Depuis le début du conflit avec l’Iran en mars 2026, le président américain Donald Trump alterne entre menaces militaires et annonces d’accords, rendant sa parole de plus en plus inaudible sur la scène internationale. Selon Le Figaro, cette stratégie en dents de scie a vidé de leur substance les ultimatums comme les promesses de bombardements ou de négociations, laissant les observateurs sceptiques sur la capacité réelle de Washington à influencer le cours des événements.

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le début de la guerre en mars 2026, Donald Trump a formulé 38 promesses d’accord avec l’Iran en trois mois et demi, selon Le Figaro.
  • L’escalade militaire annoncée à plusieurs reprises a chaque fois été suspendue, notamment en début de semaine avec la promesse de frappes « très dures » contre l’Iran, avant un revirement en quelques heures.
  • Les négociations, bien qu’entrouvertes, n’ont pas abouti à ce jour, et les échanges de tirs sporadiques se poursuivent malgré les annonces présidentielles.
  • Les relations entre Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se sont fortement dégradées, au point que le président américain aurait qualifié son allié de « complètement fou » lors d’un échange téléphonique.

Une stratégie militaire et diplomatique en dents de scie

Jeudi 12 juin, dans la matinée, l’imminence d’un nouveau cycle d’escalade semblait inévitable. Donald Trump avait annoncé pour la soirée une série de frappes aériennes « très dures » contre l’Iran, accompagnées d’une extension des opérations militaires au sol. L’île de Kharg, stratégique pour le trafic pétrolier, devait notamment faire l’objet d’un débarquement prochain. Pourtant, en milieu de journée, le président américain a opéré un revirement complet en suspendant les frappes prévues, évoquant la possibilité d’un accord avec Téhéran dès le week-end.

Côté iranien, aucune confirmation n’a été apportée, mais les négociateurs ont laissé entendre que cette fois, les discussions pourraient enfin aboutir. Pourtant, l’optimisme reste mesuré. « Même si un accord est signé, il sera accueilli avec plus de soulagement que d’espoir », note Le Figaro, rappelant que les résolutions rapides de ce conflit, présenté comme une campagne éclair, ont été trop souvent annoncées par le passé.

L’effet d’usure des annonces présidentielles

Plus de trois mois après le déclenchement des hostilités, le conflit s’est figé dans une forme de quasi-guerre, marquée par des échanges de tirs intermittents. Les menaces de Trump, suivies de leur suspension systématique, ont contribué à éroder leur impact. Les observateurs soulignent que la crédibilité de la parole américaine s’est progressivement affaiblie, au point que chaque nouvelle annonce est désormais accueillie avec une prudence teintée de scepticisme.

Cette situation a aussi révélé des tensions au sein même de l’administration Trump. Selon le site Axios, rapporté par Le Figaro, le président aurait tenu des propos particulièrement vifs à l’encontre de Benyamin Netanyahou lors d’un échange téléphonique récent. « Complètement fou », aurait-il lancé au Premier ministre israélien, illustrant la dégradation des relations entre les deux alliés traditionnels.

Un contexte géopolitique en ébullition

Les déclarations de Trump s’inscrivent dans un paysage régional déjà très tendu. La Turquie, par exemple, a réaffirmé sa fermeté face à toute atteinte aux droits de ses ressortissants ou de ceux des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale. « Je veux qu’il soit bien clair que notre réponse sera très nette et très ferme », a déclaré le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdoğan, sans davantage de précisions.

Parallèlement, la position de Trump auprès de l’opinion publique américaine semble également se fragiliser. Lors d’un meeting à New York lundi, le président a été accueilli par des huées bruyantes lors de l’hymne national. « C’était surtout des encouragements », a-t-il rétorqué, minimisant l’incident. Pourtant, ce signe d’opposition croissante pourrait affaiblir davantage sa capacité à mobiliser le soutien nécessaire pour une politique extérieure aussi instable.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si l’annonce d’un accord imminent se concrétise. Si aucun texte n’est signé d’ici dimanche, la pression pour une escalade militaire pourrait resurgir, surtout si les négociations achoppent une fois de plus sur des points de désaccord persistants. D’ici là, les observateurs restent attentifs aux signaux envoyés par Téhéran et aux réactions des autres acteurs régionaux, comme la Turquie ou Israël, dont les positions pourraient influencer le cours des événements.

Quoi qu’il en soit, l’incapacité à stabiliser une ligne claire depuis le début du conflit interroge sur la capacité de l’administration Trump à gérer une crise d’une telle ampleur sans perdre en cohérence. Les prochains jours diront si cette fois, les promesses se transformeront enfin en actes concrets.

Les promesses d’accord se sont multipliées depuis mars 2026, mais aucune n’a abouti à ce jour. Les observateurs soulignent que chaque revirement ou suspension des frappes militaires a affaibli la crédibilité des déclarations présidentielles, rendant les annonces récentes difficiles à prendre au sérieux sans preuve concrète.