Le réalisateur Valentin Paoli signe un premier long métrage documentaire intitulé « La baleine et le musicien », sorti en salles le 17 juin 2026, qui plonge le spectateur dans une aventure scientifique et artistique inédite. D’après Franceinfo - Culture, ce film retrace le projet de l’artiste électronique français Rone — de son vrai nom Erwan Castex — visant à établir un dialogue avec les baleines à bosse grâce à des compositions musicales spécialement conçues.

Ce qu'il faut retenir

  • Le documentaire « La baleine et le musicien », réalisé par Valentin Paoli, est sorti en salles le 17 juin 2026 ;
  • Le projet mené par Rone (Erwan Castex) visait à communiquer avec des baleines à bosse via la musique électronique, encadré par des scientifiques à La Réunion ;
  • Un extrait du film montre la maîtrise de Radio France imitant le chant des baleines, captivant les jeunes journalistes en herbe de franceinfo junior ;
  • Le nouvel album de Rone, « Megaptera », est sorti en numérique, CD et vinyle le 12 juin 2026.

Tout commence par une vidéo reçue par Rone : un marin en mer lui envoie un enregistrement où l’on entend sa musique diffusée depuis un bateau, suivie de l’apparition de baleines. Ces dernières semblent réagir à ses compositions. C’est ce déclic, selon le musicien cité dans le documentaire, qui a inspiré ce projet ambitieux. Valentin Paoli, réalisateur du film, a choisi de mêler science, musique et poésie pour raconter cette expédition hors du commun, menée à La Réunion avec l’appui de chercheurs.

Le film s’articule autour de l’idée d’un « dialogue » entre l’être humain et les cétacés. Pour Rone, l’enjeu n’était pas seulement de créer une expérience artistique, mais de montrer que l’humanité peut générer de la beauté — contrairement aux bruits industriels souvent associés aux océans. « On ne peut pas dire qu’on a parlé aux baleines, ce n’était pas l’objectif », explique-t-il dans une séquence du documentaire. « Par contre, on était ravis de leur montrer que l’être humain sait faire autre chose que des bruits de bateaux, des sonars militaires ou des explosions sous-marines. On sait créer de la beauté. »

Une aventure scientifique et musicale encadrée

L’expérience, filmée par Valentin Paoli, s’est déroulée sous le contrôle de scientifiques spécialisés dans l’étude des cétacés. Ceux-ci ont alerté l’équipe sur les risques potentiels : une diffusion musicale trop intense ou mal adaptée pouvait perturber les baleines, notamment en brouillant leurs chants naturels. Pour éviter tout impact négatif, le protocole a été ajusté en conséquence, avec des sessions de diffusion limitées et une surveillance constante des réactions des animaux.

Le film inclut également une séquence où la maîtrise de Radio France interprète des extraits du chant des baleines, un moment qui a particulièrement marqué les jeunes journalistes de franceinfo junior. Ces derniers, élèves en cinquième au lycée Sainte Louise à Paris, ont été invités à interroger Valentin Paoli sur cette expérience unique. Leurs questions ont porté sur la réaction de Rone face à la communication avec les baleines, ainsi que sur les adaptations réalisées pour préserver les animaux. « Quand les scientifiques nous ont prévenu que c’était dangereux, que ça pouvait embêter les baleines pour empêcher de brouiller leur chant, comment avez-vous adapté le projet ? », a notamment demandé Judith, l’une des adolescentes.

Valentin Paoli a souligné l’émotion ressentie lors de ces interactions. « Moi je pense que c’est un des plus beaux moments de ma vie », confie-t-il. « On s’est retrouvé à chanter avec elles, et on s’est ‘tombé dans les bras’ en se disant qu’on avait vécu un moment émotionnellement très fort. Oui, c’est vraiment quelque chose qui a bouleversé nos vies. » Ces propos illustrent l’impact humain et artistique de cette aventure, bien au-delà du cadre strictement scientifique.

Un projet qui s’inscrit dans une démarche écologique et artistique

Au-delà de l’aspect expérimental, « La baleine et le musicien » s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’être humain dans les écosystèmes marins. Le documentaire rappelle que les océans sont aujourd’hui soumis à de multiples pressions : pollution sonore due aux activités humaines, réchauffement climatique, ou encore collisions avec les navires. En proposant une alternative créative, Rone et son équipe ont voulu démontrer qu’il était possible d’interagir avec la faune marine sans la perturber.

Par ailleurs, la sortie du film coïncide avec la publication du nouvel album de Rone, intitulé « Megaptera » — du nom scientifique de la baleine à bosse (*Megaptera novaeangliae*). L’album, disponible en numérique, CD et vinyle depuis le 12 juin 2026, prolonge cette exploration artistique en offrant une bande-son immersive inspirée par cette expérience unique. Les morceaux, conçus pour être diffusés dans l’eau, ont été pensés pour dialoguer avec l’environnement naturel des baleines.

Pour le réalisateur Valentin Paoli, ce projet est aussi une invitation à repenser notre rapport à la nature. « Visiblement, il y a un jour où ça les a intéressées. Elles sont venues chanter avec nous », confie-t-il. Ce constat, bien que non scientifique au sens strict, ouvre des perspectives sur les capacités des cétacés à percevoir et réagir à des stimuli extérieurs, y compris artistiques.

Et maintenant ?

Si le documentaire « La baleine et le musicien » a d’ores et déjà marqué les esprits par son originalité, la suite du projet dépendra des retours des scientifiques et du public. Une projection spéciale est prévue le 28 juin 2026 au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, en présence de Rone et de Valentin Paoli. Cette rencontre pourrait permettre d’échanger sur les résultats concrets de cette expérience et d’envisager de nouvelles collaborations entre artistes et chercheurs.

Par ailleurs, l’album « Megaptera » devrait donner lieu à des performances musicales en milieu marin, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres artistes ou scientifiques à explorer des dialogues similaires avec la faune sauvage.

Pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, le film est toujours à l’affiche dans plusieurs salles en France. Quant à l’album, il est disponible en ligne et en magasins spécialisés. Une chose est sûre : cette rencontre entre une baleine et un musicien laisse une empreinte bien plus durable qu’un simple souvenir de cinéma.

L’album « Megaptera », sorti le 12 juin 2026, est directement inspiré par le projet du documentaire « La baleine et le musicien ». Les morceaux, conçus pour être diffusés dans l’eau, ont été créés dans le but d’entrer en contact avec les baleines à bosse, comme le montre le film. L’album prolonge ainsi l’aventure artistique et scientifique en proposant une bande-son immersive, pensée pour dialoguer avec l’environnement naturel des cétacés.