Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sollicité officiellement les États-Unis pour obtenir davantage de missiles Patriot PAC-3, considérés comme l’un des seuls moyens capables d’intercepter les missiles balistiques russes, alors que Moscou multiplie les frappes massives contre l’Ukraine. Dans une lettre adressée à son homologue américain Donald Trump et consultée par l’AFP, Zelensky a plaidé pour une accélération des livraisons de ces systèmes de défense aérienne, jugés « vitaux » pour contrer la « terreur russe ». Selon BFM Business, cette demande intervient deux jours après une attaque russe particulièrement dévastatrice, qui a mobilisé près de 600 drones, 35 missiles balistiques et une cinquantaine de missiles de croisière — l’une des plus intenses depuis le début de l’invasion en février 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Volodymyr Zelensky a adressé une lettre à Donald Trump le 20 mai 2026 pour demander une augmentation des livraisons de missiles Patriot PAC-3 à l’Ukraine.
- L’attaque russe du 18 mai 2026 a impliqué 600 drones, 35 missiles balistiques et 50 missiles de croisière, selon les autorités ukrainiennes.
- Les missiles Patriot sont présentés par Kiev comme les seuls capables d’abattre les missiles balistiques russes, « dernier avantage majeur » selon Zelensky.
- L’Ukraine affirme détruire 90 % des drones de longue portée et une partie des missiles de croisière grâce à ses propres systèmes.
- Les livraisons de missiles Patriot, financées via le programme PURL, sont actuellement ralenties en raison de la demande accrue en défense aérienne.
Une demande formulée dans un contexte d’escalade des attaques russes
Dans sa missive, Volodymyr Zelensky a souligné que les missiles balistiques russes restent « le dernier avantage majeur sur le champ de bataille » pour Vladimir Poutine. Selon lui, les Patriots PAC-3 constituent la seule solution viable pour contrer cette menace. « Nous comprenons que les États-Unis assument la responsabilité de leur propre défense et de celle de leurs alliés », a-t-il écrit. « Cependant, après tout ce que nous avons traversé ensemble, n’avons-nous pas gagné notre place parmi vos alliés ? » — une phrase qui résume l’urgence perçue par Kiev. Ces systèmes, déjà déployés en Ukraine, sont financés par les pays partenaires via le programme d’urgence pour la livraison de ressources militaires (PURL), mais leur approvisionnement se heurte à des contraintes logistiques et industrielles.
Selon BFM Business, l’intensification des frappes russes a coïncidé avec une pénurie croissante de missiles Patriot, aggravée par la guerre au Moyen-Orient. Les alliés des États-Unis dans la région, comme l’Arabie saoudite ou Israël, ont massivement utilisé leurs stocks de défense aérienne pour protéger leurs infrastructures, créant une pression supplémentaire sur les chaînes d’approvisionnement. Parallèlement, les succès ukrainiens dans la guerre des drones — notamment contre des systèmes iraniens similaires à ceux ciblant le Golfe — ont attiré l’attention des États riches de la région, qui cherchent désormais à se doter de technologies comparables.
Une logistique militaire sous tension
Un haut responsable de la présidence ukrainienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé à BFM Business la difficulté à se procurer des missiles Patriot en quantité suffisante. « En ce moment, il est tout simplement difficile de trouver des missiles, quand il y a tant d’autres commandes dans le Golfe et ailleurs », a-t-il expliqué. « Et les livraisons via PURL ont également ralenti. » Cette situation illustre les défis auxquels font face les alliés occidentaux de l’Ukraine, pris entre les besoins immédiats de Kiev et les priorités stratégiques de Washington, notamment dans un contexte électoral américain où la question de l’aide militaire à l’Ukraine reste sensible.
Les Patriots, fabriqués par l’américain Raytheon, sont des systèmes de défense aérienne mobiles capables d’intercepter une large gamme de projectiles, des drones aux missiles balistiques. Leur efficacité est reconnue par les forces ukrainiennes, qui en ont fait l’un de leurs piliers pour protéger les villes et les infrastructures critiques. Pourtant, malgré leur rôle clé, leur approvisionnement reste irrégulier, en partie à cause des délais de production et des priorités concurrentes des États-Unis. Le programme PURL, lancé en 2023 pour financer rapidement les besoins ukrainiens, a permis de contourner partiellement ces retards, mais ne suffit plus face à l’ampleur des attaques russes.
Les Patriots, un atout stratégique dans la guerre des missiles
Pour Kiev, la possession de missiles Patriot est devenue une priorité absolue. Selon les services de renseignement ukrainiens, Moscou dispose d’une réserve limitée de missiles balistiques, mais leur impact sur les infrastructures et la population civile reste dévastateur. « Les Patriots PAC-3 sont les seuls à pouvoir intercepter ces missiles à haute vitesse », a rappelé un expert en armement sous anonymat. « Les autres systèmes ukrainiens, comme les S-300 ou les Buk, sont moins adaptés à cette mission. » L’Ukraine a développé des capacités locales pour contrer les drones et les missiles de croisière, mais la menace balistique reste un point faible exploité par Moscou pour maintenir la pression sur le front et les villes.
Dans sa lettre, Zelensky a également souligné que les Patriots permettraient de réduire la « terreur russe », en référence aux frappes répétées contre les centres urbains comme Kiev ou Kharkiv. Ces attaques, souvent menées avec des missiles Iskander ou Kinjal, visent à épuiser les défenses ukrainiennes et à saper le moral de la population. La dernière vague du 18 mai a d’ailleurs causé des dégâts considérables, notamment dans des infrastructures énergétiques et des zones résidentielles, selon les autorités locales.
Quelles perspectives pour les livraisons futures ?
La réponse de Donald Trump à cette demande reste incertaine. L’ancien président, qui brigue un second mandat, a jusqu’ici adopté une position ambivalente sur l’aide à l’Ukraine, oscillant entre soutien militaire et réticence à prolonger un conflit coûteux. Les prochaines semaines pourraient être décisives : le Congrès américain doit examiner en juin 2026 un nouveau paquet d’aide militaire, dont une partie est destinée au financement des Patriots. BFM Business indique qu’une décision rapide serait nécessaire pour éviter une aggravation de la crise logistique.
Côté ukrainien, les espoirs reposent sur deux leviers : d’une part, une augmentation des commandes américaines, et d’autre part, une accélération des productions européennes. Plusieurs pays membres de l’OTAN, comme l’Allemagne ou la Pologne, ont déjà commencé à livrer des systèmes similaires, mais leur nombre reste insuffisant. « La guerre ne s’arrêtera pas tant que nous n’aurons pas ces intercepteurs », a averti un responsable ukrainien. « Chaque jour compte. »
Pour l’heure, les observateurs s’interrogent sur la capacité de la communauté internationale à maintenir son soutien à l’Ukraine, alors que d’autres crises — comme celle au Moyen-Orient ou les tensions en Asie — mobilisent l’attention des grandes puissances. Une chose est sûre : sans une augmentation significative des livraisons de Patriots, la capacité de Kiev à résister aux offensives russes pourrait être durablement affaiblie.
Les missiles Patriot sont des systèmes de défense aérienne mobiles conçus pour intercepter une large gamme de projectiles, des drones aux missiles balistiques. Pour l’Ukraine, ils représentent le seul moyen efficace de contrer les missiles balistiques russes, comme les Iskander ou les Kinjal, qui causent des dégâts massifs dans les zones urbaines. Leur efficacité contre les drones et missiles de croisière est moindre, mais reste significative.
Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement. D’abord, la demande mondiale en systèmes de défense aérienne a explosé, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient et des tensions en Asie. Ensuite, les chaînes de production américaines, comme celles de Raytheon, peinent à suivre le rythme. Enfin, le programme PURL, bien qu’efficace, ne suffit pas à combler les besoins ukrainiens en raison des volumes requis.