À la veille du sommet de l’Otan qui se tiendra à Ankara, la Turquie est le théâtre d’une nouvelle vague d’arrestations, selon Le Figaro. Les autorités ont procédé depuis deux semaines à des dizaines d’arrestations à travers le pays, ciblant avocats, opposants politiques, étudiants, militants écologiques et journalistes. Cette vague d’arrestations intervient alors que la capitale turque se prépare à accueillir les dirigeants des 32 pays membres de l’Alliance atlantique, dont le président américain Donald Trump.

Ce qu'il faut retenir

  • Des dizaines d’arrestations ont eu lieu à travers la Turquie depuis deux semaines.
  • Les cibles incluent des avocats, des opposants politiques, des étudiants, des militants écologiques et des journalistes.
  • Le sommet de l’Otan se tiendra à Ankara, avec la participation de dirigeants de 32 pays membres, dont le président américain Donald Trump.

Les arrestations

Dimanche, la rédactrice en chef responsable des affaires internationales de T24, Buse Sögütlü, et la journaliste de Odav TV, Ceren Erdogdu, ont été interpellées à leur domicile et placées en garde à vue pour des raisons non précisées, selon leurs chaînes de télévision respectives. L’avocat de Mme Sögütlü, Erman Ozturk, a indiqué à l’AFP ignorer les motifs de son arrestation, mais pense que cela est en relation avec le sommet de l’Otan.

Des opérations simultanées ont été conduites à Istanbul, dans la ville proche de Kocaeli, ainsi qu’à Izmir, visant une quinzaine de personnes, dont la présidente de la section d’Istanbul de l’Association des juristes contemporains, Ezgi Önalan, qui a été placée en garde à vue. L’association, régulièrement ciblée par les autorités, avait déjà signalé l’arrestation de deux de ses membres fin juin.

Les réactions

Le responsable de Reporters sans Frontières (RSF) en Turquie, Erol Önderoglu, a dénoncé des «opérations aveugles, arbitraires et désordonnées lancées avant le sommet de l’Otan qui menacent clairement la réputation et la sécurité des journalistes». De nombreux organes de presse et journalistes turcs se sont vus privés d’accréditation de la part de l’organisation.

Kemal Kilidçaroglu, responsable contesté du parti CHP, a écrit sur X que «ce n’est pas l’existence de manifestations qui nuit à la réputation d’un pays, mais plutôt la répression du droit à manifester démocratiquement». Les soutiens du maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, ont appelé à ne pas oublier l’édile emprisonné depuis mars 2025 et en procès pour «corruption» et «espionnage».

Et maintenant ?

Le sommet de l’Otan se tiendra mardi et mercredi, avec la participation de dirigeants de 32 pays membres. Les autorités turques ont interdit toute manifestation jusqu’à la fin du sommet. Les prochaines étapes et les conséquences de ces arrestations restent à voir, mais il est clair que la situation en Turquie reste tendue.

Le gouvernorat d’Ankara a par ailleurs interdit toute manifestation jusqu’à la fin du sommet de l’Alliance atlantique. Malgré tout, dix-neuf manifestants membres du Parti communiste de Turquie qui manifestaient contre le sommet ont été arrêtés à Ankara, a annoncé le parti.