Yann LeCun, le lauréat du prix Turing, a déclaré que les modèles d’IA générative actuels présentent une impasse pour atteindre une intelligence artificielle générale. Selon nos confrères de Futura Sciences, il vient de lever près de 890 millions d’euros pour développer son IA basée sur les « world models » avec sa société AMI Labs, basée à Paris.
AMI Labs, dont Yann LeCun est le président non-exécutif, a déjà été valorisée à 3 milliards d’euros avant cette levée de fonds. L’objectif de cette IA n’est pas de « bien parler » comme un chatbot, mais de comprendre la structure causale et physique de la situation pour prendre des décisions. Yann LeCun a souligné que les IA n’ont pas besoin d’être développées autour de milliards de données et de paramètres.
Ce qu'il faut retenir
- Yann LeCun a levé près de 890 millions d’euros pour développer son IA basée sur les « world models ».
- AMI Labs, sa société, a déjà été valorisée à 3 milliards d’euros.
- Les « world models » visent à comprendre la structure causale et physique de la situation pour prendre des décisions.
- Yann LeCun critique les modèles d’IA générative actuels, les considérant comme des « perroquets » qui se contentent de produire une sortie plausible.
Les « world models » : une nouvelle approche
Les « world models » sont une forme d’IA qui apprend directement à partir d’entrées sensorielles, comme des images, des vidéos, des sons et des signaux. Cette approche vise à simuler l’évolution de l’état du monde et à imaginer plusieurs scénarios futurs. Yann LeCun a expliqué que cette forme d’IA doit pouvoir conserver une trace structurée du passé et représenter le monde dans un espace de variables « cachées ».
Les « world models » sont différents des grands modèles de langage (LLM) actuels, qui nécessitent des quantités colossales de données pour fonctionner. Yann LeCun a affirmé que les LLM sont des « conneries » pour atteindre l’intelligence humaine et que l’IA doit changer de paradigme.
Les applications des « world models »
Les « world models » pourraient avoir des applications dans des domaines tels que la robotique, la conduite autonome et les agents virtuels. Yann LeCun a indiqué que cette forme d’IA pourrait être utilisée pour prendre des décisions dans des situations complexes, en tenant compte de la structure causale et physique de la situation.
Les investisseurs, tels que Samsung, Nvidia, Toyota et Bezos, ont déjà abondé dans la première levée de fonds d’AMI Labs. Cette levée de fonds montre que les investisseurs sont intéressés par cette nouvelle approche de l’IA.
Les défis à venir
Malgré les promesses des « world models », il reste encore des défis à relever. Yann LeCun a souligné que cette forme d’IA nécessite encore des recherches et des développements pour atteindre son plein potentiel. Les « world models » doivent être capables de gérer des situations complexes et de prendre des décisions en temps réel.
AMI Labs n’est pas une start-up comme les autres, car elle ressemble encore à un travail de laboratoire universitaire. Yann LeCun a précisé qu’il n’y aura aucun produit disponible avant trois mois et aucun revenu avant six mois.
En conclusion, Yann LeCun et AMI Labs ont lancé un défi aux modèles d’IA générative actuels avec les « world models ». Cette nouvelle approche de l’IA promet de révolutionner le secteur, mais il reste encore des défis à relever. Les prochains mois seront cruciaux pour voir si les « world models » pourront tenir leurs promesses.
