Une frappe aérienne israélienne a coûté la vie à trois membres d’une même famille, dont un nourrisson d’un an, dans la nuit de samedi à dimanche sur le camp de Nousseirat, au centre de la bande de Gaza, ont annoncé les secours locaux. Selon BMF - International, les victimes sont Mohammed Ibrahim Abou Malouh, son épouse Alaa Majdi Zaqlan, et leur fils Oussama Mohammed Abou Malouh. Les corps ont été recueillis à l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa de Deir el-Balah, où une dizaine de personnes ont également été blessées lors de cette attaque.
Ce qu'il faut retenir
- Trois Palestiniens, dont un nourrisson, ont été tués dans une frappe israélienne sur le camp de Nousseirat, au centre de Gaza.
- L’appartement de la famille Abou Malouh a été touché, selon l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa.
- Une dizaine de blessés sont à déplorer, selon les secours locaux sous l’autorité du Hamas.
- L’armée israélienne n’a pas encore réagi officiellement, mais affirme avoir détruit trois dépôts d’armes du Hamas en 24 heures.
- Depuis le cessez-le-feu du 10 octobre 2025, au moins 890 Palestiniens et cinq soldats israéliens ont été tués.
Une famille décimée en plein sommeil
Les circonstances de la frappe laissent peu de place au doute. Comme l’a expliqué Maram Abou Malouh, mère de Mohammed, « il dormait chez lui avec son épouse et leur fils quand un missile est tombé sur leur lit ». Cette déclaration, recueillie par l’AFP, décrit une scène tragique où une famille entière a été rayée de la carte en quelques secondes. À la morgue de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, des sacs mortuaires blancs et des proches en état de choc ont été observés par un correspondant de l’AFP. Autant dire que la violence de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes.
Le camp de Nousseirat, l’un des plus peuplés de la bande de Gaza, est régulièrement ciblé par des opérations militaires israéliennes. Selon la Défense civile, organisme dépendant du Hamas, la frappe de la nuit dernière a bien visé un immeuble résidentiel, et non une cible militaire. Côté israélien, aucune confirmation n’a été apportée pour l’instant, mais l’armée a indiqué avoir « frappé et démantelé trois dépôts d’armes du Hamas » dans la région au cours des dernières 24 heures.
Deir el-Balah également touchée, sans victime
Quelques heures après l’attaque sur Nousseirat, une nouvelle frappe israélienne a frappé Deir el-Balah, à l’aube. Cette fois, l’armée de l’air israélienne n’a fait aucune victime, selon la Défense civile. Pourtant, les dégâts matériels sont importants : un bâtiment a été quasi entièrement anéanti, et au moins un immeuble voisin a été endommagé. Ces frappes successives illustrent la tension persistante dans la région, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur il y a près de huit mois.
Un cessez-le-feu régulièrement violé
Le 10 octobre 2025, un accord de trêve avait été signé après deux années de conflit intense entre Israël et le Hamas. Pourtant, les deux camps s’accusent mutuellement de violer quasi quotidiennement les termes de cet accord. Selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, au moins 890 Palestiniens ont péri depuis cette date. Côté israélien, l’armée fait état de cinq soldats tués dans le même laps de temps. Ces bilans, bien que contestés par certains observateurs, restent les références les plus citées par les organisations internationales.
Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à Gaza compliquent la vérification indépendante des informations. L’AFP, comme d’autres agences, peine à couvrir librement les événements sur place, ce qui limite la transparence sur le nombre réel de victimes ou l’étendue des destructions.
Contexte : une escalade récurrente
La bande de Gaza, sous blocus depuis 2007, subit régulièrement des cycles de violences. Les frappes israéliennes répondent souvent à des roquettes tirées par le Hamas ou d’autres groupes armés. Pourtant, les attaques ciblant des civils, comme celle de la nuit dernière, soulèvent des questions sur la proportionnalité des réponses militaires. Les organisations de défense des droits de l’homme, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, dénoncent régulièrement les pertes civiles dans les opérations israéliennes, tout en condamnant les tirs de roquettes du Hamas.
Dans ce contexte, chaque incident, aussi tragique soit-il, alimente les tensions et rend le retour à une paix durable encore plus hypothétique. Les négociations, si elles existent, restent dans l’ombre, et les populations civiles paient le prix le plus lourd.
Les prochaines échéances à surveiller incluent la réponse israélienne à cette frappe, ainsi que les éventuelles réactions du Hamas. Le bilan humain, déjà lourd, pourrait s’alourdir si l’escalade se poursuit. Reste à voir si les appels au calme parviendront à inverser la tendance.
Israël justifie ses opérations par la nécessité de démanteler les infrastructures militaires du Hamas, qu’il accuse de violer régulièrement le cessez-le-feu en tirant des roquettes ou en stockant des armes. Selon l’armée israélienne, les frappes ciblent des dépôts d’armes ou des positions utilisées par les groupes armés, mais des civils sont parfois touchés, comme ce fut le cas dans la nuit de samedi à dimanche.
Les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, sont jugés fiables par l’ONU, malgré leur absence de vérification indépendante. L’ONU s’appuie sur ces données pour ses rapports, tout en soulignant les difficultés d’accès à Gaza pour les organismes internationaux. Certains pays et organisations remettent en cause ces bilans, estimant qu’ils pourraient être surévalués ou instrumentalisés.