Le journaliste Thomas Legrand, suspendu de l’antenne de France Inter en septembre 2025 après des accusations de connivence avec le Parti socialiste, a été définitivement écarté du groupe Radio France. Dans une tribune publiée ce mercredi dans le Monde, il affirme avoir été victime d’une « campagne extérieure, mensongère et manipulatrice », conduisant à son « invisibilisation totale et durable de l’antenne ». Selon Le Figaro, cette décision met en lumière les tensions persistantes autour de l’impartialité de l’audiovisuel public.

Ce qu'il faut retenir

  • Thomas Legrand a été suspendu de France Inter en septembre 2025, puis définitivement écarté de Radio France en septembre 2026, selon une tribune publiée dans le Monde.
  • Il accuse une « campagne extérieure » d’avoir orchestré sa mise à l’écart, mettant en cause sa liberté de presse.
  • L’affaire a débuté avec la diffusion d’une vidéo filmée à son insu, le montrant avec des responsables du PS dans un restaurant.
  • France Télévisions et Radio France ont assigné en justice plusieurs médias pour « dénigrement », avec une audience prévue ce mercredi.
  • Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale avait été ouverte, critiquant vivement l’audiovisuel public.

Un an après les accusations, Legrand dénonce une exclusion définitive

Thomas Legrand, figure emblématique de France Inter, a appris avec regret qu’il ne ferait pas son retour à la rentrée 2026 sur l’antenne de la radio publique. Dans sa tribune publiée dans le Monde, il évoque une « invisibilisation totale et durable », résultat selon lui d’une campagne visant à le discréditer. « Lorsqu’une campagne extérieure aboutit à l’effacement de celui qu’elle visait, elle adresse un message clair à ceux qui l’ont menée : cela fonctionne », écrit-il. Pour le journaliste, cette affaire dépasse son cas personnel et interroge la liberté de la presse en France.

Il précise que cette exclusion s’inscrit dans une logique de « réponse » de la présidence de Radio France, un an après le début de la polémique. Thomas Legrand, suspendu dès septembre 2025, avait espéré un retour possible pour la saison 2026, mais la direction a tranché autrement. « In fine, la réponse de la présidence de Radio France aura été mon invisibilisation totale de l’antenne », souligne-t-il.

Les origines de l’affaire : une vidéo et des accusations de connivence

Tout a commencé en septembre 2025, lorsque L’Incorrect, un magazine proche des milieux conservateurs, a publié une vidéo tournée à l’insu de Thomas Legrand et de son confrère Patrick Cohen. On y voyait les deux journalistes en compagnie de deux responsables du Parti socialiste dans un restaurant parisien. La diffusion de cette séquence a immédiatement alimenté les accusations de partialité de l’audiovisuel public envers la gauche.

Cette polémique a été largement relayée par des médias détenus par le milliardaire Vincent Bolloré, comme CNews, Europe 1 ou encore le JDD, tous connus pour leur ligne éditoriale critique envers la gauche et l’audiovisuel public. France Télévisions et Radio France avaient alors réagi en assignant ces médias en justice pour « dénigrement », une procédure dont l’audience est prévue ce mercredi devant le tribunal des activités économiques de Paris.

Les réactions politiques et institutionnelles

L’affaire a également entraîné une réponse politique. Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, présidée par Charles Alloncle, député UDR et allié du Rassemblement National, avait vivement critiqué France Télévisions et Radio France. Le rapporteur de cette commission, lui-même issu d’un parti prônant la privatisation de l’audiovisuel public, avait pointé du doigt le manque d’impartialité des médias publics. Ces critiques s’inscrivaient dans un contexte plus large de défiance envers les institutions médiatiques perçues comme proches du pouvoir politique.

Face aux accusations de Thomas Legrand, la direction de France Inter a réagi avec fermeté. Céline Pigalle, sa directrice, a déclaré au Monde : « J’entends que Thomas Legrand soit déçu de ne pas être sur l’antenne de France Inter. Il exige, il réclame, mais ce n’est pas comme ça qu’on obtient quelque chose de moi. » Elle a ainsi rappelé que la décision de ne pas le réintégrer relevait d’un choix éditorial et non d’une pression externe.

Et maintenant ?

L’audience prévue ce mercredi devant le tribunal des activités économiques de Paris pourrait apporter des éclairages sur les suites judiciaires de cette affaire. Par ailleurs, le débat sur l’impartialité de l’audiovisuel public, relancé par les propos de Thomas Legrand, devrait se poursuivre dans les mois à venir. Reste à voir si cette décision de Radio France, contestée par le journaliste, aura des répercussions sur la gouvernance des médias publics ou sur la perception de leur neutralité.

Quant à Thomas Legrand, son exclusion définitive pourrait marquer la fin d’une carrière à France Inter, tout en ouvrant potentiellement de nouvelles perspectives professionnelles. Son cas illustre en tout cas les tensions persistantes entre médias, politique et opinion publique en France.

Thomas Legrand a été suspendu de France Inter après la diffusion d’une vidéo le montrant avec des responsables du Parti socialiste dans un restaurant, alimentant des accusations de connivence avec la gauche. Cette polémique a suscité un débat sur l’impartialité de l’audiovisuel public.