Depuis 1974, Philippe Galzin, agriculteur installé dans les Cévennes, n’a manqué aucune finale de Coupe du monde. À 72 ans, ce passionné de football s’est rendu sur place pour chacune des 13 éditions disputées depuis celle organisée en Allemagne de l’Ouest, où il avait assisté à sa première grande affiche à seulement 20 ans. Pourtant, pour l’édition 2026 qui se déroulera le 19 juillet prochain au MetLife Stadium de New York, il n’a toujours pas obtenu de billet. RMC Sport rapporte son appel lancé ce samedi 13 juin, alors que les places disponibles restent inaccessibles pour une large partie des supporters.
Selon RMC Sport, Philippe Galzin a acheté son premier billet de finale en 1974, à Munich, où l’Allemagne de l’Ouest s’était imposée face aux Pays-Bas (2-1) grâce à Gerd Müller. À l’époque, le prix était dérisoire : « Je l’avais acheté le matin même au guichet du stade pour 50 francs », a-t-il confié à la radio. Une époque où les billets papiers permettaient encore d’accéder aux rencontres sans réservation préalable, un luxe aujourd’hui révolu face à la flambée des tarifs.
Ce qu'il faut retenir
- Philippe Galzin, 72 ans, n’a manqué aucune finale de Coupe du monde depuis 1974, soit 13 éditions consécutives.
- Pour la finale de 2026 au MetLife Stadium (New York), il n’a toujours pas obtenu de billet, malgré la promesse de la Fédération française de football.
- Le prix moyen d’un billet pour un match des Bleus en 2026 atteint 1 084 € selon l’étude SeatPick publiée en mai.
- Parmi ses finales préférées, il cite celle de 1978 à Buenos Aires, remportée par l’Argentine en prolongations, et celle de 1994 à Pasadena, qu’il juge la plus terne.
- Son joueur préféré en finale ? Diego Maradona, « insaisissable et capable de changer le cours d’un match à lui seul ».
Cinquante ans d’assiduité : un parcours exceptionnel
Philippe Galzin incarne une génération de supporters pour qui la Coupe du monde n’est pas seulement un événement sportif, mais une expérience humaine et géographique. « J’ai eu de la chance, ce sont parfois des opportunités », a-t-il expliqué lors de son passage sur RMC. Sa passion, il la doit aussi à une famille compréhensive : « Je ne dépense pas grand-chose, mais ma femme et mes enfants ont sacrifié une partie du budget vacances pour que je puisse réaliser mon rêve », a-t-il précisé. Un engagement qui témoigne d’une fidélité rare, surtout à l’ère de l’inflation des prix des billets.
Les tarifs actuels, bien que légèrement en baisse par rapport aux pics des dernières années, restent élevés. Pour la finale de 2026, les organisateurs ont fixé des prix moyens autour de 1 084 € par billet, selon les données compilées par SeatPick en mai. Un montant qui exclut une grande partie des amateurs, malgré les efforts de la FIFA pour rendre l’événement plus accessible.
Une finale en suspens, entre promesse et incertitude
Alors que les Bleus de Didier Deschamps tentent de se qualifier pour une troisième finale consécutive, Philippe Galzin attend toujours une réponse concrète. « La Fédération m’a promis une place », a-t-il annoncé, tout en restant prudent. S’il n’obtient pas de billet, il partira tout de même pour les États-Unis : il possède déjà des places pour les demi-finales. « Si les Bleus sont éliminés avant, j’irai quand même aux États-Unis, mais j’aimerais avoir une place pour la finale », a-t-il confié. Une précaution logique, tant la compétition s’annonce incertaine.
Le Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, marque une première avec un format élargi à 48 équipes. Le match d’ouverture, disputé jeudi au stade Estadio Azteca de Mexico entre le Mexique et l’Afrique du Sud, a marqué le coup d’envoi de cette édition historique. Un choix symbolique pour un passionné comme Galzin, qui a toujours été fasciné par l’ambiance unique des grands stades latino-américains.
Les finales qui ont marqué une vie
Interrogé sur ses souvenirs les plus marquants, Philippe Galzin ne hésite pas. La finale de 1978 à Buenos Aires, remportée par l’Argentine face aux Pays-Bas après prolongations (3-1), reste gravée dans sa mémoire : « Une ambiance phénoménale, que je ne reverrai plus jamais en Coupe du monde », a-t-il souligné. À l’inverse, celle de 1994 à Pasadena, où le Brésil s’est imposé aux tirs au but après un 0-0 stérile, figure parmi ses moins bonnes expériences. « C’était le match le plus nul que j’aie jamais vu », a-t-il admis sans détour.
Parmi les joueurs qui ont marqué ces finales, un nom revient systématiquement : Diego Maradona. « Il était insaisissable, virevoltant, capable de changer le match à lui seul quand il le voulait », a-t-il expliqué. Une admiration qui dépasse les générations, puisque Maradona n’a disputé qu’une seule finale en 1990 – perdue face à l’Allemagne. Pour Galzin, il incarne l’essence même du football : l’imprévisibilité et la magie.
La finale du 19 juillet 2026 s’annonce donc sous haute tension, tant pour les Bleus que pour les milliers de supporters espérant vivre un moment historique. Pour Philippe Galzin, ce serait l’aboutissement d’un demi-siècle de dévouement. Reste à savoir si la chance, qui l’a accompagné depuis 1974, lui sourira une dernière fois.
D’après l’étude SeatPick publiée en mai 2026, le prix moyen pour assister à un match des Bleus lors du Mondial s’élève à 1 084 € par billet.
La finale se déroulera au MetLife Stadium, situé près de New York, aux États-Unis, le 19 juillet 2026.