Dimanche 31 mai 2026, la capitale sri-lankaise, Colombo, a revêtu ses plus beaux atours pour célébrer Vesak, l’une des fêtes bouddhistes majeures du calendrier. Selon Franceinfo - Culture, cette manifestation, qui coïncide avec la pleine lune de mai, attire chaque année des milliers de fidèles et de touristes venus admirer un spectacle lumineux unique au monde.

Ce qu'il faut retenir

  • Vesak commémore la naissance, l’éveil et la mort de Bouddha, trois événements symboliquement unis par la pleine lune.
  • À Colombo, plus de 10 000 lanternes colorées, dont certaines atteignent plusieurs mètres de haut, ornent les rues lors de cette nuit de célébration.
  • Une compétition récompense chaque année la lanterne la plus originale, comme celle de Sushan Agampodidurage, représentant Bouddha sur une fleur de lotus tournante.
  • La fête s’accompagne de processions, de tambours, de repas gratuits offerts dans les rues, et attire des visiteurs internationaux.
  • Les lanternes, fabriquées artisanalement par des familles locales, génèrent un revenu complémentaire pour de nombreux habitants.

Une nuit où Colombo s’embrase de mille feux

Dès la tombée de la nuit, la capitale sri-lankaise se transforme en un océan de lumières. Selon les témoignages recueillis par Franceinfo - Culture, les rues de Colombo deviennent le théâtre d’une explosion de couleurs et de formes, où des lanternes de toutes tailles — certaines dépassant les trois mètres de haut — sont suspendues entre les bâtiments ou portées en procession.

« C’est un jour où l’on célèbre la vie de Bouddha, sa naissance et son éveil. On ne peut le fêter qu’un soir de pleine lune », explique une habitante de la ville. « Venir voir les décorations de Vesak en famille, c’est un moment rare et magique. Ces lumières, c’est toute une tradition qui revit chaque année », ajoute-t-elle. Le spectacle, qui s’étend bien au-delà de la seule capitale, attire aussi bien les fidèles que les curieux, voire les touristes en quête d’expériences authentiques.

Processions, tambours et partage : l’âme de Vesak

Avant même que le soleil ne se couche, les rues de Colombo s’animent au rythme des tambours et des chants bouddhistes. Des drapeaux à l’effigie du Dharma, symbole de la loi bouddhique, défilent sous les yeux d’une foule compacte. « La parade, les lumières, les temples illuminés, la musique et la nourriture gratuite dans les rues… Tout cela donne de la joie et incarne l’esprit même de ce festival », s’enthousiasme un visiteur étranger.

Cette dimension collective est au cœur de Vesak. Dans plusieurs quartiers, des bénévoles et des associations distribuent des repas gratuits, une tradition ancrée dans la culture bouddhiste. « Peu importe votre religion, si vous venez ici ce soir, vous repartirez avec un repas », précise Mahesh Jayawardene, manager de la chaîne de télévision TV Derana. Ces distributions, organisées notamment par des entreprises locales, s’inscrivent dans l’esprit de générosité propre à cette fête.

Des lanternes géantes et une compétition pour l’innovation

Si Vesak est avant tout une célébration spirituelle, elle est aussi un événement artistique et artisanal. Chaque année, des familles entières se mobilisent pour fabriquer des lanternes, parfois pendant des semaines. « Ça prend énormément de temps », confie Duminda Perera, fabricant de lanternes à Colombo. Avec sa famille, il tient un stand où il propose des créations variées, des plus simples aux plus sophistiquées. « Les lanternes font travailler beaucoup de monde : ceux qui les fabriquent, ceux qui les décorent, et ceux qui les vendent. Cette année, nous avons même eu une commande d’une entreprise pour des lanternes aux couleurs de leur logo », détaille-t-il.

Mais c’est sans doute la compétition annuelle des lanternes géantes qui focalise l’attention. Organisée par la municipalité de Colombo, elle récompense les créations les plus originales et techniques. Sushan Agampodidurage, ingénieur de profession, y a consacré plus d’un mois de travail. « J’ai représenté Bouddha assis sur une fleur de lotus qui tourne sur elle-même. L’objectif est de pousser chacun à innover et à créer des lanternes uniques », explique-t-il. Les lauréats voient leurs œuvres exposées dans toute la ville pendant plusieurs jours.

« C’est un jour où l’on célèbre la vie de Bouddha, sa naissance et son éveil. On ne peut le fêter qu’un soir de pleine lune. »
— Une habitante de Colombo, interrogée par Franceinfo - Culture

Une fête aux retombées économiques et sociales

Au-delà de sa dimension spirituelle et culturelle, Vesak représente aussi une manne économique pour de nombreux Sri-Lankais. Les ventes de lanternes, mais aussi de décorations éphémères, de nourriture et d’artisanat, boostent l’activité locale pendant plusieurs semaines. Pour les artisans comme Duminda Perera, cette période est cruciale : « Les lanternes nous permettent de compléter nos revenus pendant les mois creux. Et puis, c’est une fierté de contribuer à cette fête qui fait la renommée de notre pays », confie-t-il.

Les hôtels et restaurants de Colombo profitent également de l’afflux de visiteurs. Les réservations sont complètes des semaines à l’avance, et certains établissements organisent des menus spéciaux à l’occasion de Vesak. Les agences de voyage, quant à elles, proposent des circuits thématiques pour les touristes souhaitant découvrir la fête « de l’intérieur ».

Et maintenant ?

Alors que les lanternes de Vesak 2026 s’éteignent une à une au petit matin, les organisateurs commencent déjà à préparer l’édition 2027. Selon les premières annonces, la compétition des lanternes géantes devrait voir émerger des créations encore plus ambitieuses, intégrant peut-être des technologies comme les LED ou des matériaux recyclés. Par ailleurs, les autorités locales pourraient renforcer les mesures de sécurité pour encadrer l’afflux de visiteurs, une préoccupation récurrente lors de cet événement. Reste à voir si les retombées économiques de Vesak se maintiendront, dans un contexte où le tourisme au Sri Lanka reste encore en phase de reconstruction après les crises des dernières années.

Pour l’heure, les Colomboites et les visiteurs rangent leurs appareils photo, tandis que les derniers volontaires achèvent de ranger les stands de nourriture. Dans quelques semaines, les lanternes seront rangées dans des entrepôts, jusqu’à leur réapparition l’année prochaine. Mais pour beaucoup, cette nuit de mai restera gravée comme un moment de partage, de lumière et de spiritualité.

Vesak commémore trois événements majeurs de la vie de Bouddha — sa naissance, son éveil et sa mort — qui, selon la tradition bouddhiste, auraient eu lieu un soir de pleine lune. C’est pourquoi la fête est toujours célébrée à cette date précise, qui varie légèrement selon les années dans le calendrier grégorien.

Les lanternes sont évaluées par un jury composé de représentants religieux, d’artistes et d’élus locaux. Les critères incluent l’originalité du design, la qualité de la fabrication, l’intégration des symboles bouddhistes et l’impact visuel. Les lauréats voient leurs œuvres exposées dans la ville pendant plusieurs jours après la fête.