La mairie de Lyon a déposé plainte après le vandalisme des gerbes de fleurs déposées le 27 juillet 2026 devant le Veilleur de pierre, place Bellecour, lors de l’hommage rendu aux six résistants fusillés par les Allemands en 1944. Selon Le Figaro, cette dégradation, intervenue en milieu de semaine, a été qualifiée d’« atteinte ignoble à la mémoire » par le maire écologiste Grégory Doucet, qui a dénoncé cet acte sur ses réseaux sociaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le Veilleur de pierre, statue commémorative située place Bellecour à Lyon, a été vandalisé quelques jours après l’hommage aux fusillés de 1944.
- Les gerbes déposées le 27 juillet 2026 ont été vandalisées, poussant la mairie à porter plainte pour retrouver les auteurs.
- Cette statue rend hommage à six résistants fusillés le 27 juillet 1944 en représailles à un attentat contre la Gestapo.
- Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a fermement condamné cet acte et évoqué une mémoire « souillée » par le vandalisme.
Un monument historique ciblé par la haine
Le Veilleur de pierre, œuvre du sculpteur Georges Salendre et de l’architecte Louis Thomas, trône depuis 1948 à l’angle de la rue Gasparin et de la place Bellecour. Son socle porte l’inscription : « Passant va dire au monde qu’ils sont morts pour la liberté ». Cette statue commémore l’exécution, le 27 juillet 1944, de six résistants français emprisonnés à la prison de Montluc. Cet assassinat constituait une mesure de représailles après un attentat perpétré la veille au café du « Moulin à vent », fréquenté par des membres de la Gestapo, dont le siège lyonnais était alors installé place Bellecour. Autant dire que ce monument incarne, pour les Lyonnais, l’un des épisodes les plus sombres de leur histoire, mais aussi la résistance héroïque de ces six hommes.
Pour Grégory Doucet, ce vandalisme survenu trois jours seulement après la cérémonie commémorative représente une « atteinte à l’histoire de Lyon » et une insulte à la mémoire des victimes. « Une atteinte ignoble à la mémoire d’Albert Chambonnet, Gilbert Dru, Léon Pfeffer, René Bernard, Francis Chirat et à l’histoire de Lyon », a-t-il déclaré. Le maire a rappelé que ces résistants, comme des milliers d’autres, ont sacrifié leur vie pour que la France recouvre sa liberté, avant d’ajouter : « Je condamne avec la plus grande fermeté ces faits ».
Un hommage profané, une ville sous le choc
L’hommage rendu le 27 juillet dernier avait réuni des centaines de personnes autour de cette statue, symbole de la lutte contre l’occupant nazi. Les gerbes de fleurs déposées ce jour-là, destinées à honorer la mémoire des fusillés, ont été retrouvées vandalisées en milieu de semaine, selon ce qu’a confirmé la mairie. Le timing de cette dégradation, survenue si peu de temps après la cérémonie, interroge : s’agit-il d’un acte isolé de malveillance, ou d’une volonté délibérée de profaner un lieu chargé d’histoire ? La mairie n’a pas encore communiqué d’éléments permettant d’identifier les responsables, mais elle a d’ores et déjà décidé de porter plainte pour tenter de faire toute la lumière sur ces faits.
Ce vandalisme rappelle d’autres actes similaires qui, ces dernières années, ont visé des lieux de mémoire en France. À Lyon, ville marquée par la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, ces agressions contre des symboles historiques suscitent une vive émotion. La place Bellecour, lieu emblématique de la ville, est ainsi devenue le théâtre d’un nouveau chapitre dans la préservation de la mémoire collective.
La mémoire résistante, un enjeu toujours actuel
Le Veilleur de pierre n’est pas seulement un monument : il incarne la transmission d’une histoire que la ville de Lyon tient à préserver. Installé en 1948, il rappelle que la liberté ne se gagne qu’au prix du sacrifice. Les six noms gravés dans l’histoire locale – Albert Chambonnet, Gilbert Dru, Léon Pfeffer, René Bernard et Francis Chirat – figurent parmi les milliers de résistants qui ont lutté contre l’oppression nazie. Leur sacrifice est enseigné dans les écoles, commémoré chaque année, et doit rester un exemple pour les générations futures.
Pour autant, la profanation d’un lieu de mémoire interroge sur la fragilité de cette transmission. Entre mémoire et oubli, les actes de vandalisme contre des symboles historiques rappellent que le devoir de mémoire exige une vigilance constante. À Lyon, comme ailleurs en France, les institutions locales et les associations de mémoire travaillent à entretenir cette flamme, malgré les tentatives de les éteindre.
Ce nouvel incident soulève également la question de la protection des lieux de mémoire en France. Alors que plusieurs villes ont renforcé les dispositifs de surveillance autour des monuments historiques, d’autres hésitent encore à investir dans des mesures coûteuses. À Lyon, où le Veilleur de pierre est un lieu de passage quotidien pour des milliers de personnes, la question pourrait revenir sur la table lors du prochain conseil municipal, prévu en septembre.
Les six résistants fusillés le 27 juillet 1944 à Lyon étaient Albert Chambonnet, Gilbert Dru, Léon Pfeffer, René Bernard et Francis Chirat. Leur exécution faisait suite à un attentat contre la Gestapo locale, situé place Bellecour. Ces hommes, emprisonnés à la prison de Montluc, sont devenus des symboles de la résistance lyonnaise contre l’occupant nazi.