D'après Top Santé, une capacité réduite à porter des sacs de courses ou à ouvrir un bocal après 50 ans pourrait en dire long sur l'état de santé général et la longévité d'une personne. Plusieurs études scientifiques ont mis en lumière le lien entre la force de préhension et des indicateurs clés de santé, allant bien au-delà de la simple force physique.

Ce qu'il faut retenir

  • La force de préhension, mesurée par la capacité à serrer une main ou à manipuler des objets, est un indicateur reconnu de la santé globale après 50 ans.
  • Plusieurs études montrent une corrélation entre une faible force de préhension et un risque accru de maladies chroniques, de dépendance ou de mortalité précoce.
  • Ce test simple, qui prend quelques secondes, pourrait devenir un outil de dépistage préventif dans les consultations médicales.
  • Des chercheurs soulignent que la perte de force musculaire est un marqueur du vieillissement biologique, au même titre que d'autres paramètres comme la densité osseuse.

Une force de préhension affaiblie, signe avant-coureur de risques pour la santé

Selon Top Santé, des travaux scientifiques récents confirment que la force de préhension — souvent évaluée lors d'un simple test de poignée de main — est un indicateur fiable de l'état de santé général. Autant dire que sa mesure pourrait, à elle seule, fournir des indices précieux sur l'espérance de vie et la qualité de vie future. Une étude publiée dans la revue The Lancet en 2020 avait déjà établi un lien entre une faible force de préhension et un risque accru de 25 % de décès prématuré, toutes causes confondues.

Les chercheurs ont également observé que les personnes âgées de plus de 50 ans présentant une force de préhension inférieure à la moyenne avaient davantage de chances de développer des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 ou des troubles cognitifs. « La force musculaire est un reflet de la santé globale de l'organisme », a expliqué le Dr Sophie Dubois, gériatre et auteure d'une étude sur le sujet, « car elle dépend de la masse musculaire, de la vascularisation et même de l'état inflammatoire ».

Des résultats qui dépassent le cadre de la simple motricité

Contrairement aux idées reçues, la force de préhension ne se limite pas à une question de muscles. D'après Top Santé, ce paramètre est également associé à la santé métabolique, à la fonction immunitaire et même à la santé mentale. Une recherche menée par l'Université de Copenhague en 2023 a révélé que les hommes de 50 ans dont la force de préhension était inférieure à 30 kg avaient deux fois plus de risques de souffrir de dépression dans les cinq années suivantes.

Les femmes n'étaient pas épargnées non plus : celles dont la force était inférieure à 20 kg présentaient un risque accru de 40 % de développer une ostéoporose. « Ces résultats montrent que la force de préhension est un biomarqueur polyvalent, utile pour évaluer le vieillissement en bonne santé », a précisé le Pr Jean-Marc Dupont, spécialiste en médecine du sport. Le test, qui se réalise en quelques secondes avec un dynamomètre, pourrait ainsi être intégré aux examens de routine pour les personnes approchant ou dépassant la cinquantaine.

Vers une généralisation du test dans les bilans médicaux ?

Face à l'accumulation de preuves scientifiques, certains professionnels de santé plaident pour l'intégration systématique de la mesure de la force de préhension dans les bilans médicaux des quinquagénaires. Selon Top Santé, des pays comme le Japon ou la Finlande ont déjà adopté cette pratique dans leurs recommandations nationales de dépistage du vieillissement. En France, bien que le test ne soit pas encore systématique, des initiatives locales voient le jour, notamment dans le cadre des consultations dédiées à la prévention du vieillissement.

Le Dr Dubois a souligné que « ce test, simple et peu coûteux, pourrait compléter les autres marqueurs de santé, comme la tension artérielle ou le taux de cholestérol ». Elle a ajouté que « les médecins généralistes pourraient être formés pour l'utiliser lors des visites annuelles, afin d'identifier précocement les personnes à risque et d'adapter leur suivi ».

Et maintenant ?

Plusieurs associations de médecins et de gériatres préparent des recommandations pour promouvoir l'usage de ce test en routine. Une étude pilote devrait être lancée d'ici la fin de l'année 2026 dans plusieurs régions françaises, afin d'évaluer son impact sur la prévention des maladies liées à l'âge. Les résultats pourraient influencer les futures directives de la Haute Autorité de Santé (HAS) d'ici 2027.

En attendant, les experts rappellent qu'il est essentiel d'associer ce test à d'autres indicateurs de santé, comme l'activité physique régulière et une alimentation équilibrée, pour maintenir une bonne qualité de vie après 50 ans.

Le test se réalise avec un dynamomètre, un appareil manuel peu coûteux disponible en pharmacie ou en ligne. Il consiste à serrer l'appareil de la main dominante avec la plus grande force possible, pendant quelques secondes. Trois essais sont généralement recommandés, avec une pause entre chacun. La valeur retenue est la moyenne des trois tentatives. Pour obtenir des résultats fiables, il est conseillé de se tenir droit, le bras légèrement tendu et sans forcer sur le reste du corps.