Les forces de sécurité israéliennes et russes viennent d’être ajoutées à la liste noire des Nations unies concernant les violences sexuelles commises dans le cadre de conflits armés. Cette décision, rendue publique jeudi 29 mai 2026 dans un rapport annuel consulté par l’AFP et révélé par Le Figaro, s’appuie sur des allégations remontant notamment de prisonniers et de territoires occupés.

Selon le document onusien, qui doit être transmis prochainement aux membres du Conseil de sécurité, les Nations unies avaient déjà mis en garde Israël et la Russie en août 2025 contre une possible inscription. Pourtant, les cas de violences sexuelles imputés à ces deux pays se sont poursuivis, malgré les avertissements initiaux. Le rapport souligne également que les inspecteurs de l’ONU se sont heurtés à un « refus d’accès persistant » de la part des autorités des deux États, compliquant toute vérification indépendante.

Ce qu'il faut retenir

  • Les forces israéliennes et russes sont inscrites sur la liste noire de l’ONU pour violences sexuelles en contexte de guerre, selon un rapport annuel vu par l’AFP et révélé par Le Figaro.
  • En août 2025, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, avait déjà prévenu les deux pays des risques d’inscription, sans succès.
  • Israël dénonce une décision « honteuse et absurde » et gèle ses relations avec le bureau de Guterres jusqu’à la fin de son mandat, en décembre 2026.
  • Côté russe, le rapport recense 310 cas de violences sexuelles liées au conflit en Ukraine, majoritairement sur des hommes.
  • Côté israélien, l’ONU confirme plusieurs cas de violences sexuelles contre des détenus palestiniens en 2025, dont des viols avec objet et des mutilations génitales.

Un avertissement ignoré par Israël et la Russie

Dès août 2025, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, avait tiré la sonnette d’alarme. Israël et la Russie figuraient alors parmi les pays menacés d’être inscrits sur la liste noire des Nations unies pour les violences sexuelles en temps de guerre. « Les incidents et caractéristiques de violences sexuelles ont continué à être enregistrés par les Nations unies », indique le rapport publié jeudi, malgré cet avertissement. Les cas documentés concernent principalement la guerre en Ukraine pour la Russie, et les territoires palestiniens occupés ainsi que les centres de détention israéliens pour l’État hébreu.

Le document précise que les équipes de l’ONU se sont heurtées à des « refus d’accès persistants » de la part des autorités des deux pays, limitant leur capacité à enquêter de manière exhaustive. Cette obstruction systématique a empêché toute vérification complète des allégations, sans pour autant empêcher l’organisation d’établir un lien entre les cas signalés et les forces en présence sur le terrain.

Israël face à de nouvelles allégations de violences sexuelles

Pour Israël, le rapport de l’ONU confirme en 2025 plusieurs cas de violences sexuelles remontant à 2023 contre des détenus palestiniens, hommes, femmes et enfants. Parmi les exactions recensées figurent des viols avec objet, des violences physiques ciblant les parties génitales, des nudités forcées, ainsi que des fouilles corporelles « sans raison de sécurité apparente ». Les victimes, au nombre de 31 personnes – dont 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et une fille –, ont été prises pour cibles dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. L’ONU attribue ces actes à des membres de l’armée israélienne, des forces de sécurité et des services pénitentiaires.

Ces révélations surviennent alors qu’Israël conteste fermement son inscription sur cette liste noire. L’État hébreu accuse le secrétaire général de l’ONU de mener une politique discriminatoire, mettant sur un même plan Israël et le Hamas – déjà inscrit sur la liste – en raison de la situation à Gaza. « Nous en avons fini avec ce secrétaire général », a déclaré Danny Danon, ambassadeur d’Israël à l’ONU, dans une vidéo publiée sur X. Il a annoncé le gel des relations entre Israël et le bureau d’Antonio Guterres jusqu’à la fin de son mandat, prévue le 31 décembre 2026.

La Russie accusée de violences sexuelles systématiques en Ukraine

Côté russe, le rapport de l’ONU s’appuie sur les données de la mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine pour établir un bilan de 310 cas de violences sexuelles liées au conflit. Ces exactions, majoritairement perpétrées sur des hommes, incluent des viols, des mutilations génitales et des chocs électriques. Les témoignages recueillis proviennent principalement de prisonniers de guerre libérés, qui ont rapporté avoir été victimes de violences sexuelles lors de leur détention par les forces russes.

Les territoires occupés par la Russie en Ukraine, ainsi que des centres de détention situés sur le sol russe, sont pointés du doigt. L’ONU souligne que ces violences s’inscrivent dans une stratégie plus large de terreur et d’humiliation visant à briser la résistance des populations locales. Contrairement à Israël, la Russie n’a pas réagi publiquement à son inscription sur la liste, mais les autorités ukrainiennes ont salué cette décision comme une reconnaissance internationale des crimes commis par Moscou depuis le début de l’invasion en février 2022.

Et maintenant ?

Cette inscription sur la liste noire de l’ONU pourrait avoir des conséquences diplomatiques pour Israël et la Russie. Pour Israël, déjà sous le feu des critiques internationales pour sa gestion de la guerre à Gaza, cette décision risque d’aggraver son isolement sur la scène mondiale. Côté russe, l’ajout à cette liste pourrait renforcer les sanctions occidentales et isoler davantage Moscou, déjà sous le coup de multiples mesures restrictives.

Côté onusien, l’efficacité de cette mesure reste à prouver. Le rapport souligne que l’accès limité aux zones de conflit et aux centres de détention limite la portée des enquêtes. Reste à voir si cette inscription entraînera des pressions accrues de la part de la communauté internationale pour mettre fin à ces pratiques, ou si elle restera sans effet concret.

Selon Le Figaro, cette décision intervient dans un contexte où les Nations unies tentent de renforcer leur lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre. L’organisation espère que cette publication encouragera une coopération accrue des États concernés, afin de permettre aux enquêteurs d’accéder aux zones sous tension et de documenter les exactions de manière exhaustive.

L’inscription sur cette liste noire ne s’accompagne d’aucune sanction automatique. Cependant, elle peut entraîner une condamnation internationale accrue, des restrictions diplomatiques ou des pressions supplémentaires pour l’État concerné. Elle sert avant tout de signal fort de la part des Nations unies pour dénoncer des pratiques inacceptables en temps de guerre.