fois les profits attendus pour 2027, avec des fonds comme Blackstone ou Clayton Dubilier & Rice qui étudieraient un rachat.
Parmi ses atouts majeurs, Magnum s’appuie sur des marques historiques, forgées par des décennies de dépenses publicitaires et une présence mondiale dans les linéaires des grandes surfaces. « Ces marques sont des icônes difficiles à répliquer, tant leur notoriété repose sur une histoire et une qualité reconnues internationalement », souligne Olivier Mariscal. Le groupe contrôle également une partie clé de la distribution : les meubles réfrigérés, essentiels pour les produits surgelés. « Avec environ 3 millions de bacs à glaces sous son contrôle, Magnum bénéficie d’un avantage logistique et commercial rare dans le secteur », précise-t-il.
Autre point fort : la rentabilité. Après sa scission d’avec Unilever, Magnum a pu recentrer ses investissements sur son efficacité opérationnelle et ses priorités stratégiques. « Libérée du fardeau administratif d’un géant comme Unilever, l’entreprise peut désormais accélérer sa croissance sans dilution des efforts », explique Olivier Mariscal. Les résultats récents confirment cette dynamique : au premier trimestre 2026, la croissance organique a atteint 4,5 %, contre une prévision de 2,6 % pour la communauté financière. « Les volumes ont accéléré depuis le quatrième trimestre 2025, et le management a réaffirmé ses objectifs annuels, avec une amélioration des marges attendue au second semestre », ajoute-t-il.
Côté valorisation, Magnum s’échange actuellement à 17 fois les profits attendus pour 2027, un niveau que les analystes jugent raisonnable au regard de ses perspectives. « À ce prix, l’action reste abordable pour un investisseur, d’autant que l’entreprise présente un attrait spéculatif », note BDL Club Invest. Plusieurs fonds d’investissement, dont Blackstone et Clayton Dubilier & Rice, étudieraient en effet un possible rachat. La décision pourrait intervenir après l’été 2026, une fois les ventes de glaces — boostées par les épisodes de canicule — consolidées.
« Magnum a un potentiel en Bourse largement sous-estimé. Libérée de la structure d’Unilever, l’entreprise peut investir davantage dans sa croissance et atteindre les niveaux de rentabilité de ses concurrents directs. »
Pour l’heure, le groupe affiche une marge opérationnelle (EBITDA) de 16 %, contre plus de 21 % pour son principal concurrent, Froneri. BDL Club Invest estime que Magnum a les moyens d’atteindre ce seuil, voire de le dépasser. « La différence s’explique en partie par la structure de coûts héritée d’Unilever, désormais optimisée », commente Olivier Mariscal. Les économies d’échelle réalisées grâce à la gestion de millions de bacs à glaces renforcent également la compétitivité du groupe.
Côté distribution, Magnum mise sur la qualité de ses partenariats avec les enseignes de grande consommation. « Le contrôle des linéaires et la maîtrise de la chaîne du froid sont des barrières à l’entrée pour les nouveaux acteurs. Aucun concurrent ne peut rivaliser avec l’enracinement de nos marques en magasin », assure Olivier Mariscal. Cette stratégie a permis à Magnum de résister aux fluctuations du marché, y compris face à des défis sectoriels comme l’impact des médicaments anti-obésité sur la consommation de glaces en 2025.
Les prochaines étapes pour l’entreprise incluent le renforcement de sa position en Asie et en Amérique latine, où la demande en produits premium reste forte. « Le management a indiqué que les investissements dans ces régions seraient prioritaires pour les trois prochaines années », révèle Olivier Mariscal. Parallèlement, l’entreprise continue d’innover, notamment sur les formats et les recettes, pour fidéliser une clientèle en quête de nouvelles expériences gustatives.
Reste à voir si le management parviendra à concrétiser ses objectifs de rentabilité d’ici la fin de l’année. Une chose est sûre : avec des marques aussi ancrées dans les habitudes de consommation et une structure logistique optimisée, Magnum dispose d’atouts majeurs pour séduire aussi bien les investisseurs que les consommateurs. L’été qui s’annonce pourrait bien être un tournant pour l’entreprise, autant côté ventes que côté valorisation boursière.
Les marges de Magnum, à 16 % en EBITDA, s’expliquent en partie par l’héritage de sa structure issue d’Unilever, qui nécessitait des coûts administratifs et logistiques plus élevés. Depuis sa scission en 2025, l’entreprise a entamé une optimisation de ses processus, avec pour objectif d’atteindre les niveaux de rentabilité de Froneri (21,6 %). Cette amélioration est déjà visible dans les résultats du premier trimestre 2026, avec une croissance organique de 4,5 % et une accélération des volumes depuis fin 2025.
Parmi les risques identifiés, on trouve la volatilité de la demande en fonction des conditions météo, l’impact des régulations sanitaires sur les ingrédients, et une possible saturation du marché des glaces premium. Par ailleurs, une offre de rachat pourrait entraîner une volatilité accrue du cours de l’action en attendant l’annonce finale.