Microsoft annonce une mise à jour majeure pour Windows 11, mettant fin à une limitation technique datant de 1994. Selon Numerama, la build 26300.8170 de Windows 11 (préparant la version 25H2) autorise désormais le formatage des partitions FAT32 jusqu’à 2 To, et non plus 32 Go, mais uniquement via la ligne de commande. Une avancée qui intervient près de deux ans après une première annonce similaire, testée dans le cadre du programme Windows Insider.

Ce qu'il faut retenir

  • La limite de formatage FAT32 passe de 32 Go à 2 To dans Windows 11 build 26300.8170, mais uniquement via la ligne de commande.
  • Cette évolution avait déjà été repérée en 2024 dans le canal Canary de Windows Insider, avant d’être intégrée au canal Dev en 2026.
  • L’interface graphique de formatage, héritée de Windows 95, reste bloquée à 32 Go en raison d’un code vieillissant.
  • Le module responsable de cette limite avait été codé en 1994 par Dave William Plummer, sans jamais avoir été modernisé depuis.
  • Microsoft précise que la reforme ne s’appliquera pas à l’outil de formatage graphique, toujours limité à 32 Go.

Une correction attendue depuis près de 30 ans

Dans un billet publié sur son blog le 10 avril 2026, Microsoft détaille les améliorations apportées par la build 26300.8170 de Windows 11. Parmi elles, l’éditeur précise avoir « augmenté la limite de taille pour le formatage des volumes FAT32 de 32 Go à 2 To, via la ligne de commande ». Une annonce qui, en apparence, ne devrait pas manquer de ravir les utilisateurs confrontés à des besoins de stockage supérieurs à 32 Go. Pourtant, cette évolution n’est pas totalement inédite : Numerama rappelle qu’elle avait déjà été évoquée en août 2024, lors de la sortie d’une build expérimentale (27686) destinée au canal Canary de Windows Insider.

Si Microsoft a choisi d’attendre plus de deux ans pour concrétiser cette correction, c’est en grande partie à cause des spécificités du programme Windows Insider. Dans le développement logiciel, une fonctionnalité testée en avant-première – même fonctionnelle – ne garantit pas son déploiement immédiat sur les machines des utilisateurs. Les mises à jour passent par plusieurs canaux successifs : Canary, Dev, Beta, puis Release Preview, avant d’atteindre la version finale. La build 26300.8170, associée au canal Dev, représente donc une étape supplémentaire vers la généralisation de cette réforme.

Un code vieillissant, symbole d’une époque révolue

Derrière cette limitation se cache un bout de code écrit en 1994 par Dave William Plummer, alors développeur chez Microsoft. Ce module, intégré à l’interface graphique de formatage de Windows 95, avait fixé arbitrairement la limite à 32 Go, persuadé qu’il s’agissait d’une solution temporaire. Pourtant, personne n’a jugé utile de revenir sur ce paramètre par la suite, malgré l’évolution des besoins en stockage. Trente ans plus tard, ce code, initialement conçu comme une solution d’appoint, est toujours en place, devenant au fil du temps une véritable capsule temporelle.

Le problème ne réside pas dans le choix des 32 Go en lui-même, mais dans l’absence de toute révision de ce seuil. Alors que les clés USB, les disques durs externes et les cartes SD dépassent désormais régulièrement cette capacité, l’interface graphique de formatage de Windows reste figée, ne reflétant plus les réalités techniques actuelles. Pour contourner cette limitation, les utilisateurs doivent donc se tourner vers des outils en ligne de commande, comme diskpart, ou des solutions tierces.

Pourquoi cette correction ne s’appliquera-t-elle pas à l’interface graphique ?

Microsoft prend soin de préciser que la nouvelle limite de 2 To pour le formatage FAT32 ne sera accessible que via la ligne de commande. Autrement dit, si un utilisateur clique droit sur une clé USB ou un disque dur pour sélectionner l’option « Formater » dans l’interface visuelle classique de Windows, le plafond maximal restera à 32 Go. Cette décision s’explique par la complexité de modernisation de l’outil graphique, hérité de Windows 95 et jamais repensé depuis. L’interface en question, codée il y a plus de trois décennies, repose sur une architecture logicielle aujourd’hui obsolète, rendant toute refonte coûteuse en temps et en ressources.

« Ce réglage provisoire, conçu à l’origine pour occuper un vide, est devenu un standard par défaut », explique Numerama. L’absence de remise à jour de ce module illustre les défis rencontrés par Microsoft pour concilier innovation et compatibilité avec des systèmes historiques. Pour les utilisateurs souhaitant formater des volumes supérieurs à 32 Go, la seule solution reste donc l’utilisation de l’outil diskpart, intégré à Windows, ou de logiciels tiers comme Rufus ou Fat32format.

Une réforme qui s’inscrit dans une série de mises à jour techniques

Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation de Windows 11, où Microsoft multiplie les ajustements pour répondre aux besoins actuels des utilisateurs. Numerama relève que cette évolution intervient alors que le géant américain tente de corriger d’autres limitations héritées des premières versions de son système d’exploitation. Parmi elles, la gestion des comptes utilisateurs obligatoires, récemment réexaminée par l’éditeur, ou encore la correction de bugs empêchant l’exécution de certains logiciels tiers.

Pourtant, malgré ces avancées, certaines zones d’ombre persistent. L’interface graphique de formatage, symbole d’un autre temps, rappelle que les systèmes informatiques, même les plus modernes, portent parfois l’empreinte de décisions prises il y a plusieurs décennies. Une réalité qui pose la question de l’équilibre entre innovation et rétrocompatibilité.

Et maintenant ?

Cette réforme, bien que limitée à la ligne de commande, marque une étape importante dans la modernisation de Windows 11. Reste à savoir si Microsoft parviendra, à moyen terme, à intégrer cette augmentation de limite dans son interface graphique, ou si les utilisateurs devront se contenter de solutions alternatives pour formater des volumes supérieurs à 32 Go. La prochaine version majeure de Windows 11, prévue pour l’automne 2026, pourrait apporter des réponses à cette question. En attendant, les utilisateurs concernés devront soit s’armer de patience, soit se tourner vers des outils dédiés.

Selon Numerama, cette évolution illustre une fois de plus la complexité des mises à jour logicielles, où chaque correction, même mineure en apparence, peut cacher des années de travail et de validation. Une réalité qui rappelle que, dans le monde de l’informatique, les solutions temporaires ont parfois la peau dure.