Le gouvernement zimbabwéen a annoncé, ce 11 mai 2026, la restitution de 67 fermes à d’anciens propriétaires étrangers, expropriés il y a plus de vingt ans. Cette décision, révélée par RFI, marque un tournant dans la politique agraire du pays, longtemps marquée par des réformes controversées sous la présidence de Robert Mugabe.
Ce qu'il faut retenir
- 67 fermes concernées par la restitution, initialement saisies dans les années 2000
- Cette mesure s’inscrit dans un contexte de réforme agraire post-coloniale au Zimbabwe
- Les expropriations sous Mugabe avaient provoqué un effondrement économique majeur
- Les nouveaux bénéficiaires de ces terres restent à préciser par les autorités
- La restitution intervient après des décennies de tensions autour de la propriété foncière
Une décision historique après des décennies de tensions
Selon les informations communiquées par RFI, les 67 fermes concernées par cette restitution étaient autrefois détenues par des agriculteurs blancs avant d’être saisies au début des années 2000. Ces expropriations s’inscrivaient dans le cadre d’une réforme agraire visant à redistribuer les terres aux populations noires, historiquement spoliées pendant la colonisation britannique. Cependant, la méthode employée – marquée par la violence et l’arbitraire – avait provoqué un effondrement brutal du secteur agricole, pilier de l’économie zimbabwéenne.
La décision de restituer ces terres à leurs anciens propriétaires s’inscrit dans une volonté de réconciliation nationale, mais aussi de relance économique. Elle intervient après des années de pression internationale et de critiques internes sur la gestion des terres. RFI souligne que cette mesure pourrait, à terme, permettre une modernisation des exploitations et une augmentation de la productivité agricole.
Un héritage économique et politique lourd
Sous la présidence de Robert Mugabe, entre 2000 et 2017, plus de 4 000 fermes commerciales avaient été saisies, selon les estimations des observateurs. Cette politique, présentée comme une correction des injustices coloniales, avait en réalité plongé le Zimbabwe dans une crise économique sans précédent : hyperinflation, pénuries alimentaires et effondrement des infrastructures. Le secteur agricole, autrefois exportateur net, était devenu dépendant des importations.
Les expropriations avaient également provoqué l’exode de nombreux agriculteurs blancs, dont certains avaient tenté de porter l’affaire devant les tribunaux internationaux. La décision actuelle de restitution pourrait donc être perçue comme une reconnaissance partielle des erreurs passées. RFI rappelle que le Zimbabwe peine encore aujourd’hui à retrouver son niveau de production agricole d’avant les réformes.
Quels seront les nouveaux bénéficiaires ?
Si le gouvernement zimbabwéen n’a pas encore précisé qui occupera désormais ces 67 fermes, plusieurs scénarios sont envisagés. Certains observateurs estiment que les anciens propriétaires pourraient récupérer leurs terres, sous réserve de clauses environnementales ou de partenariats avec des investisseurs locaux. D’autres estiment que l’État pourrait redistribuer ces terres à de nouveaux bénéficiaires, selon des critères sociaux ou économiques encore flous.
Une chose est sûre : cette décision ne manquera pas de raviver les débats sur la justice agraire au Zimbabwe. Certains y verront une avancée vers la réparation des injustices passées, tandis que d’autres craindront un retour à des pratiques clientélistes ou à une concentration des terres entre les mains d’une élite. RFI indique que les modalités exactes de la restitution devraient être détaillées dans les semaines à venir par le ministère de l’Agriculture.
Pour l’instant, aucune date précise n’a été avancée pour le début des restitutions. Les autorités ont simplement indiqué que les premiers dossiers seraient examinés « dans les meilleurs délais ».
Selon RFI, cette restitution s’inscrit dans une dynamique plus large de révision des politiques agraires contestées des années 2000. Le gouvernement actuel cherche à restaurer la confiance des investisseurs et à relancer un secteur agricole en crise depuis des décennies.