Selon Le Figaro, le marché du tourisme long-courrier se redessine après une période de crise prolongée, marquée par l’instabilité au Moyen-Orient et les bouleversements politiques en Afrique. Les tour-opérateurs français observent une reprise inégale selon les destinations, certaines peinant à retrouver leur niveau d’avant-crise, tandis que d’autres bénéficient d’un regain d’intérêt.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tourisme long-courrier montre des signes de reprise, mais reste en dessous des niveaux de 2024.
  • La Tanzanie, pénalisée par des compagnies blacklistées et des troubles post-électoraux, amorce un redressement partiel.
  • Le Kenya et le Sénégal profitent d’un afflux de voyageurs français grâce à des tarifs compétitifs et des infrastructures améliorées.
  • L’Asie, notamment la Thaïlande et le Vietnam, pourrait rebondir rapidement une fois la stabilité géopolitique rétablie au Moyen-Orient.
  • Les Maldives, dépendantes des liaisons aériennes du Golfe, subissent une chute des réservations et attendent le retour de compagnies comme Air France.
  • Les professionnels du secteur soulignent l’importance de réserver via des intermédiaires pour sécuriser son voyage.

Un marché encore fragile malgré une accalmie au Moyen-Orient

D’après Patrice Caradec, président du Seto (Syndicat des Entreprises du Tour Operating), « on a arrêté de creuser le trou », une formule qui résume la situation actuelle du tourisme long-courrier. Selon Le Figaro, la fin des tensions majeures au Moyen-Orient a permis d’éviter un effondrement supplémentaire du secteur, sans pour autant restaurer l’équilibre d’avant-crise. « Le marché s’est remis en mouvement après une période particulièrement éprouvante », précise-t-il, tout en insistant sur la complexité persistante de la situation géopolitique.

Les opérateurs ont dû s’adapter en recomposant leurs programmes et en renforçant leurs dispositifs assurantiels. Une évolution nécessaire pour répondre aux craintes des voyageurs, notamment en matière de responsabilité civile et de couverture en cas de perturbation. Patrice Caradec souligne que cette organisation a permis d’éviter une dégradation supplémentaire, sans pour autant effacer les pertes enregistrées ces dernières années.

Tanzanie : un redressement progressif malgré des handicaps persistants

Parmi les destinations africaines, la Tanzanie reste l’une des plus touchées. Selon Le Figaro, le pays a subi de plein fouet les conséquences de plusieurs facteurs défavorables : l’inscription de compagnies aériennes locales sur la liste noire de l’Union européenne et les troubles survenus lors des élections présidentielles de fin 2025. « Les chiffres de 2025 étaient extrêmement mauvais », rappelle Patrice Caradec.

Pourtant, une lueur d’espoir apparaît : certaines compagnies tanzaniennes ont obtenu une certification offrant des garanties accrues aux voyagistes. Résultat, 90 % des opérateurs commercialisant la Tanzanie disposent désormais d’une couverture adaptée, contre seulement 20 % il y a quelques mois. Malgré ce progrès, les performances restent très inférieures à celles de 2024, même si « au moins, nous avons arrêté de creuser le trou », tempère le président du Seto. Le retour des touristes reste donc timide, mais la destination ne s’enfonce plus.

Kenya et Sénégal : deux destinations africaines en pleine ascension

Face à la Tanzanie, le Kenya et le Sénégal se distinguent par leur attractivité retrouvée. Selon Le Figaro, le Kenya séduit les voyageurs français par des tarifs plus abordables et une offre moins luxueuse, mais tout aussi qualitative. « C’est moins cher, c’est moins luxe », résume Patrice Caradec. La destination mise sur des circuits touristiques variés, alliant safaris, randonnées et séjours balnéaires, pour capter une partie du marché.

Le Sénégal, de son côté, bénéficie d’atouts structurels majeurs : un aéroport de Dakar pleinement opérationnel après des travaux d’envergure, des infrastructures modernisées, des plages réhabilitées et l’absence de décalage horaire avec la France. Patrice Caradec ajoute que l’allègement des conditions sanitaires d’entrée a également joué en faveur du pays. Autant d’éléments qui en font une destination prisée pour les voyageurs français en quête de dépaysement accessible.

Asie et Maldives : entre espoirs et défis persistants

Du côté de l’Asie, les perspectives s’éclaircissent progressivement. Selon Le Figaro, la Thaïlande, devenue une destination balnéaire plutôt que culturelle, pourrait rapidement retrouver son niveau de fréquentation habituel une fois la stabilité rétablie au Moyen-Orient. Patrice Caradec anticipe également un retour du Vietnam dans la dynamique touristique régionale, confirmant ainsi la reprise progressive du secteur.

Les Maldives, en revanche, incarnent l’une des principales victimes des perturbations aériennes liées aux conflits au Moyen-Orient. Très dépendante des compagnies du Golfe, la destination a enregistré une chute brutale des réservations après la fermeture de plusieurs liaisons. Les tour-opérateurs font état de « annulations massives dès le mois de mars » et d’un portefeuille de réservations réduit de moitié en quelques semaines. Le retour attendu de compagnies françaises, comme Air France, devrait néanmoins améliorer l’accessibilité de l’archipel dès l’hiver 2026-2027.

Les professionnels du voyage appellent à la prudence

Cette crise a mis en lumière l’importance de réserver son voyage via un professionnel. Selon Le Figaro, Patrice Caradec regrette la montée des réservations effectuées en direct, notamment vers la Thaïlande. « Ce n’est pas moins cher, et lorsqu’un incident survient, on se retrouve seul », avertit-il. Il rappelle les opérations de rapatriement organisées au printemps 2026, soulignant les risques encourus par les voyageurs ayant opté pour une réservation en ligne sans accompagnement.

Le président du Seto insiste sur les avantages des voyagistes : sécurité, garanties en cas d’annulation ou de problème, et accès à des assurances adaptées. Une position qui contraste avec les économies illusoires promises par certaines plateformes en ligne, souvent dépourvues de filets de sécurité en cas de crise.

Et maintenant ?

La reprise du tourisme long-courrier dépendra largement de l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Selon Patrice Caradec, les destinations asiatiques pourraient rebondir dès que les tensions se seront apaisées, tandis que les pays africains comme le Sénégal et le Kenya continueront de gagner des parts de marché grâce à leur accessibilité et leurs tarifs compétitifs. Pour les Maldives, le retour des compagnies européennes sera un test décisif : leur réintroduction sur les vols vers l’archipel pourrait relancer la fréquentation dès la prochaine haute saison. Reste à voir si les voyageurs, désormais plus prudents, privilégieront les réservations via des professionnels pour sécuriser leurs projets.

En attendant, le secteur reste en phase de reconstruction, avec une offre qui se recompose et des stratégies assurantielle renforcées. Une chose est sûre : après des années de turbulence, le tourisme long-courrier n’a pas retrouvé son souffle d’avant-crise, mais il a cessé de s’enfoncer.

Selon Le Figaro, la Tanzanie figure parmi les destinations africaines les plus affectées, en raison de la blacklist de ses compagnies aériennes par l’Union européenne et des troubles post-électoraux de fin 2025. Ces facteurs ont fortement dégradé son image et entraîné une chute drastique des réservations.

Les Maldives dépendent largement des compagnies aériennes du Golfe, dont les liaisons ont été perturbées par les conflits au Moyen-Orient. Cette dépendance a entraîné des annulations massives dès mars 2026 et une réduction de moitié des réservations en quelques semaines, selon les tour-opérateurs interrogés par Le Figaro.