Selon BFM Bourse, la major pétrolière Totalenergies a publié des résultats trimestriels en très nette hausse au titre des trois premiers mois de l'année, grâce à la hausse des prix de marché. Le débat sur les "super-profits" qui avait agité la classe politique en 2022 et conduit l'exécutif à mettre en place des taxes temporaires, pourrait resurgir de plus belle.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bénéfice net consolidé de Totalenergies a bondi de 51% à 5,8 milliards de dollars.
  • Le résultat net ajusté s'est établi à 5,4 milliards de dollars, en progression de 29%.
  • Le prix moyen du baril de Brent a affiché 81,1 dollars au premier trimestre 2026, contre 75,7 dollars un an plus tôt.
  • La société a décidé de distribuer un dividende de 90 centimes par action au titre du premier trimestre, en hausse de 5,9% sur un an.

Les résultats de Totalenergies

De janvier à mars, la société a dégagé un bénéfice net consolidé de 5,8 milliards de dollars (soit 5 milliards d'euros), en hausse de 51% sur un an. Le résultat net ajusté s'est lui établi à 5,4 milliards de dollars en progression de 29%. Par rapport au résultat net consolidé, le résultat net ajusté exclut certains éléments non récurrents, comme des variations de juste valeur.

La veille, son rival britannique BP avait vu son bénéfice net être multiplié par plus de cinq à 3,84 milliards de dollars. La major pétrolière a tiré parti de l'augmentation des cours du brut. Au premier trimestre 2026, le baril de Brent a affiché un prix moyen de 81,1 dollars, contre 75,7 dollars un an plus tôt.

Le conflit en Iran et ses conséquences

Cette progression est évidemment liée à la guerre en Iran. En raison de ce conflit, plusieurs infrastructures pétrolières et gazières de la région ont subi des dommages. Le redémarrage complet de ces sites devrait prendre plusieurs mois. Par ailleurs, le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation de pétrole et de gaz naturel liquéfié, est à l'arrêt quasi-total depuis fin février.

En conséquence, le baril de Brent s'est envolé, passant d'environ 73 dollars fin février, à environ 110 dollars à l'heure actuelle. Ces évolutions portent nécessairement les majors pétrolières. Leurs prix de marché grimpent en flèche alors que les coûts de production et d'extraction ne progressent pas énormément, l'industrie pétrolière restant une industrie de coûts fixes.

Les perspectives de Totalenergies

D'après un consensus cité par Royal Bank of Canada, les analystes tablaient sur un résultat net ajusté de 5,2 milliards de dollars et une génération de trésorerie opérationnelle hors variation du besoin en fonds de roulement de 8,5 milliards de dollars. Totalenergies a dépassé les attentes. Le groupe a par ailleurs généré un flux de trésorerie opérationnel hors variation du besoin en fonds de roulement de 8,6 milliards de dollars.

Fort de ces résultats, Totalenergies a décidé de distribuer un dividende de 90 centimes par action au titre du premier trimestre, en hausse de 5,9% sur un an (et sur un trimestre). Le groupe a également annoncé 1,5 milliard de dollars de rachats d'actions pour le deuxième trimestre, le maximum que s'accorde la major pétrolière dans l'environnement de marché actuel.

Et maintenant ?

La guerre en Iran pourrait avoir un impact de long terme à la hausse sur les prix de l'or noir. Il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit. Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d'Ormuz, les capacités de production de réserve et l'importance d'un approvisionnement pétrolier sûr.

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'impact à long terme de ce conflit sur les marchés pétroliers. Les investisseurs devront suivre de près les développements en Iran et leur impact sur les prix du pétrole.