À l’instar d’autres grandes villes françaises, Villeurbanne franchit le pas en rendant le port du casque obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes électriques. Cette décision, prise par le maire socialiste Cédric Van Styvendael, intervient dans un contexte marqué par une explosion des accidents et des traumatismes crâniens liés à ce mode de transport. Selon Le Figaro, la mesure entrera en vigueur avec une amende de 150 euros pour les contrevenants, accompagnée d’une campagne de sensibilisation avant les premiers contrôles.

Ce qu'il faut retenir

  • Le port du casque devient obligatoire à trottinette électrique à Villeurbanne, avec une amende de 150 euros en cas de non-respect.
  • En 2025, 79 décès et 1 200 blessés graves ont été recensés en France, soit une hausse de 76 % pour les morts et 38 % pour les hospitalisations.
  • Entre 2024 et 2025, les accidents à Villeurbanne ont bondi de 141 %, avec deux décès et une augmentation des traumatismes crâniens.
  • L’hôpital local, le Médipôle, enregistre désormais un cas d’accident de trottinette par jour, contre un par mois en 2019.
  • Les hommes de 25 à 35 ans sont les plus touchés, représentant 70 % des victimes.
  • Les traumatismes crâniens représentent 22 % des patients soignés depuis 2019 pour des accidents de trottinettes.

Une décision motivée par l’urgence sanitaire

Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, a justifié cette mesure par l’explosion des accidents graves liés aux trottinettes électriques. « L’usage de ces engins ne cesse de se développer dans les centres urbains. Or, leur vitesse et le comportement de certains utilisateurs en font un mode de déplacement à risque », a-t-il expliqué au Figaro. Le premier magistrat souligne un « double phénomène » : une baisse des accidents sur les trajets motorisés dans l’agglomération lyonnaise, couplée à une hausse significative pour les trottinettes. « C’est une question de santé publique et de prévention », a-t-il ajouté.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 79 personnes sont décédées en trottinette électrique, gyropode, hoverboard ou skateboard électrique en France, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Parmi elles, deux cas ont été recensés à Villeurbanne entre 2025 et 2026. Parallèlement, le nombre de blessés graves a atteint 1 200, soit une progression de 38 % par rapport à l’année précédente.

Des accidents toujours plus violents et des victimes en hausse

Les données recueillies par le Médipôle, le principal hôpital de Villeurbanne, confirment cette tendance alarmante. Sandrine Croze Fayard, directrice de l’établissement, a détaillé les observations des urgentistes : « Nous avions des signaux faibles remontant des cas de jeunes se présentant aux urgences avec une accidentologie en hausse, et nous avons pu l’objectiver ». Les chiffres sont édifiants : alors que l’hôpital ne comptait qu’un cas par mois en 2019, il en enregistre désormais un par jour en 2026.

Sur les 240 consultations aux urgences pour accident de trottinette enregistrées au 25 août 2026 – contre 319 sur l’ensemble de 2025 –, les profils des victimes se précisent. L’âge médian des blessés est de 32 ans, mais la tranche 25-35 ans est la plus représentée. Autre constante : les hommes dominent largement les statistiques, avec 70 % des victimes. Les traumatismes les plus fréquents concernent la face, avec notamment des fractures de la mâchoire, mais les traumatismes crâniens – présents chez 22 % des patients soignés depuis 2019 – inquiètent particulièrement les médecins.

Un enjeu qui dépasse les frontières locales

Si Villeurbanne agit en pionnière dans la région lyonnaise, d’autres communes françaises ont déjà instauré des mesures similaires. La question de la sécurité des trottinettes électriques s’impose comme un enjeu national, à l’heure où ces engins gagnent en puissance et en popularité. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière alerte sur la hausse continue des accidents, malgré les campagnes de prévention déjà existantes.

Les données du Médipôle montrent que les accidents ne concernent pas uniquement les jeunes ou les utilisateurs imprudents. Ils touchent des adultes actifs, souvent dans le cadre de trajets professionnels ou de déplacements quotidiens. « L’arrivée d’appareils de plus en plus puissants ne fait qu’amplifier le risque », a souligné Sandrine Croze Fayard. Face à cette situation, le port du casque apparaît comme une solution simple, mais dont l’efficacité reste à prouver à grande échelle.

Et maintenant ?

La mesure entrera en vigueur prochainement, après une phase de sensibilisation et d’information qui devrait s’étaler sur plusieurs semaines. Le maire de Villeurbanne a indiqué que des contrôles et des amendes seraient progressivement mis en place une fois cette période de prévention terminée. La ville pourrait également renforcer les infrastructures cyclables pour mieux séparer les trottinettes des autres usagers de la route. Reste à voir si cette obligation portera ses fruits, à l’heure où d’autres métropoles pourraient s’inspirer de l’exemple villeurbannais.

Un débat qui s’amplifie

La décision de Villeurbanne s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation des nouveaux modes de déplacement. Si certains y voient une avancée nécessaire pour la sécurité, d’autres pourraient critiquer une mesure perçue comme trop contraignante. Cédric Van Styvendael a assuré avoir été convaincu par les données épidémiologiques : « Nous avons des faits concrets devant nous. La prévention ne suffit plus, il faut des actes ».

D’ici quelques mois, les premiers résultats de cette obligation permettront d’évaluer son impact réel sur le nombre d’accidents et de traumatismes. En attendant, la ville mise sur une campagne de communication pour faire accepter cette nouvelle règle, dans l’espoir de réduire une courbe d’accidentologie qui, jusqu’à présent, ne cesse de s’aggraver.

Les contrevenants s’exposent à une amende de 150 euros. Cette mesure s’accompagnera d’une phase de sensibilisation avant les premiers contrôles officiels.

Les traumatismes de la face, notamment les fractures de la mâchoire, sont les plus courants. Cependant, 22 % des patients soignés depuis 2019 présentaient un traumatisme crânien, un chiffre qui alerte particulièrement les médecins.