Plus de **840 passagers** ont passé la nuit enfermés à bord de deux trains de la compagnie italienne Trenitalia, immobilisés pendant près de **16 heures** en Côte-d’Or, alors que les températures extérieures dépassaient les **30 °C**. Selon BFM Business, les incidents techniques et les problèmes d’infrastructure se sont accumulés, plongeant les voyageurs dans une situation particulièrement inconfortable.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux rames de Trenitalia — l’une en provenance de Lyon, l’autre de Milan — ont été bloquées en pleine nuit sur une portion non électrifiée de la ligne à grande vitesse Lyon-Paris.
  • Les passagers ont subi des températures élevées à bord, malgré les tentatives de climatisation, et dénoncent une communication jugée défaillante de la compagnie.
  • Le retard accumulé s’élève à **16 heures**, les trains n’atteignant Paris qu’aux alentours de **10 heures** samedi 31 mai.
  • Un problème technique lié à une sous-section de séparation entre deux tensions électriques différentes est pointé du doigt.
  • Trenitalia annonce un remboursement intégral des billets, mais les modalités restent en deçà des pratiques de la SNCF en cas de retards majeurs.

Une accumulation d’incidents techniques et organisationnels

Le premier dysfonctionnement remonte à **18 heures**, vendredi 30 mai, lorsque des problèmes de contrôle d’aiguillage sur la ligne à grande vitesse Lyon-Paris ont contraint les trains à emprunter la voie classique. Deux rames de Trenitalia — dont le train **6658** en provenance de Lyon — se sont retrouvées détournées, avant de se retrouver bloquées sur une portion de voie non électrifiée. Selon la maison mère de Trenitalia, FS, cette situation serait due à un « fonctionnement normal » de cette partie de ligne, une affirmation contestée par plusieurs spécialistes du ferroviaire.

Les techniciens sont finalement intervenus en début de matinée pour tenter de débloquer la situation. « Une équipe de techniciens est envoyée sur place, avec du matériel supplémentaire, pour réaliser le découplage des deux trains et une marche arrière », a expliqué Trenitalia. Pourtant, selon les témoignages des passagers, ces renforts seraient arrivés avec un retard important, aggravant la frustration des voyageurs.

Un enchaînement de dysfonctionnements pointé du doigt

Le cœur du problème semble résider dans une sous-section de séparation, une zone située entre deux tensions électriques différentes (25 000 et 1 500 volts). En temps normal, une rame doit franchir cette portion avec son pantographe baissé, puis le conducteur ajuste la tension avant de relever le pantographe pour capter à nouveau l’électricité. Cependant, dans le cas du train 6658, la rame n’avait pas assez d’élan en raison d’un dénivelé prononcé, ce qui l’a immobilisée dans une zone sans alimentation.

« Est-ce dû à une erreur humaine ? L’enquête de Trenitalia devra le déterminer », a indiqué un spécialiste du secteur, soulignant que cette zone est réputée délicate pour les conducteurs. Pour tenter de résoudre le blocage, les équipes ont envisagé de coupler la rame immobilisée avec un deuxième train arrivant de Milan (nº9296). Une opération qui a échoué en raison d’une fuite d’air, liée aux conditions difficiles de la ligne — forte pente et courbe serrée.

Des passagers confrontés à des conditions extrêmes

À bord des deux trains, les conditions ont rapidement tourné au cauchemar pour les voyageurs. Malgré les annonces rassurantes de Trenitalia — « les deux trains sont restés alimentés avec la climatisation active » —, plusieurs témoignages contredisent cette version. Ludovic Almeras, conseiller municipal à Vénissieux, a ainsi décrit un train « dans le noir, sans climatisation, en pleine vague de chaleur ». Une situation d’autant plus difficile que les températures extérieures dépassaient les **30 °C**.

La communication de la compagnie a également été vivement critiquée. Les passagers dénoncent des annonces contradictoires et un manque de transparence sur la situation réelle. « Plusieurs annonces à bord ont été réalisées à destination des voyageurs pour les informer de la situation », a indiqué Trenitalia, sans préciser si ces informations étaient suffisamment claires ou régulières.

Un remboursement intégral promis, mais des pratiques en deçà des standards français

Face à l’ampleur des critiques, Trenitalia a annoncé un remboursement intégral (100 %) des billets pour les passagers bloqués. Une mesure qui reste en retrait par rapport aux pratiques de la SNCF, qui peut aller jusqu’à **150 %** du prix du billet en cas de retards majeurs. Trenitalia a justifié cette décision par « l’importance de l’événement », mais n’a pas précisé si des indemnisations supplémentaires pourraient être envisagées.

Cet incident marque le premier d’une telle ampleur pour Trenitalia en France, où la compagnie italienne opère depuis plusieurs années. Si les causes exactes restent à établir — erreur technique, problème d’infrastructure ou défaillance humaine —, cet épisode interroge sur la fiabilité du réseau ferroviaire français et sur la gestion des situations d’urgence par les opérateurs étrangers.

Et maintenant ?

Trenitalia a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour déterminer les causes exactes de l’incident. Les résultats de cette investigation pourraient être rendus publics d’ici quelques semaines. Par ailleurs, la compagnie italienne pourrait revoir ses protocoles de communication et de gestion des situations de crise, en collaboration avec les gestionnaires d’infrastructure comme SNCF Réseau. La question reste également ouverte quant à l’indemnisation des passagers, certains d’entre eux envisageant de saisir les voies légales pour obtenir réparation.

Cet épisode rappelle enfin l’importance de la résilience du réseau ferroviaire français, alors que les épisodes de canicule risquent de se multiplier dans les années à venir. La capacité à gérer des situations de crise, notamment en période de fortes chaleurs, sera un enjeu clé pour les années à venir.

Des problèmes de contrôle d’aiguillage sur la ligne à grande vitesse Lyon-Paris ont contraint les trains à emprunter la voie classique, selon les explications de FS, la maison mère de Trenitalia France, rapportées par BFM Business.

Trenitalia a annoncé un remboursement intégral (100 %) des billets pour les passagers bloqués. En revanche, les pratiques de la SNCF prévoient jusqu’à 150 % du prix du billet en cas de retards majeurs.