Les voyageurs prévoyant un vol avec United Airlines dans les prochaines semaines devront s’attendre à une facture plus salée. La compagnie américaine envisage d’augmenter ses tarifs de 15 % à 20 %, comme l’a révélé Capital, en raison de la hausse des coûts du carburant. Cette décision intervient dans un contexte de volatilité accrue des prix du baril de pétrole, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Selon Scott Kirby, directeur exécutif de United Airlines, « le prix du kérosène va rester élevé plus longtemps que prévu ». Une situation qui pousse la compagnie à anticiper une inflation durable de ses coûts d’exploitation.
Ce qu'il faut retenir
- United Airlines prévoit une hausse de 15 % à 20 % de ses tarifs aériens en raison de la flambée du prix du kérosène.
- Le carburant représente 25 % à 30 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, et son approvisionnement provient pour moitié des pays du Golfe.
- La demande reste élevée, mais United Airlines pourrait réduire son plan de vol de 5 % d’ici la fin de l’année pour limiter l’impact des surcoûts.
- Plusieurs compagnies, dont Ryanair, Air France et Transavia, ont déjà annoncé des hausses de tarifs ou des réductions de vols en 2026.
- L’Association internationale du transport aérien (IATA) appelle à un « plan bien coordonné » en cas de rationnement du kérosène.
Côté carburant, le kérosène est directement impacté par la conjoncture géopolitique. Plus de la moitié des importations de kérosène des États-Unis proviennent des pays du Golfe, rappelle Capital. Avec la guerre au Moyen-Orient qui perturbe les approvisionnements et maintient les cours du pétrole à un niveau élevé, les compagnies aériennes subissent une pression croissante sur leurs marges. Pour United Airlines, dont les résultats ont été revus à la baisse le 21 avril 2026, cette hausse des tarifs s’impose comme une nécessité pour préserver sa rentabilité.
Des hausses déjà observées sur le marché aérien
United Airlines n’est pas la seule à répercuter ces coûts sur les passagers. Plusieurs compagnies ont déjà annoncé des augmentations similaires. Air France, par exemple, a confirmé une nouvelle hausse de 50 euros sur ses billets en avril 2026, après une première augmentation de même ampleur en mars. Transavia, quant à elle, a décidé d’appliquer des hausses moyennes de 10 euros sur ses vols courts et moyen-courriers.
Cette tendance n’épargne pas non plus les compagnies low-cost. Ryanair a prévenu qu’en cas de tension prolongée sur l’approvisionnement en kérosène, elle pourrait réduire jusqu’à 10 % de ses vols entre mai et juillet 2026. Certaines compagnies, comme Vietnam Airlines, ont déjà suspendu des vols intérieurs, tandis que d’autres, telles qu’AirAsia, Air China ou China Southern, ont augmenté leurs tarifs de jusqu’à 40 % sur certains trajets.
Une situation qui s’étend à l’échelle mondiale
Les difficultés ne concernent pas uniquement les États-Unis. L’IATA a alerté sur la nécessité d’un « plan bien coordonné » pour faire face à une éventuelle pénurie de kérosène. Si le pays nord-américain était jusqu’alors relativement protégé, la situation se tend désormais en Europe et en Asie. Pour les voyageurs, la période estivale s’annonce donc plus coûteuse, alors que les annulations de vols se multiplient déjà. Ryanair menace même de supprimer jusqu’à 10 % de ses rotations si la situation ne s’améliore pas.
Cette hausse des tarifs s’inscrit dans un contexte plus large de pression sur les coûts du transport aérien. En France, par exemple, le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre, avait déjà mis en garde contre une « généralisation des hausses des prix des billets », qualifiant cette augmentation d’« inévitable ». Une analyse partagée par plusieurs acteurs du secteur, qui anticipent une inflation durable des prix du voyage en avion.
« Le prix du kérosène va rester élevé plus longtemps que prévu. »
— Scott Kirby, directeur exécutif de United Airlines
Pour les passagers, la prudence s’impose. Les réservations effectuées à l’avance pourraient permettre de limiter l’impact de ces hausses, mais les annulations de vols restent une menace tangible. Les compagnies, contraintes de réduire leurs coûts, pourraient continuer à ajuster leurs programmes en fonction de l’évolution de la situation géopolitique et économique.
Le kérosène représente entre 25 % et 30 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne. Quand son prix augmente, les opérateurs répercutent cette hausse sur les tarifs pour préserver leurs marges. Avec la guerre au Moyen-Orient, les approvisionnements sont perturbés et les prix restent élevés, ce qui pousse les compagnies à augmenter leurs billets.
Plusieurs compagnies ont déjà pris des mesures : United Airlines (15 % à 20 %), Air France (+50 €), Transavia (+10 € en moyenne), Ryanair (risque de suppression de 10 % des vols), AirAsia, Air China et China Southern (jusqu’à 40 % sur certains trajets).