Un enfant de trois ans a été retrouvé sain et sauf six jours après les deux séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela fin juin, selon BMF - International. Le bilan provisoire s’élève désormais à 1 943 morts, plus de 10 000 blessés et des dizaines de milliers de personnes portées disparues. Les tremblements de terre, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, sont les plus violents enregistrés dans ce pays sud-américain depuis plus d’un siècle.
Ce qu'il faut retenir
- 1 943 morts et plus de 10 000 blessés après les deux séismes au Venezuela
- Un enfant de trois ans secouru six jours après le drame, sauvé par une équipe de secouristes jordaniens
- 58 870 bâtiments endommagés ou détruits, selon les estimations de la NASA
- Plus de 50 000 personnes portées disparues, dont 50 000 selon l’ONU, dans la zone de La Guaira
- Le Programme alimentaire mondial (PAM) lance un appel à 50 millions de dollars pour aider 500 000 personnes pendant trois mois
- 27 pays ont envoyé 40 équipes de secours pour un total de 2 000 secouristes et 160 chiens
Un sauvetage exceptionnel après six jours d’attente
Un enfant de trois ans a été secouru le mardi 30 juin, six jours après les séismes qui ont ravagé le Venezuela, a annoncé la Défense civile de Jordanie dans un communiqué. L’équipe de secouristes jordaniens a localisé l’enfant dans la capitale, Caracas, où les opérations de recherche se poursuivaient malgré l’effondrement des infrastructures. L’enfant a reçu les premiers soins sur place avant d’être immédiatement transporté vers un hôpital pour une prise en charge médicale.
Ce sauvetage intervient alors que la fenêtre critique de 72 heures, pendant laquelle les chances de retrouver des survivants sont les plus élevées, s’est refermée samedi 27 juin. Les experts estiment désormais les probabilités de nouvelles découvertes très faibles.
Un bilan humain et matériel catastrophique
Les deux séismes, survenus dans la nuit du 22 au 23 juin, ont causé la mort de 1 943 personnes, selon le dernier bilan provisoire communiqué mardi 30 juin par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez. Le nombre de blessés s’élève à 10 500, tandis que plus de 6 461 personnes ont été secourues. Cependant, 50 000 personnes seraient encore portées disparues, selon les estimations de l’ONU, alors que des milliers d’autres restent prises au piège sous les décombres.
Dans l’État de La Guaira, la région la plus touchée, environ 30 000 personnes se trouvaient dans la zone portuaire au moment des tremblements de terre. Aujourd’hui, cette zone est en grande partie rasée : 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits, selon les images satellitaires analysées par la NASA. Les services vitaux, comme l’électricité, l’eau potable et les communications, ont été anéantis.
Une crise humanitaire aggravée par l’effondrement des infrastructures
Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a alerté sur l’ampleur de la crise dans l’État de La Guaira. « Les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées », a déclaré l’organisation dans un communiqué. Les tensions au sein de la population s’intensifient, tandis que l’accès à l’aide humanitaire reste limité, voire impossible dans certaines zones.
Des témoignages recueillis par l’Agence France-Presse (AFP) illustrent l’ampleur du chaos. Daniela Armas, une vendeuse de 18 ans blessée lors des séismes, décrit une situation « apocalyptique » : « De l’aide est distribuée ici, mais parfois les gens s’entretuent pour de la nourriture. Tout le monde se bat, comme dans un combat de coqs ».
Appels à l’aide internationale et risques sanitaires
Face à l’urgence, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Début 2026, 7,9 millions de personnes avaient déjà besoin d’une aide humanitaire au Venezuela, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis la catastrophe.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) craint en outre une recrudescence d’épidémies, en raison de la saturation des services de santé et des réseaux d’eau et d’assainissement. « Les perturbations des services de santé, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser des flambées de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, la diphtérie ou la coqueluche », a prévenu Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, lors d’un point presse à Genève. Selon lui, 38 hôpitaux ont été endommagés dans le pays, dont trois se trouvent dans un état critique.
La mobilisation internationale en réponse à la crise
La communauté internationale s’est rapidement mobilisée pour apporter son soutien. Selon Gianluca Rampolla Del Tindaro, coordinateur de l’ONU au Venezuela, 27 pays ont envoyé 40 équipes de secours, totalisant plus de 2 000 secouristes et 160 chiens spécialisés dans la recherche de survivants. Ces équipes interviennent dans un contexte où les infrastructures locales sont incapables de gérer une telle crise.
Les États-Unis ont également augmenté leur aide bilatérale, portant leur contribution totale à 300 millions de dollars, destinés aux ONG et aux agences onusiennes. Cette aide intervient dans un contexte politique complexe, marqué par la capture en janvier de l’ex-président Nicolas Maduro, poursuivi pour narcotrafic présumé. Depuis, Washington a renforcé ses liens avec la cheffe de l’État par intérim, Delcy Rodriguez, et a pris le contrôle de secteurs clés comme les mines et les hydrocarbures.
Des témoignages poignants et une population en détresse
Dans les rues de La Guaira, une morgue improvisée a été installée pour gérer l’afflux de victimes. Wilker Molalla, qui attend pour identifier les corps de sa famille, raconte à l’AFP : « Ma famille est ici. On me dit que la sœur et les enfants de mon frère sont là, ainsi que les enfants de mon frère. Il y avait onze personnes chez moi, seuls deux d’entre nous ont survécu parce que nous étions au travail ».
Face à l’absence de refuges sûrs, certains habitants préfèrent dormir dans des espaces improvisés. Celix Ruiz, qui passe ses nuits sur le parking d’une pharmacie à Ciudad Piar, explique : « Ici, personne ne veut aller dans un refuge. Être dans un refuge, c’est comme être dans la rue ». À l’inverse, d’autres, comme Diorjailis Escalona, une médecin de 23 ans, ont choisi de se mobiliser : « Au bout de deux jours, j’ai commencé à travailler comme volontaire. Sur le plan émotionnel, je suis démolie de voir tant de vies perdues, mais on essaie d’aider », confie-t-elle.
En conclusion, les séismes au Venezuela laissent derrière eux une crise humanitaire sans précédent, aggravée par l’effondrement des infrastructures et les risques sanitaires. Si le sauvetage de l’enfant de trois ans rappelle l’espoir dans l’adversité, la route vers la reconstruction s’annonce longue et semée d’embûches.
Les experts estiment que la probabilité de retrouver des survivants chute drastiquement après 72 heures. La fenêtre critique pour les secours s’est refermée le 27 juin, six jours après les séismes. Les conditions de survie sous les décombres deviennent alors extrêmement difficiles, voire impossibles, en raison du manque d’oxygène, d’eau et de soins médicaux.