Selon Futura Sciences, certains troubles du sommeil, longtemps considérés comme de simples gênes nocturnes ou diurnes, pourraient en réalité constituer des signaux d’alerte pour la santé cardiovasculaire. Une étude présentée lors du congrès SLEEP 2026, organisé par les Associated Professional Sleep Societies, met en lumière le lien entre deux symptômes fréquents – la somnolence diurne excessive et les difficultés prolongées à s’endormir – et un risque accru d’hypertension artérielle.
Ce qu'il faut retenir
- Une somnolence diurne excessive est associée à un risque 52 % plus élevé d’être déjà hypertendu et 74 % plus élevé de développer une hypertension au cours des années suivantes.
- Les personnes mettant plus de 30 minutes à s’endormir voient ce risque multiplié par plus de trois si elles souffrent également de somnolence diurne.
- L’étude a porté sur 1 741 adultes, dont 786 suivis pendant 7,5 ans en moyenne, avec un enregistrement polysomnographique de huit heures.
- Ce profil pourrait correspondre à un état d’hyperéveil, où l’organisme reste anormalement en alerte malgré le besoin de dormir.
- Les résultats doivent encore être confirmés par une publication complète dans une revue à comité de lecture.
Une étude qui interroge le lien entre sommeil et santé cardiovasculaire
Les troubles du sommeil ne se limitent pas à une gêne passagère. Selon Futura Sciences, ils pourraient en réalité révéler des problèmes de santé plus graves. Une étude présentée lors du congrès SLEEP 2026, organisé chaque année par les Associated Professional Sleep Societies, a examiné l’impact de deux symptômes courants : la somnolence diurne excessive et la difficulté à s’endormir. Ces deux indicateurs, souvent banalisés, pourraient en fait masquer un risque cardiovasculaire accru.
Les chercheurs ont analysé les données de 1 741 adultes, dont 786 participants sans hypertension au départ. Ces derniers ont été suivis en moyenne pendant 7,5 ans, avec un enregistrement polysomnographique de huit heures pour évaluer la qualité de leur sommeil. L’objectif ? Déterminer si certains profils de dormeurs présentaient un risque particulier d’hypertension.
La somnolence diurne, un marqueur sous-estimé de l’hypertension
Parmi les symptômes étudiés, la somnolence diurne excessive s’est révélée particulièrement préoccupante. Définie comme une envie importante de dormir dans la journée ou des accès de sommeil difficiles à contrôler, elle touche une part significative de la population. Selon l’enquête 2026 de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), 35 % des Français déclarent souffrir d’hypersomnolence. Cette proportion atteint même 46 % chez les moins de 35 ans et 61 % chez les travailleurs de nuit.
Les résultats de l’étude sont sans équivoque. Les participants présentant une somnolence diurne excessive avaient un risque 52 % plus élevé d’être déjà hypertendus et un risque 74 % plus élevé de développer une hypertension au cours du suivi, comparés à ceux qui ne souffraient pas de ce symptôme. Ces chiffres soulignent l’importance de ne pas ignorer une fatigue persistante dans la journée.
L’association de deux symptômes, un signal d’alerte multiplié
Les chercheurs se sont également intéressés au temps nécessaire pour s’endormir. Une latence d’endormissement de plus de 30 minutes a été considérée comme un indicateur de difficultés majeures à trouver le sommeil. Lorsque ce symptôme est combiné à la somnolence diurne, le risque d’hypertension devient particulièrement élevé.
Selon l’étude, les personnes souffrant à la fois de somnolence excessive en journée et de difficultés à s’endormir en moins de 30 minutes présentaient un risque plus que doublé d’être déjà hypertendues. Ce risque était même plus de trois fois supérieur de développer une hypertension dans les années suivantes. « Les adultes souffrant d'une somnolence diurne excessive et d'une latence d'endormissement prolongée semblent constituer un sous-groupe distinct présentant un risque cardiovasculaire significativement plus élevé », a déclaré le Dr Alexandros Vgontzas, auteur principal de l’étude et professeur de psychiatrie au Penn State College of Medicine.
Un profil à risque : l’hyperéveil, une piste à explorer
Les auteurs de l’étude suggèrent que ce profil particulier pourrait correspondre à un état d’hyperéveil. Ce terme désigne un état où l’organisme reste anormalement en alerte malgré le besoin de dormir. Ce phénomène pourrait expliquer pourquoi certaines personnes, même après une nuit complète, ne se sentent pas reposées et souffrent de somnolence diurne.
« La reconnaissance de ce phénotype pourrait permettre un diagnostic clinique plus précis et des approches thérapeutiques ciblées », ont écrit les chercheurs dans leur rapport. Cette hypothèse ouvre la voie à de nouvelles pistes pour mieux comprendre et traiter les troubles du sommeil liés à des risques cardiovasculaires.
« Les adultes souffrant d'une somnolence diurne excessive et d'une latence d'endormissement prolongée semblent constituer un sous-groupe distinct présentant un risque cardiovasculaire significativement plus élevé. »
— Dr Alexandros Vgontzas, auteur principal de l’étude
Un enjeu de santé publique
L’hypertension artérielle touche près d’un tiers des adultes en France, un chiffre qui pourrait encore augmenter avec le vieillissement de la population. Or, cette pathologie reste souvent silencieuse et sous-diagnostiquée. Une meilleure reconnaissance des symptômes liés au sommeil pourrait permettre une détection précoce et, par conséquent, une prise en charge plus efficace des patients à risque.
Les chercheurs soulignent également l’importance de prendre en compte d’autres facteurs de risque, tels que l’âge, le poids, le tabagisme, le diabète ou encore la consommation d’alcool ou de caféine. Même après ajustement de ces variables, l’association entre troubles du sommeil et hypertension persistait, confirmant la pertinence de cette piste de recherche.
Il est conseillé de consulter un médecin, idéalement un spécialiste du sommeil. Celui-ci pourra évaluer la gravité de vos symptômes et vous proposer des examens, comme une polysomnographie, pour identifier d’éventuels troubles sous-jacents. Une prise en charge précoce pourrait permettre de réduire les risques cardiovasculaires associés.