Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a clairement indiqué, ce lundi 27 juillet 2026, n’avoir « jamais demandé un quota » à la France concernant les visas délivrés aux Algériens. Cette déclaration intervient alors qu’une polémique s’est intensifiée ces dernières semaines en France autour d’une éventuelle hausse du nombre de visas accordés aux ressortissants algériens, jusqu’à atteindre 250 000 par an.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a formellement démenti toute demande de quota de visas auprès de la France, selon BMF - International.
  • Un débat a éclaté en France après qu’un ambassadeur français en Algérie a évoqué une « hausse » du nombre de visas délivrés aux Algériens, visant 250 000 visas par an, un chiffre correspondant au niveau d’avant la crise diplomatique de 2024.
  • La droite française, avec des figures comme Jordan Bardella et Bruno Retailleau, a critiqué cette annonce, poussant le président français à réagir publiquement.
  • Emmanuel Macron a confirmé, lors du Conseil des ministres du 22 juillet 2026, que la France n’a « aucun objectif chiffré » ni « aucun laxisme » sur ce dossier.

Une polémique déclenchée par une annonce diplomatique

Mi-juillet 2026, l’ambassadeur de France en Algérie a évoqué une « hausse » du nombre de visas délivrés aux Algériens, avec un objectif de 250 000 visas par an. Ce chiffre correspond à celui enregistré avant la crise diplomatique qui a opposé les deux pays depuis 2024, marquée par des tensions autour de la migration, de la coopération sécuritaire et des échanges commerciaux.

Cette annonce a rapidement suscité des réactions vives au sein de la classe politique française. Des personnalités de droite, comme le président du Rassemblement National Jordan Bardella ou le sénateur Bruno Retailleau, ont dénoncé une possible facilitation des visas, y voyant un risque d’afflux migratoire incontrôlé. Ces critiques ont poussé le chef de l’État français à intervenir directement pour clarifier la position de Paris.

Emmanuel Macron intervient pour apaiser les tensions

Lors du Conseil des ministres du 22 juillet 2026, le président français Emmanuel Macron a tenu à préciser que la France n’a « aucun objectif chiffré » en matière de visas pour les Algériens. Il a également souligné qu’il n’y avait « aucun laxisme » dans l’examen des demandes, confirmant ainsi que chaque dossier reste soumis aux mêmes critères que ceux appliqués aux autres pays.

Cette prise de position visait à désamorcer les accusations de complaisance envers Alger, alors que la question migratoire reste un sujet sensible en France. Les tensions diplomatiques entre les deux pays, déjà exacerbées par des désaccords sur la sécurité et l’énergie, risquaient en effet de s’aggraver avec cette polémique.

Tebboune réaffirme sa position : pas de quota demandé

En réponse aux critiques venues de France, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a réagi publiquement le 27 juillet 2026. Dans une déclaration rapportée par plusieurs médias, il a affirmé avec fermeté : « Je n’ai jamais demandé un quota à la France. » Cette affirmation vise à clore définitivement la polémique en rappelant que l’Algérie ne cherche pas à obtenir un traitement de faveur dans ce domaine.

Cette clarification s’inscrit dans un contexte où Alger et Paris tentent de normaliser leurs relations, après deux années marquées par des échanges tendus. Les deux pays, partenaires économiques et stratégiques majeurs en Méditerranée, ont intérêt à éviter une escalade inutile sur un dossier aussi sensible que celui des visas.

Un dossier qui illustre les défis des relations franco-algériennes

Les tensions autour des visas ne sont qu’un des nombreux sujets de friction entre la France et l’Algérie. Depuis 2024, les relations bilatérales sont régulièrement secouées par des désaccords sur la question migratoire, la mémoire coloniale, ou encore la coopération sécuritaire dans le Sahel. Pourtant, les deux pays restent liés par une interdépendance économique et des liens humains forts, avec une importante diaspora algérienne en France.

Dans ce contexte, l’épisode des visas illustre la difficulté à concilier les impératifs sécuritaires français avec les attentes algériennes en matière de mobilité. Pour Paris, il s’agit de contrôler les flux migratoires tout en évitant de donner l’impression d’un durcissement ciblé envers un pays partenaire. Pour Alger, la question des visas est souvent perçue comme un test de la volonté française de renouer le dialogue sur des bases équilibrées.

Et maintenant ?

Si la polémique semble s’être temporairement apaisée avec les démentis de Paris et Alger, la question des visas pourrait resurgir à l’occasion des prochaines négociations diplomatiques entre les deux pays. Aucune date n’a été avancée pour une rencontre officielle, mais les observateurs s’attendent à ce que le sujet soit abordé lors des échanges à venir, notamment dans le cadre des discussions sur la coopération sécuritaire et économique.

D’ici là, la France devra probablement préciser sa doctrine en matière de visas pour les Algériens, tandis qu’Alger pourrait chercher à obtenir des garanties sur la fluidité des procédures. Autant dire que ce dossier, bien que secondaire par rapport aux enjeux géopolitiques, pourrait continuer à peser sur le climat des relations franco-algériennes dans les mois à venir.

Reste à savoir si les deux capitales parviendront à désamorcer définitivement cette polémique, ou si elle ne constituait qu’un avant-goût des défis à venir pour leurs relations.

La polémique s’est cristallisée autour de l’annonce d’une possible hausse des visas pour les Algériens, un sujet hautement sensible en France en raison du contexte migratoire tendu. La droite française y a vu une forme de laxisme, alors que le gouvernement cherche à concilier contrôle des flux et relations diplomatiques avec un pays partenaire majeur comme l’Algérie.