L’annonce d’un accord négocié entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien marque un tournant dans les relations entre Israël et les États-Unis. Selon Libération, cet accord, fruit des discussions menées par l’administration Trump, révèle une fracture profonde entre Tel-Aviv et Washington, illustrant les nouvelles priorités de la doctrine « America First ».
Ce qu'il faut retenir
- Un accord nucléaire entre les États-Unis et l’Iran a été négocié sous l’administration Trump, suscitant une vive réaction israélienne.
- Benjamin Netanyahou et Donald Trump, autrefois proches, voient leurs relations se dégrader en raison de divergences stratégiques.
- L’accord s’inscrit dans une logique d’« America First », priorisant les intérêts américains au détriment des alliances traditionnelles.
- Israël dénonce un texte perçu comme une menace pour sa sécurité nationale.
Un accord controversé signé sous le sceau de l’« America First »
L’accord conclu entre Washington et Téhéran, révélé le 18 juin 2026, consacre une approche américaine centrée sur les intérêts nationaux. Selon les termes divulgués, Téhéran accepte de réduire son programme d’enrichissement d’uranium en échange d’une levée partielle des sanctions économiques. Cette stratégie, portée par Donald Trump, s’inscrit dans la continuité de sa politique de retrait des engagements internationaux, comme en témoigne le retrait des États-Unis de l’accord de 2015 sous son premier mandat.
Pour Washington, cet accord représente une victoire diplomatique, permettant de désamorcer une crise régionale sans engager de nouvelles ressources militaires. « Cet accord protège les intérêts américains tout en évitant un conflit inutile », a déclaré un haut responsable de l’administration Trump, sous couvert d’anonymat. De son côté, Téhéran salue une avancée majeure, tandis qu’Israël y voit une menace existentielle.
Netanyahou et Trump : de la bromance à la rupture
Les relations entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump, autrefois qualifiées de « bromance » par la presse internationale, traversent une zone de turbulences. Depuis des années, les deux hommes partageaient une vision commune sur plusieurs dossiers, notamment la lutte contre l’influence iranienne au Proche-Orient. Pourtant, l’accord signé avec Téhéran a mis en lumière leurs divergences stratégiques. « Nous ne pouvons accepter un texte qui menace la sécurité d’Israël », a réagi Netanyahou lors d’une conférence de presse à Jérusalem, qualifiant l’accord de « dangereux pour la stabilité régionale ».
Cette rupture illustre un paradoxe : alors que Trump a longtemps soutenu Israël, sa priorité actuelle semble s’éloigner des alliances traditionnelles au profit d’une realpolitik axée sur les gains économiques et géostratégiques. « L’Amérique d’abord ne signifie pas l’Israël d’abord », a souligné un analyste politique israélien, reflétant l’amertume des dirigeants israéliens face à cette évolution.
Israël face à un dilemme sécuritaire
Pour Israël, l’accord de 2026 représente un risque majeur. La levée partielle des sanctions pourrait permettre à Téhéran de renforcer son influence en Syrie, au Liban et en Irak, via des milices alliées. « Chaque concession faite à l’Iran est une menace pour notre survie », a martelé Yoav Gallant, ministre israélien de la Défense, lors d’une réunion d’urgence du cabinet de sécurité. Les services de renseignement israéliens estiment que Téhéran pourrait, d’ici deux ans, disposer d’une capacité nucléaire militaire, malgré les garanties apportées par l’accord.
Face à cette situation, Netanyahou pourrait être tenté de recourir à des mesures unilatérales, comme des frappes préventives contre les sites nucléaires iraniens. Une option évoquée dans les cercles politiques israéliens, bien que risquée sur le plan diplomatique. « Nous ne laisserons pas l’Iran devenir une puissance nucléaire », a prévenu le Premier ministre israélien, sans préciser les contours d’une éventuelle action militaire.
En définitive, cet accord pourrait redessiner les équilibres géopolitiques de la région, entre une Amérique en retrait et un Israël déterminé à défendre ses intérêts. Une chose est sûre : la « bromance » entre Netanyahou et Trump appartient désormais au passé.
L’Iran accepte de réduire son stock d’uranium enrichi à 3,67 % pendant une durée de dix ans, de limiter le nombre de centrifugeuses opérationnelles et de soumettre ses installations à des inspections renforcées de l’AIEA. En échange, Washington lève partiellement les sanctions économiques, notamment sur les exportations de pétrole et les transactions financières.