Glace à deux boules, portion de moules-frites ou location de vélo pour une journée : autant de dépenses qui, mises bout à bout, pèsent lourd dans le budget des vacances. Ouest France a réalisé un état des lieux non exhaustif de ces petits postes de dépense, souvent indispensables pendant les congés. Une opération qui révèle l’inflation des prix et l’impact du coût élevé du carburant sur le pouvoir d’achat des ménages.

Ce qu'il faut retenir

  • Une glace à deux boules coûte désormais entre 4 € et 5,50 €, selon les régions, contre 3 € à 4 € il y a deux ans.
  • Une portion de moules-frites dans un restaurant côtier affiche des prix allant de 18 € à 25 €, selon la localisation et la taille de la portion.
  • La location d’un vélo de ville pour une journée varie de 12 € à 20 €, selon les stations balnéaires ou les villes touristiques.
  • Ces hausses s’inscrivent dans un contexte d’inflation persistante et d’un carburant qui reste cher, limitant le budget consacré aux loisirs.

Des plaisirs simples, mais des prix qui montent

L’enquête menée par Ouest France met en lumière la hausse des tarifs pour des dépenses que beaucoup considèrent comme incontournables pendant les vacances. Une glace à deux boules, par exemple, affiche des prix qui oscillent désormais entre 4 € et 5,50 €, selon les régions. « C’est une somme modique, mais quand on multiplie par deux ou trois enfants, ça finit par peser », a souligné un vacancier interrogé par le quotidien.

Côté restauration, une portion de moules-frites dans un restaurant côtier coûte entre 18 € et 25 €, selon la taille et l’emplacement. « Autrefois, on pouvait s’en sortir pour 12 €, mais aujourd’hui, c’est difficile de trouver moins de 20 € », a précisé un gérant de brasserie à Dinard. Ces prix reflètent une inflation générale, mais aussi des coûts logistiques accrus pour les professionnels du secteur.

Les transports locaux aussi en hausse

La location de vélo n’échappe pas à la règle. Dans les stations balnéaires ou les villes touristiques comme La Rochelle ou Arcachon, les tarifs journaliers varient désormais de 12 € à 20 €, contre 8 € à 15 € il y a deux ans. « Les prix ont augmenté, mais la demande reste forte, surtout chez les familles », a indiqué un loueur de vélos à Saint-Malo. Ces hausses s’ajoutent à celles des carburants, qui pèsent lourdement sur le budget des ménages, limitant d’autant plus leur capacité à se faire plaisir.

« Les Français veulent profiter de leurs vacances, mais ils sont obligés de faire des choix », a expliqué une économiste interrogée par Ouest France. « Certains renoncent à des activités, d’autres réduisent la fréquence de leurs sorties ou optent pour des alternatives moins chères. » Cette tendance se confirme dans les enquêtes récentes sur le pouvoir d’achat, qui montrent une baisse des dépenses superflues au profit des besoins essentiels.

Un contexte économique tendu

L’inflation, qui a atteint 4,9 % sur un an en juillet 2026 selon l’INSEE, joue un rôle central dans cette hausse des prix. Les produits alimentaires et les services ont particulièrement été touchés, avec des augmentations allant jusqu’à 10 % pour certains postes. Le carburant, dont le prix moyen au litre dépasse les 2 € depuis plusieurs mois, aggrave encore la situation. « On a vu des vacanciers renoncer à des trajets en voiture pour privilégier les transports en commun ou le covoiturage », a relevé un responsable d’une association de consommateurs.

Les professionnels du tourisme, eux, subissent de plein fouet cette inflation. « Nos marges sont squeezées, et nous n’avons d’autre choix que de répercuter une partie des hausses sur nos tarifs », a admis un hôtelier à Quiberon. « Mais cela risque de dissuader une partie de notre clientèle, surtout les familles avec enfants. » Cette situation pourrait, à terme, peser sur l’activité économique des régions touristiques, déjà fragilisées par les aléas climatiques et les grèves.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une stabilisation des prix, notamment si l’inflation ralentit et que les cours du carburant baissent. Cependant, rien n’est moins sûr : les professionnels du tourisme craignent une nouvelle hausse des coûts logistiques d’ici la fin de l’été, avec l’arrivée des touristes allemands et belges, traditionnellement nombreux en Bretagne et en Normandie. Une chose est sûre : les ménages continueront de scruter chaque dépense, quitte à renoncer à certains plaisirs pour boucler leur budget vacances.

Pour les vacanciers, l’enjeu reste de trouver un équilibre entre profiter de l’été et ne pas alourdir une facture déjà salée. Les associations de consommateurs conseillent de comparer les prix, de privilégier les menus du midi plutôt que du soir, et de se renseigner sur les pass touristiques proposés par certaines villes. Quant aux professionnels, ils pourraient être tentés d’innover en proposant des formules tout compris ou des réductions pour les familles, afin de maintenir leur activité sans aliéner leur clientèle.

Les secteurs les plus concernés sont la restauration, notamment les plats à emporter comme les moules-frites, ainsi que les loisirs locaux (location de vélos, entrées de parcs). Les prix de l’hébergement restent également élevés, mais moins volatils.

Les associations de consommateurs recommandent de comparer les prix en ligne, de privilégier les menus du midi, de se renseigner sur les pass touristiques et de limiter les dépenses superflues comme les glaces ou les boissons en terrasse. Certaines villes proposent aussi des réductions pour les familles ou les réservations anticipées.