Selon BFM Business, Franck Chaumes, président national de l’UMIH Restauration, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation désastreuse du tourisme en Gironde cet été. Malgré un retour encore timide des clients, il maintient un « espoir de sauver la saison » en lançant une campagne de communication multilingue pour contrer les idées reçues sur le département.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse de fréquentation touristique : entre -50 % et -80 % à Bordeaux, -30 % dans le Sauternais et -40 % dans le bassin d’Arcachon.
  • Cascade d’annulations dans les campings et hôtels, avec des « baisses catastrophiques » de chiffre d’affaires.
  • Une campagne de communication multilingue lancée pour rétablir l’image de la Gironde, souvent perçue comme un département dévasté.
  • Les mois de juillet et août représentent 80 % du chiffre d’affaires annuel pour les professionnels du secteur.
  • Soutien de l’État via l’activité partielle à zéro reste à charge et des discussions en cours pour un prêt incendie.

Des chiffres alarmants malgré la réouverture des établissements

La fréquentation touristique en Gironde s’effondre cette année, et ce même dans les zones épargnées par les incendies de 2025. Selon Franck Chaumes, interrogé ce vendredi par BFM Business, les pertes oscillent entre 50 % et 80 % à Bordeaux, tandis que le Sauternais affiche un recul de 30 % et le bassin d’Arcachon de 40 %. « Il y a eu une cascade d’annulations dans les campings et les hôtels, et on ne pourra pas rattraper ce qui a été perdu », a-t-il alerté, évoquant des « baisses catastrophiques de chiffre d’affaires ».

Pourtant, la réouverture progressive de nombreux établissements offre un maigre soulagement. « C’est un soulagement de pouvoir rouvrir, les clients sont de retour mais pas suffisamment, ça va revenir timidement », a-t-il confié. Malgré ce retour en demi-teinte, le président de l’UMIH craint que l’image d’un département « dévasté » ne dissuade durablement les visiteurs. « Il y a des gens qui ont peur », a-t-il souligné.

Une campagne pour rétablir l’image de la Gironde

Pour contrer cette perception, l’UMIH a lancé une campagne de communication intitulée « Ne nous abandonnez pas », déclinée en plusieurs langues. « Il y a eu de mauvaises informations, la Gironde est un gros département diversifié, il n’y a pas que les zones sinistrées », a insisté Franck Chaumes. Il cite notamment le Médoc, le Sauternais ou encore Bordeaux, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, comme des atouts majeurs du territoire.

« La Gironde, ce n’est pas que les incendies », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de restaurer la confiance des touristes internationaux. « On veut montrer que le département reste attractif, avec ses vignobles, ses plages et son patrimoine culturel. » La campagne vise à toucher un public large, y compris les clients européens et nord-américains, souvent les plus touchés par les annulations.

Un secteur sous pression et un soutien de l’État encore limité

Les professionnels du tourisme girondins traversent une période critique, alors que les mois de juillet et août représentent 80 % de leur chiffre d’affaires annuel. « L’angoisse est forte pour cette période », a reconnu Franck Chaumes. Malgré tout, il salue l’aide apportée par l’État, notamment via le dispositif d’activité partielle à zéro reste à charge pour les entreprises. « C’est une bouffée d’oxygène », a-t-il commenté.

Cependant, les discussions se poursuivent pour obtenir un prêt incendie destiné à couvrir les frais fixes des établissements endommagés indirectement par les feux. « Nous sommes toujours en discussion avec l’État pour sécuriser ces financements », a-t-il précisé. Pour l’instant, aucun montant n’a été officiellement annoncé, mais les professionnels espèrent une réponse rapide pour éviter des faillites en cascade.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité de la campagne de communication et la capacité des professionnels à relancer la fréquentation. Une reprise significative des réservations pourrait intervenir d’ici la fin août, mais cela dépendra largement de la météo et de l’évolution des craintes liées aux incendies. Une réunion est prévue avec les acteurs locaux et les autorités régionales d’ici la mi-août pour faire un point précis sur les aides disponibles.

Franck Chaumes a d’ores et déjà appelé les touristes à « ne pas abandonner la Gironde », rappelant que le département reste ouvert et prêt à les accueillir. « Nous faisons tout pour que cette saison ne soit pas un échec total », a-t-il conclu.

La campagne « Ne nous abandonnez pas » souligne la diversité du département avec ses vignobles (Médoc, Sauternais), ses plages du bassin d’Arcachon, et son patrimoine culturel comme Bordeaux, classée à l’Unesco. L’objectif est de montrer que la Gironde ne se résume pas aux zones touchées par les incendies.