Le Venezuela, qui possède officiellement les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, voit sa production paralysée par l’état de ses infrastructures. D’après Le Monde, sur les quelque 31 000 puits que compte le pays, seuls 8 491 sont encore en état de fonctionnement. Ce chiffre, révélé par la Chambre pétrolière vénézuélienne, illustre l’ampleur de la crise qui frappe le secteur énergétique local.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Venezuela dispose de 31 000 puits de pétrole, mais seulement 8 491 sont actifs, soit 27,4 %.
  • La Chambre pétrolière vénézuélienne alerte sur cette situation et demande la levée des sanctions américaines.
  • Ces chiffres soulèvent des questions sur la capacité du pays à relancer sa production pétrolière.

Un secteur pétrolier en état de quasi-faillite

Avec des réserves estimées à 303 milliards de barils, le Venezuela dispose du plus grand potentiel pétrolier au monde. Pourtant, la réalité est tout autre : l’état de dégradation des infrastructures et le manque de maintenance ont réduit à une portion congrue la capacité de production du pays. D’après les données communiquées par la Chambre pétrolière vénézuélienne, le taux d’activité des puits est tombé à moins de 30 %, un niveau historiquement bas.

Ce déclin s’explique en partie par des années de sous-investissement et par les sanctions économiques imposées par les États-Unis, qui limitent l’accès du Venezuela aux marchés internationaux et aux technologies nécessaires à la modernisation de son industrie pétrolière.

Les sanctions américaines pointées du doigt

La Chambre pétrolière vénézuélienne, organisation représentant les intérêts des entreprises du secteur, a tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle a demandé la levée des sanctions américaines, estimant qu’elles aggravent la crise en privant le pays des ressources nécessaires pour relancer sa production. « Les sanctions ont un impact direct sur notre capacité à importer des équipements et à former nos équipes », a déclaré un porte-parole de l’organisation, cité par Le Monde.

Cette demande s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Caracas et Washington, qui considère le gouvernement vénézuélien comme illégitime et maintient un embargo sur les exportations de pétrole depuis 2019.

Un déclin structurel aux conséquences multiples

La chute de la production pétrolière a des répercussions bien au-delà du secteur énergétique. Le Venezuela, dont 90 % des exportations dépendaient historiquement du pétrole avant la crise économique, subit de plein fouet les conséquences de cette désindustrialisation. La baisse des revenus en devises a aggravé les pénuries de produits de base et affaibli la monnaie nationale, le bolivar.

Les analystes s’accordent à dire que sans un redressement rapide du secteur, le pays pourrait sombrer davantage dans une crise économique et sociale déjà profonde. Les importations de denrées alimentaires et de médicaments, déjà insuffisantes, risquent de se raréfier encore.

Et maintenant ?

La question d’un assouplissement des sanctions américaines reste en suspens, mais aucune décision n’a été annoncée à ce jour. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes, notamment si le gouvernement vénézuélien parvient à négocier des exemptions partielles avec Washington. En attendant, la Chambre pétrolière continue de plaider pour une intervention urgente afin d’éviter un effondrement total du secteur.

Pour l’heure, aucune date butoir n’a été fixée pour une éventuelle reprise des activités, mais les observateurs s’attendent à ce que la situation reste bloquée à court terme, en l’absence de changement politique ou économique majeur.

Ce déclin structurel s’inscrit dans une crise plus large qui touche le Venezuela depuis plus d’une décennie. Malgré ses ressources naturelles, le pays peine à se relever, piégé entre sanctions internationales et gestion économique controversée.