Le comédien et metteur en scène Charles Berling présente au Théâtre de l’Atelier, jusqu’au 1er juillet, « C’est si simple l’amour », une pièce qu’il met en scène et dans laquelle il joue aux côtés de Bérangère Warluzel. Selon Franceinfo - Culture, ce spectacle s’inscrit comme la huitième mise en scène de l’artiste, qui aborde sans fard les dynamiques toxiques au sein des relations amoureuses.
Ce qu'il faut retenir
- La pièce « C’est si simple l’amour », écrite par le dramaturge suédois Lars Norén, se joue au Théâtre de l’Atelier jusqu’au 1er juillet 2026.
- Charles Berling y interprète un personnage misogyne, antisémite et jaloux, aux côtés de Bérangère Warluzel, qui incarne une femme dominante.
- La pièce explore les tensions au sein de deux couples, mêlant humour noir et tragédie, avec des scènes où l’alcool libère la parole crue.
- Lars Norén, comparé à Ingmar Bergman, est reconnu pour son approche sans concession de la réalité humaine.
- Le spectacle a été salué par les jeunes publics pour sa représentation réaliste des conflits conjugaux.
Sur le plateau du 23H de France 2, mercredi 27 mai 2026, Charles Berling a détaillé les enjeux de cette création. « C’est si simple l’amour » raconte l’histoire de deux couples qui se retrouvent pour une soirée arrosée, peu après la représentation d’une pièce de théâtre. Progressivement, les tensions entre les personnages émergent, révélant des relations explosives et des rapports de domination. Bérangère Warluzel et Charles Berling, qui jouent les rôles d’Alma et Robert, invitent deux amis à les rejoindre chez eux après la première. La pièce, qualifiée de « tragicomédie » par l’acteur, interroge aussi le théâtre lui-même, puisque les personnages commentent la pièce qu’ils viennent de jouer.
Pour Berling, Lars Norén incarne « un peu la succession d’Ingmar Bergman », dont il partage la capacité à explorer les profondeurs psychologiques avec une rare intensité. L’auteur suédois, dont une pièce a été jouée récemment à la Comédie-Française, est connu pour son humour noir et sa représentation sans fard des relations humaines. « C’est comme une bouteille de ketchup, a-t-il expliqué : on secoue, rien ne sort, puis tout d’un coup, le bouchon saute et tout est aspergé. » Cette métaphore illustre bien la progression de la pièce, où les conflits latents éclatent brutalement sous l’effet de l’alcool et des non-dits.
Dans cette mise en scène, Charles Berling campe un personnage aux traits particulièrement négatifs : misogyne, antisémite et d’une jalousie maladive. « Elle a tiré le gros lot avec moi », a-t-il plaisanté lors de son passage à la télévision. Pourtant, c’est cette noirceur même qui rend le spectacle percutant. Alma, son épouse dans l’histoire, domine le personnage qu’il incarne, illustrant le rapport de force souvent présent dans les couples. L’autre couple, joué par Caroline Proust et Alain Fromager, met en lumière les difficultés d’un psychiatre confronté aux tensions conjugales, un thème qui résonne avec les tensions accumulées dans la vie quotidienne.
« Ça parle de théâtre, puisqu’ils parlent de la pièce qui vient d’être vue. C’est une tragicomédie. »
Charles Berling, sur la structure de la pièce
La pièce s’adresse à un public varié, mais elle semble particulièrement toucher les jeunes spectateurs. « Les couples sont enchantés de voir ça, a souligné Berling. Je dirais que c’est une pièce qui marche très fort sur les jeunes parce qu’ils ont l’impression de voir leurs parents en train de s’engueuler. » Le spectacle ne mâche pas ses mots : sous l’effet de l’alcool, les personnages utilisent un langage cru, avec de nombreux jurons. « Il y a beaucoup de gros mots, a reconnu Berling. C’est vrai que sous l’effet de l’alcool, il y a de la familiarité aussi, quand on est chez soi. »
Derrière l’humour et les éclats de rire, le texte de Lars Norén ne cache pas les réalités les plus sombres des relations amoureuses. « Les gens reconnaissent aussi un petit peu ce qu’ils peuvent vivre en couple », a noté Berling. Le théâtre, ici, agit comme un miroir grossissant, révélant les mécanismes de destruction interne qui peuvent s’installer avec le temps. Les personnages, bien que semblant heureux en apparence, sont en proie à des conflits profonds, où la routine et l’ennui peuvent pousser à chercher des émotions plus intenses.
Interrogé sur la durabilité des couples, Berling a adopté une position nuancée. « Il est positif de dire la vérité. On n’est pas là pour enjoliver. » La pièce, loin d’être pessimiste, propose une réflexion sur la manière dont les individus gèrent leurs relations. Lars Norén invite à regarder la réalité en face, sans illusions, mais avec un humour qui permet de mieux l’appréhender. « Regardons la réalité en face et amusons-nous avec ça », résume Berling, reprenant les mots du dramaturge.
Pour les spectateurs, le spectacle offre une expérience à la fois divertissante et dérangeante. Les rires fusent, mais ils sont souvent suivis de silences gênés, tant les situations décrites résonnent avec des expériences personnelles. « Les gens sont souvent aussi très bouleversés parce qu’ils reconnaissent aussi un petit peu ce qu’ils peuvent vivre en couple », a confié l’acteur. Le théâtre, en amplifiant les traits, permet de sublimer l’humain sans le épargner.
Avec cette mise en scène, Charles Berling confirme son attachement à un théâtre exigeant, où la complexité des relations humaines est explorée sans concession. Une œuvre qui, comme le suggère Lars Norén, invite à rire jaune tout en prenant conscience des dynamiques souvent destructrices qui animent les couples.
Les deux autres rôles sont interprétés par Caroline Proust et Alain Fromager, qui incarnent respectivement Hedda et Jonas, un couple confronté à ses propres tensions internes.
Oui, l’auteur suédois, redécouvert dans les années 2000, a été largement joué en France, notamment par Jean-Louis Martinelli. Une de ses pièces, « Poussière », a été montée à la Comédie-Française il y a peu.