Alors que les tensions persistent dans le golfe Persique, les États-Unis assurent que la trêve d’un mois conclue avec l’Iran reste en vigueur, malgré la reprise ponctuelle des combats et des échanges de tirs. Selon Euronews FR, Washington attend désormais la réponse de Téhéran à sa dernière proposition d’accord de cessez-le-feu, laquelle prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et l’abandon du programme nucléaire contesté par les Occidentaux.
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis affirment que la trêve d’un mois avec l’Iran tient toujours, malgré des incidents militaires récents.
- Washington a neutralisé deux pétroliers iraniens vendredi, accusés de tenter de forcer un blocus naval imposé par les États-Unis.
- Bahreïn a annoncé l’arrestation de 41 personnes liées aux Gardiens de la révolution iraniens, selon le ministère de l’Intérieur local.
- Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé les « aventures militaires » américaines et contesté l’évaluation des capacités de frappe de l’Iran par la CIA.
- Plusieurs pays, dont la Russie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, appellent à une solution diplomatique durable pour mettre fin au conflit.
Des incidents militaires remettent en question la stabilité de la trêve
La trêve en vigueur depuis un mois reste fragile, comme en témoignent les frappes américaines contre deux pétroliers iraniens vendredi. Ces attaques, menées par l’aviation américaine, visaient des navires que Washington accusait de tenter de contourner le blocus naval imposé aux ports iraniens. Le Commandement central américain a diffusé une vidéo montrant les impacts sur les cheminées des pétroliers, confirmant la neutralisation des navires. Quelques heures plus tôt, les forces américaines avaient également détruit le gouvernail d’un autre pétrolier iranien, accusé de tenter de forcer le blocus dans le détroit d’Ormuz.
Côté iranien, ces actions ont été perçues comme une violation de l’accord de trêve. Dans un message publié sur X, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fustigé « l’aventure militaire irresponsable » des États-Unis, ajoutant que son pays était prêt à reprendre les hostilités si nécessaire. Il a également contesté l’évaluation américaine des capacités de frappe de l’Iran, affirmant que le stock de missiles du pays dépassait désormais de 20 % son niveau du 28 février, et que la préparation défensive avait atteint les « 1 000 % ».
Bahreïn intensifie la répression des réseaux pro-iraniens
Dans un contexte de tensions régionales, Bahreïn a annoncé samedi l’arrestation de 41 personnes présentées comme membres d’un groupe affilié aux Gardiens de la révolution iraniens. Le ministère de l’Intérieur du petit royaume insulaire a précisé que les enquêtes se poursuivaient pour identifier d’autres individus liés à ce réseau. Depuis le début de la guerre entre l’Iran et les États-Unis le 28 février, Bahreïn a multiplié les arrestations de personnes soupçonnées de liens avec Téhéran.
Cette répression s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Bahreïn, dirigé par une monarchie sunnite, abrite la Ve flotte américaine, ce qui en fait un acteur clé dans le conflit. Des organisations de défense des droits humains accusent le royaume d’avoir instrumentalisé la guerre pour réprimer la contestation intérieure, majoritairement chiite.
La diplomatie internationale tente de désamorcer la crise
Face à l’escalade des tensions, plusieurs pays et organisations internationales multiplient les appels à la retenue. La Russie et l’Arabie saoudite ont appelé à la poursuite des efforts diplomatiques pour parvenir à un « accord durable et de long terme », selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères publié samedi. De leur côté, l’Égypte et le Qatar ont réaffirmé que la diplomatie était la seule voie possible pour résoudre le conflit, lors d’un entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a pour sa part indiqué que son pays était en contact permanent avec les États-Unis et l’Iran afin de prolonger le cessez-le-feu et parvenir à un accord de paix. Sharif a joué un rôle clé dans la facilitation des pourparlers directs entre Washington et Téhéran, qualifiant ces échanges de « jour et nuit ».
L’Iran mise sur la Chine pour reconstruire un cadre régional post-conflit
Alors que les négociations restent au point mort, l’Iran a réaffirmé son intention de s’appuyer sur le soutien de la Chine pour établir un « nouveau cadre régional d’après-guerre ». Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a déclaré que Téhéran comptait sur Pékin pour « soutenir la mise en place d’un cadre capable de concilier développement et sécurité » après le conflit. Cette déclaration s’inscrit dans la stratégie iranienne de diversification de ses alliances internationales, notamment face à l’hostilité des États-Unis et de leurs alliés.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Araghchi a également contesté les évaluations américaines concernant les capacités militaires de l’Iran, affirmant que les stocks de missiles et les capacités de lancement avaient dépassé de 20 % leur niveau du 28 février. « La CIA se trompe aussi », a-t-il déclaré, soulignant que la préparation défensive de l’Iran avait atteint un niveau inégalé.
La trêve actuelle reste donc sous haute tension. L’issue du conflit dépendra en grande partie de la capacité des deux camps à revenir à la table des négociations, ou à accepter une escalade militaire dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour la stabilité régionale.
Le principal point de blocage reste la réouverture du détroit d’Ormuz, que l’Iran a partiellement fermé en réponse aux sanctions américaines, et le programme nucléaire iranien, que Washington cherche à faire abandonner. Les États-Unis exigent également des garanties sur la sécurité de leurs alliés régionaux, notamment en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.