Des traces de PFAS, ces polluants persistants qualifiés d’« éternels » en raison de leur quasi-indestructibilité, ont été détectées dans trois sources d’eau minérale en bouteille situées en Ardèche et dans la Loire. L’information a été confirmée ce vendredi 24 avril 2026 par la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois sources d’eau minérale en bouteille en Ardèche et dans la Loire présentent des taux de PFAS supérieurs aux seuils recommandés.
  • Ces substances, dites « éternelles » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont classées comme polluants organiques persistants.
  • L’information a été rendue publique par la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes le 24 avril 2026.
  • Les marques concernées n’ont pas encore été officiellement identifiées par les autorités.
  • Les autorités sanitaires examinent les risques potentiels pour les consommateurs.

Les trois sources contaminées sont réparties entre deux départements. Deux d’entre elles se trouvent en Ardèche, tandis que la troisième est située dans la Loire. Ouest France précise que ces résultats proviennent d’analyses réalisées dans le cadre d’un contrôle sanitaire renforcé sur les eaux minérales en bouteille. Aucun détail n’a été communiqué sur les niveaux de contamination observés, ni sur les éventuelles mesures d’urgence prises par les autorités.

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont des composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits industriels et grand public : emballages alimentaires, textiles imperméables, mousses anti-incendie ou encore ustensiles de cuisine antiadhésifs. Leur dangerosité tient à leur capacité à s’accumuler dans l’environnement et dans les organismes vivants, d’où leur surnom de « polluants éternels ». En France, leur présence dans les eaux destinées à la consommation humaine fait l’objet d’une surveillance accrue depuis plusieurs années.

Dans un communiqué, la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes a indiqué que les résultats des analyses avaient été transmis aux autorités sanitaires compétentes. « Les mesures nécessaires sont en cours pour évaluer l’impact potentiel sur la santé des consommateurs », a précisé un porte-parole de la préfecture. Aucune consigne de retrait des produits concernés n’a été annoncée à ce stade, mais les investigations se poursuivent pour déterminer l’origine exacte de la contamination.

« Les PFAS sont des substances particulièrement problématiques en raison de leur persistance dans l’environnement. Leur présence dans des sources d’eau minérale en bouteille soulève des questions sur l’efficacité des filtres industriels utilisés pour leur traitement. » — Un expert en pollution des eaux, cité par Ouest France.

Les marques d’eau minérale concernées n’ont pas encore réagi publiquement à cette annonce. Les eaux minérales en bouteille sont soumises à une réglementation stricte en matière de qualité sanitaire, mais les seuils maximaux autorisés pour les PFAS restent un sujet de débat parmi les scientifiques et les associations de défense de l’environnement. En 2023, l’Union européenne a proposé de renforcer les limites pour ces substances dans l’eau potable, mais ces règles ne sont pas encore entrées en vigueur.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient consister en une identification précise des marques et des sites de production concernés par la contamination. Une réunion des autorités sanitaires est prévue la semaine prochaine pour décider des éventuelles mesures à prendre, notamment un rappel des produits si nécessaire. Les consommateurs sont invités à consulter les sites des marques et des préfectures locales pour obtenir des informations actualisées.

Cette découverte soulève par ailleurs des interrogations sur la filière de l’eau minérale en bouteille en France. Faut-il revoir les normes de traitement et les contrôles en amont pour prévenir ce type de contamination ? Les associations environnementales appellent depuis longtemps à une meilleure régulation des PFAS, dont les effets sur la santé à long terme restent mal connus.

Reste à savoir si d’autres sources d’eau minérale en bouteille, ailleurs en France, pourraient être concernées par une contamination similaire. Les autorités ont annoncé qu’elles élargiraient prochainement le champ des analyses à d’autres régions.

Les PFAS sont associés à divers problèmes de santé, notamment des perturbations endocriniennes, des risques accrus de certains cancers et des effets sur le système immunitaire. Cependant, les niveaux de contamination détectés dans les sources d’eau minérale ne permettent pas, à ce stade, d’évaluer précisément les risques encourus par les consommateurs.