Selon Franceinfo - Santé, le taux d’absentéisme dans les entreprises françaises a enregistré une progression significative de 25 % en six ans, un phénomène largement attribué à la fatigue, au stress et aux risques de burn-out. En 2025, près d’un salarié du privé sur trois a été contraint de s’absenter au moins une fois, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise de santé mentale en milieu professionnel.
Ce qu'il faut retenir
- L’absentéisme a augmenté de 25 % en plus de six ans, avec une forte hausse des arrêts liés à la fatigue et au stress.
- En 2025, près d’un salarié du privé sur trois a été arrêté au moins une fois.
- Les pathologies mentales sont désormais la première cause des arrêts longs (plus d’un mois), devant les troubles musculo-squelettiques.
- Le coût des indemnités journalières versées par l’assurance maladie s’élève à 18 milliards d’euros en 2025.
- Certaines entreprises misent sur le télétravail et la flexibilité pour réduire l’absentéisme.
Une entreprise de Boulogne-Billancourt confrontée à l’explosion des arrêts maladie
À Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, une entreprise spécialisée dans le design, employant 60 salariés – architectes et comptables –, a vu le nombre de ses salariés en arrêt maladie doubler en 2025. « C’était plus de la fatigue. En tout cas, les gens nous disaient qu’ils étaient fatigués. Pas forcément [des] burn-out, mais des gens qui étaient plutôt fatigués », a expliqué Stéphanie Grandiau, directrice générale adjointe d’Isospace. Les difficultés de concentration et les difficultés à mener à bien certains projets ont été signalées par plusieurs employés.
L’origine de cette situation remonte à la forte augmentation de l’activité en juin 2025, qui a entraîné une surcharge de travail pour les équipes. Face à cette pression, la direction a réagi en embauchant cinq salariés supplémentaires et en améliorant les conditions de travail au sein de l’entreprise. Parmi les mesures adoptées : l’installation d’équipements favorisant l’activité physique, comme des pédaliers. « Je me sens plus confortable dans mon travail. Surtout qu’on passe énormément de temps devant l’écran. C’est assez avantageux », a témoigné Eloukou Marie-Pierre Beyela, architecte au sein de l’entreprise.
Flexibilité et télétravail : des leviers pour inverser la tendance
Pour faire face à cette hausse de l’absentéisme, certaines entreprises misent sur des solutions organisationnelles. À Isospace, la direction a introduit plus de flexibilité dans les plannings et a renforcé le recours au télétravail. Samy Bousselat, responsable développement, a salué cette évolution : « Un peu plus de souplesse au niveau de ce qu’on peut faire. C’est bien dans la prise de décision avec les fournisseurs, avec les clients notamment, et c’est très intéressant ». Résultat : en seulement quatre mois, le taux d’absentéisme a été divisé par quatre.
Cette approche n’est pas isolée. De nombreuses entreprises, toutes secteurs confondus, adoptent des mesures similaires pour répondre aux nouvelles attentes des salariés. Selon Éric Vaudaine, directeur général délégué de Malakoff Humanis, « la première cause pour les arrêts longs qui dépassent un mois, ce sont les pathologies de la santé mentale, qui sont, depuis 2019 déjà, le premier motif. Mais c’est un motif dont la part augmente avec le temps ».
Les jeunes et les cadres particulièrement touchés par l’absentéisme
Les jeunes actifs et les cadres figurent parmi les catégories professionnelles les plus concernées par cette hausse de l’absentéisme. Une tendance qui reflète une pression accrue dans ces métiers, souvent soumis à des exigences élevées et à des responsabilités importantes. Les arrêts pour raisons psychologiques, autrefois moins fréquents, sont désormais au cœur des préoccupations des employeurs et des services de santé au travail.
Le coût économique de cette situation est également considérable. En 2025, l’assurance maladie a indemnisé les arrêts de travail à hauteur de 18 milliards d’euros, un montant qui pèse sur les comptes sociaux et interroge sur la soutenabilité du système actuel. « La part des arrêts pour santé mentale ne cesse de croître depuis 2019, et cette tendance ne semble pas près de s’inverser », a souligné Éric Vaudaine.
Reste à voir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance. En attendant, la santé mentale des salariés reste un défi majeur pour les entreprises, qui devront concilier performance économique et bien-être au travail.
Selon les données de Malakoff Humanis, les secteurs les plus exposés incluent la santé, l’informatique, le conseil et les services aux entreprises, où les rythmes de travail sont souvent intenses et les pressions élevées.