Selon Frandroid, une étude récente menée par le cabinet britannique AX révèle que les propriétaires de véhicules électriques (VE) se rendent moins souvent en garage que ceux des modèles thermiques. En revanche, lorsqu’une intervention est nécessaire, la facture s’avère bien plus salée. Cette analyse, qui s’appuie sur des données comparatives entre les deux types de motorisation, met en lumière un paradoxe central du marché automobile actuel.

Ce qu'il faut retenir

  • Les voitures électriques nécessitent moins de réparations que les thermiques, selon une étude du cabinet britannique AX.
  • En cas de panne ou d’entretien, le coût moyen est supérieur de 30 à 50 % par rapport à un véhicule thermique.
  • Les batteries et l’électronique embarquée expliquent en grande partie cette différence de tarifs.
  • Les pannes les plus fréquentes sur les VE concernent les systèmes de recharge et les logiciels.
  • Les constructeurs et garagistes soulignent un manque de standardisation des pièces et des compétences spécialisées.

Des interventions moins nombreuses, mais plus onéreuses

L’étude d’AX, menée auprès de milliers de véhicules en Europe, confirme une tendance de fond : les propriétaires de voitures électriques consultent leur garagiste en moyenne 30 % moins souvent que ceux des modèles thermiques. Cette réduction s’explique principalement par la simplicité mécanique des VE, dépourvus de moteur à combustion interne et de nombreux composants associés (embrayage, boîte de vitesses, etc.). Frandroid souligne que cette fiabilité accrue est l’un des arguments majeurs en faveur de l’électrique.

Cependant, l’autre versant de cette équation est moins reluisant. Lorsqu’une panne survient, le coût des réparations explose. Selon les données d’AX, une intervention sur un véhicule électrique coûte en moyenne entre 30 % et 50 % plus cher qu’une réparation équivalente sur un modèle thermique. Cette disparité s’explique par plusieurs facteurs : la rareté des pièces spécifiques, la nécessité de main-d’œuvre hautement qualifiée et l’absence de standardisation entre les constructeurs. Les batteries, composant le plus critique et le plus cher, représentent à elles seules une part majeure de ces coûts.

Les pannes les plus fréquentes sur les VE : recharge et électronique en tête

D’après l’étude, les pannes les plus courantes sur les véhicules électriques ne concernent pas la motorisation, mais plutôt les systèmes annexes. Frandroid indique que les défaillances touchent en priorité les bornes de recharge embarquées, les onduleurs et les calculateurs électroniques. Ces éléments, bien que moins sujets à l’usure que les pièces d’un moteur thermique, nécessitent des interventions complexes et coûteuses en raison de leur technicité.

Un porte-parole du cabinet AX a expliqué à Frandroid : « Les garagistes doivent investir dans des formations spécifiques et des équipements dédiés, ce qui renchérit le prix des réparations. Sans compter que les pièces ne sont pas toujours disponibles immédiatement, ce qui prolonge les délais d’intervention. » Cette situation crée une inégalité entre les propriétaires de VE selon leur localisation géographique et l’offre de services à proximité.

Un marché en mutation, mais des défis persistants

Cette étude intervient alors que le marché des véhicules électriques connaît une croissance soutenue en Europe. Les constructeurs misent sur la fiabilité accrue des VE pour convaincre les consommateurs, mais les résultats de l’analyse d’AX rappellent que des obstacles persistent. Le manque de standardisation des pièces et des procédures d’intervention freine encore l’essor d’un écosystème de réparation mature. Frandroid note que certains acteurs du secteur commencent à s’organiser, comme les réseaux de garages indépendants qui forment leurs techniciens à l’électrique.

Les pouvoirs publics, de leur côté, ont lancé des initiatives pour accélérer la transition. En France, par exemple, le gouvernement a prévu d’investir 1 milliard d’euros d’ici 2027 pour moderniser les ateliers et former les professionnels. Pourtant, comme le rappelle l’étude, ces efforts prendront du temps à porter leurs fruits. En attendant, les propriétaires de VE doivent souvent composer avec des coûts de réparation imprévisibles.

Et maintenant ?

Plusieurs constructeurs et équipementiers ont annoncé des partenariats avec des réseaux de garages pour standardiser les pièces et les procédures d’intervention. Une première échéance pourrait intervenir d’ici fin 2026, avec la publication de nouvelles normes européennes pour les ateliers spécialisés dans l’électrique. Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire l’écart de coût entre les réparations thermiques et électriques.

Pour les consommateurs, cette étude souligne l’importance de bien évaluer les coûts cachés liés à la possession d’un véhicule électrique. Entre économies sur le carburant et dépenses imprévues en cas de panne, le bilan financier reste à affiner selon le modèle choisi et les garanties souscrites.