Un couple résidant à Ramatuelle, dans le Var, a perdu **1,5 million d’euros** en cryptomonnaies lors d’une vente immobilière frauduleuse, selon Cryptoast. L’opération, qui s’inscrit dans un mode opératoire désormais classique appelé « rip deal », a abouti à l’interpellation et à la mise en examen d’une mère et de son fils, spécialisés dans ce type d’escroquerie. L’enquête, menée par la gendarmerie, a permis de démanteler ce réseau après plus d’un an de traque.

Ce qu'il faut retenir

  • Un couple de Ramatuelle a été victime d’une arnaque de **1,5 million d’euros** en cryptomonnaies lors de la vente de sa villa estimée à **10 millions d’euros**.
  • Les escrocs, une mère et son fils domiciliés en région parisienne, ont utilisé un faux acheteur italien pour piéger leurs victimes.
  • Le vol a été réalisé après avoir obtenu les clés privées du portefeuille crypto du couple, grâce à des caméras dissimulées dans des lunettes.
  • Les deux mis en cause, qui nient les faits, ont été placés sous contrôle judiciaire et doivent comparaître le **1er septembre 2026** devant le tribunal correctionnel de Draguignan.
  • La justice a saisi trois biens immobiliers sur la Côte d’Azur, d’une valeur totale de **1,9 million d’euros**.

Une vente immobilière transformée en piège financier

Au printemps 2025, un couple aisé de Ramatuelle décide de vendre sa villa, estimée à **10 millions d’euros**, sur le marché immobilier. L’opportunité attire rapidement l’attention d’une mère et de son fils, se présentant comme des intermédiaires pour un riche client italien. Leur objectif ? Convaincre les vendeurs d’accepter une offre supérieure à la valeur du marché, en échange d’une garantie de frais de vente de **1,5 million d’euros**, à bloquer sous forme de cryptomonnaies. « Ils ont monté une opération d’envergure pour gagner leur confiance », explique un officier de la gendarmerie de Gassin-Saint-Tropez, cité par Nice-Matin.

Pour finaliser l’opération, les escrocs organisent un rendez-vous à Milan, où ils invitent le couple à signer les documents. C’est lors de ce second échange que les criminels passent à l’action. Grâce à des caméras intégrées dans des lunettes et en détournant l’attention des victimes, ils parviennent à s’emparer des clés privées du portefeuille crypto. Le **1,5 million d’euros** est ainsi transféré instantanément et irréversiblement. « Les arnaqueurs ont disparu dans la nature avec les fonds, profitant de l’anonymat relatif des cryptomonnaies », précise l’enquête.

Un mode opératoire rodé et une traque de plus d’un an

Cette affaire illustre une fois de plus la vulnérabilité des particuliers face aux escroqueries ciblant les transactions immobilières. Le « rip deal », ou fausse vente, est une technique désormais bien connue des forces de l’ordre. Les escrocs utilisent de fausses identités, des faux acheteurs et des mises en scène élaborées pour tromper leurs victimes. « Leur expérience et leur organisation rendent les enquêtes particulièrement complexes », souligne un gendarme impliqué dans l’affaire.

Malgré ces difficultés, les enquêteurs de la compagnie de Gassin-Saint-Tropez ont réussi à remonter la piste des criminels. Après plus de **douze mois** d’investigations, ils identifient et interpellent les deux suspects, domiciliés en région parisienne. Ces derniers, spécialisés dans ce type d’escroquerie, sont rapidement placés en garde à vue. Lors de leur audition, ils nient catégoriquement les faits reprochés. Leur procès est prévu pour le **1er septembre 2026** devant le tribunal correctionnel de Draguignan, où ils risquent des peines lourdes pour escroquerie en bande organisée.

Des biens immobiliers saisis pour couvrir partiellement les pertes

Alors que les victimes n’ont pas encore récupéré leur argent, la justice a pris des mesures conservatoires. Trois biens immobiliers situés sur la Côte d’Azur, d’une valeur totale de **1,9 million d’euros**, ont été saisis. Cette saisie permettra, en partie, de couvrir les pertes subies par le couple. « Cette mesure vise à garantir que les victimes pourront, au moins partiellement, être indemnisées », explique un magistrat du parquet de Draguignan.

L’affaire rappelle l’importance de la prudence dans les transactions immobilières, surtout lorsqu’elles impliquent des transferts de fonds sous forme de cryptomonnaies. Les autorités rappellent que, malgré leur traçabilité théorique grâce à la blockchain, les cryptomonnaies restent un outil prisé des criminels pour leur anonymat relatif et la rapidité des transferts. « La prudence est de mise, et il est essentiel de vérifier l’identité des intermédiaires et la légitimité des offres », conseille un expert en cybersécurité interrogé par Cryptoast.

Et maintenant ?

Le procès des deux escrocs, prévu pour le **1er septembre 2026**, pourrait apporter de nouvelles réponses sur leur mode opératoire et leurs éventuels complices. En attendant, les victimes pourraient se voir attribuer une indemnisation partielle grâce aux biens saisis. Cette affaire pourrait également inciter les autorités à renforcer les contrôles sur les transactions immobilières impliquant des cryptomonnaies, afin d’éviter de nouveaux drames financiers.

Si cette arnaque met en lumière les risques liés aux cryptomonnaies, elle souligne aussi l’importance de la vigilance dans les transactions immobilières, où les montants en jeu justifient une méfiance accrue. Les particuliers et les professionnels du secteur sont désormais appelés à redoubler de prudence face à des offres trop belles pour être vraies.

Pour limiter les risques, il est conseillé de ne jamais verser d’argent en cryptomonnaies avant d’avoir vérifié l’identité de l’acheteur et la légitimité de l’offre. Utiliser des plateformes de paiement sécurisées et exiger des documents officiels peut également réduire les risques. En cas de doute, consulter un notaire ou un avocat spécialisé est fortement recommandé.

Oui, grâce à la blockchain, les transactions en cryptomonnaies sont traçables. Cependant, leur anonymat relatif et la possibilité de transférer rapidement des fonds rendent leur récupération complexe. Les autorités peuvent remonter les transactions, mais cela nécessite des enquêtes techniques approfondies et une coopération internationale.