Un exercice aussi insolite que subjectif vient de voir le jour à travers une série d’articles publiés par Courrier International. Anthony Peregrine, journaliste britannique spécialiste des voyages et chroniqueur pour le Daily Telegraph, a passé près de quarante ans à explorer la France. Dans le cadre d’une série dédiée aux départements français, il a entrepris de leur attribuer une note sur dix, passant au crible les 96 départements de France métropolitaine. Un travail qui mêle humour « so british » et observations parfois surprenantes.
Ce qu'il faut retenir
- Les Alpes-Maritimes décrochent la meilleure note avec un 8/10, saluées pour leur élégance et leur standing.
- Le Finistère obtient un 9/10, décrit comme le « bout du monde réel » et « pays des légendes ».
- La Meurthe-et-Moselle est créditée de 6/10, notamment pour abriter « une des rares villes du monde à porter un nom féminin ».
- La Seine-Saint-Denis se voit attribuer un 4/10, en raison notamment de son patrimoine historique, avec quelque 70 souverains enterrés sur son territoire.
- Cette évaluation, publiée par le Daily Telegraph, repose sur une approche subjective mêlant anecdotes et humour britannique.
Une méthode aussi originale que subjective
Anthony Peregrine n’est pas un inconnu dans le paysage du journalisme voyage. Depuis près de quarante ans, il sillonne la France et ses régions, offrant à ses lecteurs des portraits souvent teintés d’humour et de recul. Dans sa dernière série, il a choisi de noter chacun des départements métropolitains, une démarche qui oscille entre classement touristique et chronique sociale. Les notes attribuées – de 4 à 9 sur 10 – reflètent moins des critères objectifs que des impressions personnelles, des anecdotes locales ou des particularismes historiques.
Côté Alpes-Maritimes, le journaliste britannique souligne leur réputation de département « le plus chic » de France. Un titre qui ne surprend guère, tant la Côte d’Azur incarne depuis des décennies l’élégance à la française. À l’inverse, la Seine-Saint-Denis, souvent associée à des défis urbains et sociaux, se retrouve en bas du classement, avec une note de 4/10. Le chiffre de 70 souverains enterrés dans ses cimetières – une réalité historique méconnue – ajoute une touche d’originalité à son évaluation.
Des critères variés, entre anecdotes et clichés
Parmi les départements cités, le Finistère sort du lot avec un 9/10. Le journaliste le présente comme le « bout du monde réel », un territoire où les légendes celtes et les paysages sauvages se mêlent. Une description qui en fait l’un des départements les plus attractifs selon lui. Quant à la Meurthe-et-Moselle, elle doit sa note de 6/10 à une curiosité linguistique : Nancy, la préfecture du département, serait « une des rares villes du monde à porter un nom féminin ». Une observation qui, bien que discutable, illustre la recherche d’originalité de l’auteur.
Ces évaluations, bien que subjectives, offrent une lecture inattendue de la France métropolitaine. Elles soulignent des particularismes locaux, des clichés tenaces ou des traits de caractère régionaux. Reste que cette méthode, si elle captive par son côté insolite, ne prétend pas à l’exhaustivité. Les notes attribuées par Anthony Peregrine ne sauraient remplacer une analyse plus approfondie, basée sur des indicateurs socio-économiques ou environnementaux.
Un exercice qui interroge : classement ou simple divertissement ?
Si l’exercice séduit par son côté ludique, il soulève une question : à quoi servent ces notes ? S’agit-il d’un classement touristique, d’une chronique sociale ou simplement d’un divertissement pour lecteurs britanniques ? La réponse tient probablement dans l’équilibre entre ces trois dimensions. Anthony Peregrine ne cache d’ailleurs pas le caractère subjectif de son travail, qu’il assume avec humour et autodérision. « So british », comme le souligne Courrier International dans sa reprise de l’article.
Une chose est sûre : cette série a le mérite de mettre en lumière la diversité des territoires français, des côtes méditerranéennes aux confins de la Bretagne. Elle rappelle aussi que la France ne se résume pas à Paris ou à la Côte d’Azur, mais s’étend sur 96 départements aux identités fortes. Reste à savoir si d’autres médias ou journalistes s’empareront de cette idée pour proposer leurs propres classements.
En attendant, cette initiative rappelle que la France, avec ses 96 départements, offre une mosaïque de territoires aux visages multiples. Des Alpes-Maritimes au Finistère, en passant par la Seine-Saint-Denis, chacun a sa propre histoire à raconter. Il n’appartient qu’aux voyageurs – ou aux journalistes – de les découvrir et de les mettre en lumière.