Pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, les dispositifs actuels d’accompagnement – comme les aides d’urgence ou les priorités d’accès au logement social – restent des mesures ponctuelles et insuffisantes. Selon Libération, la militante associative Noha Tefrit défend l’idée d’un congé de sortie des violences, conçu comme un droit rémunéré et fractionnable, afin d’offrir une protection continue et adaptée aux besoins des victimes.

Ce qu'il faut retenir

  • Les aides actuelles (logement, aides financières) ne garantissent pas une protection continue pour les victimes de violences.
  • Noha Tefrit, militante associative, propose la création d’un congé rémunéré et fractionnable dédié à la sortie des violences.
  • Ce congé s’inscrit dans une logique de protection durable, au-delà des dispositifs existants souvent limités dans le temps.
  • La proposition vise à répondre à un besoin concret : celui d’un accompagnement global et sécurisé pour les victimes.

Des dispositifs actuels jugés insuffisants

Les mesures d’urgence, comme les aides financières immédiates ou les priorités d’accès au logement social, jouent un rôle clé dans l’accompagnement des victimes. Pourtant, selon Libération, ces outils ne suffisent pas à garantir une protection pérenne. Les victimes se retrouvent souvent dans une situation de précarité prolongée, faute de dispositifs adaptés à leur parcours de reconstruction. C’est dans ce constat que Noha Tefrit, figure engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, a formulé sa proposition.

Le congé de sortie des violences qu’elle défend serait répartissable sur plusieurs mois, permettant aux victimes de se réorganiser en douceur. Ce fractionnement répond à une réalité : les besoins des victimes évoluent dans le temps et nécessitent une flexibilité que les dispositifs actuels ne permettent pas.

Un congé rémunéré pour une autonomie retrouvée

La proposition de Noha Tefrit repose sur deux piliers : la rémunération et la flexibilité. « Un congé de sortie des violences doit être un droit, pas une faveur », a-t-elle déclaré à Libération. « Les victimes ont besoin de temps pour se reconstruire, trouver un logement stable ou engager des démarches administratives sans pression financière. Un congé rémunéré leur offrirait cette marge de manœuvre. »

Autant dire que ce dispositif s’inscrirait en complément des aides existantes, sans se substituer à elles. Il ciblerait spécifiquement les femmes (et potentiellement les hommes, bien que les violences sexistes et sexuelles les concernent majoritairement) en situation de rupture liée à ces violences. L’objectif ? Leur permettre de reprendre pied sans précarité supplémentaire, tout en garantissant un accompagnement social et psychologique.

Un enjeu de société à portée nationale

En France, les violences conjugales et sexuelles restent un fléau de grande ampleur. Selon les dernières statistiques disponibles, près de 213 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles par leur partenaire en 2021 (source : INSEE). Un chiffre qui ne reflète qu’une partie de l’iceberg, les victimes sous-estimant souvent leur situation ou ne portant pas plainte.

Dans ce contexte, la proposition de Noha Tefrit s’inscrit dans une volonté de transformation structurelle. Elle rejoint d’autres revendications portées par les associations féministes, comme la sécurisation des parcours de sortie ou l’amélioration de l’accès aux soins. « Les violences laissent des traces durables, bien au-delà du moment où elles surviennent », rappelle la militante. « Il faut des outils qui tiennent compte de cette temporalité. »

Et maintenant ?

Si cette proposition gagne en visibilité, son aboutissement dépendra des arbitrages politiques et des moyens alloués. Aucune échéance précise n’a été évoquée à ce stade, mais le débat pourrait s’inscrire dans la continuité des discussions sur la réforme des droits sociaux ou la lutte contre les violences sexistes. Les associations devraient continuer à porter ce sujet, tandis que les pouvoirs publics pourraient être amenés à étudier la faisabilité juridique et financière d’un tel congé.

Pour l’heure, cette idée reste un plaidoyer, mais elle pourrait bien devenir un sujet central dans les prochains mois. La question est désormais de savoir si la société est prête à investir dans une protection vraiment intégrale pour les victimes de violences.

Contrairement à un arrêt maladie standard, ce congé serait spécifiquement dédié aux victimes de violences sexistes ou sexuelles. Il serait fractionnable pour s’adapter aux besoins évolutifs des victimes (logement, démarches administratives, suivi psychologique), et surtout réputé comme un droit, sans délai de carence ni restriction liée à l’ancienneté professionnelle. Les modalités de rémunération resteraient à définir, mais l’idée est de garantir une sécurité financière pendant toute la durée nécessaire à la reconstruction.