Alors que le chanteur Patrick Bruel doit entamer une tournée de 35 dates en France à partir du 2 octobre 2026, la question de ses concerts divise les élus locaux. À Toulouse, où le maire Jean-Luc Moudenc ne s’oppose pas à sa venue le 4 novembre, cette position a suscité de vives réactions dans le paysage politique, comme le rapporte Le Figaro.
L’édile de centre droit a réaffirmé à plusieurs reprises son attachement à l’État de droit, refusant de se substituer à la justice. « On ne peut pas être attaché à l’état de droit que certains extrêmes remettent en cause et vouloir se substituer à la justice. Je ne suis pas procureur », a-t-il déclaré, selon nos confrères d’ICI Occitanie. Pour lui, Patrick Bruel doit d’abord être confronté aux accusations portées par les 32 femmes qui le mettent en cause, dont les voix doivent être entendues devant les tribunaux afin que toute la lumière soit faite sur les faits.
Ce qu'il faut retenir
- Le concert de Patrick Bruel est prévu à Toulouse le 4 novembre 2026 dans le cadre de sa tournée « Alors Regarde 35 ».
- Le maire Jean-Luc Moudenc, de centre droit, ne s’oppose pas à sa venue, invoquant le respect de l’État de droit et de la présomption d’innocence.
- Patrick Bruel est actuellement mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres affaires.
- Plusieurs maires d’autres villes, comme Chartres, Dijon, Strasbourg ou Amiens, ont déjà annoncé qu’ils ne souhaitaient pas l’accueillir, contrairement à Orléans.
- L’opposition, notamment à gauche et chez LFI, critique fermement la position de Moudenc, estimant qu’elle manque de considération pour les plaignantes.
Une position fondée sur l’État de droit, mais contestée
Jean-Luc Moudenc a rappelé à plusieurs reprises qu’il n’avait pas vocation à se substituer aux magistrats. « Lorsqu’un chanteur fait l’objet d’une condamnation, je demande à ce que le concert n’ait pas lieu. Si Patrick Bruel a des choses à décider, il doit les décider lui-même », a-t-il expliqué. Le lendemain, sur son compte X, il a réitéré : « Patrick Bruel doit être confronté aux accusations portées par les 32 femmes qui le mettent en cause, et dont la voix doit être entendue, devant la justice, afin que toute la lumière soit faite sur les faits. » Il a ajouté : « Je ne me substituerai pas à la Justice. »
Cette prise de position a provoqué une levée de boucliers parmi une partie des élus locaux. Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie et figure de l’opposition, a estimé sur TF1, dans l’émission Bonjour ! La Matinale, que « sur l’aspect moral, il faudrait au moins avoir une parole pour toutes ces femmes qui ont déposé plainte ». Quant à François Piquemal, député LFI, il a dénoncé sur X une position qui « heurte, blesse et indigne », appelant à tout mettre en œuvre pour lutter contre les violences sexuelles (VSS).
Des réactions politiques tranchées selon les villes
Contrairement à Toulouse, plusieurs maires ont choisi de s’opposer publiquement à la venue de Patrick Bruel dans leurs communes. À Chartres, le maire a annoncé que le chanteur n’y était pas le bienvenu, où sa tournée doit débuter le 2 octobre. À Dijon, Nathalie Koenders a jugé sa présence « inappropriée ». Strasbourg pourrait, elle, étudier les leviers juridiques pour empêcher le concert prévu le 21 novembre. À Amiens, Frédéric Fauvet a appelé le chanteur à renoncer à ses dates « le temps que la justice puisse travailler sereinement ». Seule la position d’Orléans, où Serge Grouard partage l’avis de Moudenc, va dans le sens d’un respect strict de la présomption d’innocence.
François Briançon et Hélène Cabanes, coprésidents du groupe Vivre mieux à Toulouse, ont également réagi par communiqué. « Le maire de Toulouse n’a pas à préjuger d’une décision de justice : Patrick Bruel bénéficie, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence. Mais la présomption d’innocence n’impose pas le silence politique », ont-ils souligné. Ils ont ensuite précisé : « Bruel à Toulouse : la position de Jean-Luc Moudenc heurte, blesse et indigne. Nous devons tout mettre en œuvre pour lutter contre les VSS. »
« Pour que personne ne déforme mes propos et ma position : je ne céderai à aucune pression et n’obéirai à aucune injonction de mes opposants politiques. Je n’irai pas à ce concert. Je n’invite personne à y aller. Patrick Bruel doit être confronté aux accusations portées par les 32 femmes qui le mettent en cause. » — Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse
Un dossier judiciaire complexe et des accusations multiples
Patrick Bruel est actuellement mis en examen dans quatre affaires distinctes de violences sexuelles et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres procédures. Le chanteur, qui clame son innocence, a annulé l’intégralité de ses concerts jusqu’en septembre 2026 après l’émergence de nombreux témoignages et plaintes le visant. Sa tournée « Alors Regarde 35 », prévue jusqu’au 21 novembre, marque donc son retour sur scène après cette pause forcée.
Ces mises en examen interviennent dans un contexte où la parole des victimes de violences sexuelles est de plus en plus écoutée en France. Plusieurs affaires similaires, impliquant des personnalités publiques, ont récemment été médiatisées, soulignant l’importance du débat autour de la présomption d’innocence et du rôle des élus dans la gestion de telles situations.
Cette affaire interroge plus largement la place de la morale publique dans l’action politique. Faut-il, en tant qu’élu, prendre position au-delà du cadre juridique ? La question reste ouverte, alors que les prochaines dates de la tournée approchent.
Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers distincts de violences sexuelles et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres affaires, selon les informations relayées par plusieurs médias dont Le Figaro.
Trente-deux femmes ont porté plainte ou témoigné à charge contre le chanteur, selon les déclarations de Jean-Luc Moudenc rapportées par Le Figaro.