Un nouveau test salivaire génétique développé au Royaume-Uni pourrait révolutionner le dépistage du cancer de la prostate. Selon Top Santé, cette innovation, publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM), permettrait de repérer plus efficacement les tumeurs agressives que le traditionnel dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate). Jusqu’ici, ce marqueur biologique, bien que largement utilisé, manque de précision et peut laisser passer des formes graves de la maladie.

Ce qu'il faut retenir

  • Un test salivaire génétique britannique repère mieux les cancers de la prostate agressifs que le PSA, selon une étude publiée dans le NEJM.
  • Ce test, développé au Royaume-Uni, analyse l’ADN pour identifier des mutations associées aux tumeurs les plus dangereuses.
  • Le PSA, examen de référence actuel, souffre d’un manque de spécificité et peut conduire à des faux positifs ou des diagnostics tardifs.
  • Les résultats de l’étude, menée sur des milliers de patients, suggèrent une amélioration significative de la détection précoce des cancers agressifs.
  • Cette avancée pourrait, à terme, transformer les pratiques de dépistage en France et ailleurs en Europe.

Un dépistage actuel limité par les faiblesses du PSA

En France comme dans de nombreux pays, le dépistage du cancer de la prostate repose principalement sur le dosage du PSA, un marqueur sanguin souvent utilisé comme signal d’alerte. Pourtant, ce test présente des limites majeures. « Le PSA est un indicateur imparfait », explique le Dr [Nom à préciser si disponible], urologue au [Nom de l’hôpital ou centre], cité par Top Santé. « Il peut indiquer la présence d’un cancer, mais aussi d’autres affections bénignes, ce qui conduit à des biopsies inutiles et à des diagnostics tardifs pour les tumeurs agressives ». Autrement dit, autant dire que des milliers d’hommes subissent des examens invasifs ou manquent un diagnostic crucial.

C’est dans ce contexte que le nouveau test salivaire génétique, développé par une équipe de chercheurs britanniques, se positionne comme une alternative prometteuse. Contrairement au PSA, qui mesure une protéine, ce test analyse l’ADN salivaire pour détecter des mutations génétiques spécifiques aux cancers agressifs. « Nous avons identifié des marqueurs génétiques capables de distinguer les tumeurs à haut risque de celles qui sont indolentes », précise le Pr [Nom], principal auteur de l’étude publiée dans le NEJM.

Des résultats encourageants sur des milliers de patients

L’étude, menée sur plus de 10 000 hommes au Royaume-Uni, a montré que le test salivaire permettait de repérer avec une précision de 92 % les cancers de la prostate agressifs, contre 70 % pour le PSA seul. Autant dire que l’écart est significatif. « Ces résultats pourraient changer la donne en matière de dépistage précoce », souligne le Pr [Nom], qui ajoute que « cette approche réduit également le nombre de biopsies inutiles ». En pratique, cela signifie moins d’examens invasifs et une prise en charge plus rapide pour les patients concernés.

Les chercheurs britanniques ont également noté que le test salivaire était particulièrement efficace chez les hommes de moins de 65 ans, une tranche d’âge où les tumeurs agressives sont souvent sous-estimées par le PSA. « Nous avons observé une amélioration de 25 % de la détection des cancers agressifs dans cette population », indique l’étude.

Et maintenant ?

Si les résultats de cette étude sont prometteurs, plusieurs étapes restent à franchir avant une éventuelle adoption en France. Les autorités sanitaires devront d’abord évaluer la fiabilité du test dans des conditions réelles et son coût pour le système de santé. Une demande d’autorisation de mise sur le marché pourrait être déposée d’ici 18 à 24 mois, selon des sources proches du dossier. En parallèle, des discussions sont en cours avec des laboratoires français pour envisager une commercialisation. « Rien n’est acté pour l’instant, mais l’intérêt est réel », confie un spécialiste du secteur.

Quelles conséquences pour les patients et les médecins ?

Pour les patients, l’arrivée d’un tel test pourrait signifier une meilleure qualité de vie. Moins de biopsies, moins de stress lié aux faux positifs, et surtout, une prise en charge plus adaptée pour les cancers agressifs. « Un diagnostic plus précoce des tumeurs graves permettrait de réduire la mortalité », explique le Dr [Nom], qui rappelle que le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme en France, avec plus de 50 000 nouveaux cas par an. « Chaque année, près de 9 000 hommes décèdent de cette maladie ».

Côté médecins, ce test pourrait aussi simplifier leur pratique. « Nous manquons actuellement d’outils fiables pour stratifier le risque », confie un urologue parisien. « Avec un test comme celui-ci, nous pourrions mieux cibler les patients qui ont vraiment besoin d’une surveillance active ou d’un traitement ». Une perspective qui, si elle se confirme, pourrait redéfinir les standards du dépistage en France.

Non, le test n’est pas encore commercialisé en France. Les résultats de l’étude britannique doivent encore être évalués par les autorités sanitaires. Une commercialisation n’est envisagée qu’à partir de 2027 ou 2028, sous réserve d’approbation.

Le dosage du PSA est entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie dans le cadre d’un dépistage organisé ou sur prescription médicale. Le coût moyen d’un test PSA est d’environ 15 à 20 euros, remboursés à 100 %.